Élections européennes : « Pourquoi je choisis la liste écologiste »

Avertissement : les tribunes sont des contributions individuelles de sympathisants du mouvement au débat et ne reflètent pas nécessairement les positions de celui-ci.

Élections européennes : « Pourquoi je choisis la liste écologiste »

L’UEF étant un mouvement transpartisan, plusieurs de nos militants ont choisis de s’engager en faveur de telle ou telle liste parmi celles compatibles avec les propositions des fédéralistes. Nous leur avons proposé de publier une série de tribunes pour qu’ils expliquent leurs choix. Voici celle d’un de nos adhérent ayant choisi de voter pour la liste conduite par Yannick Jadot.

Alors que les listes de candidats aux élections européennes n’avaient pas encore été toutes déposées officiellement dans la circonscription de l’Union européenne où je vote (la République française), j’avais pourtant d’ores et déjà fait mon choix. Celui-ci n’a pas été très difficile compte-tenu de l’offre politique du moment. Ce sera celle du Parti vert européen.

Une vision du monde post-nationale et fédéraliste

L’écologie politique se préoccupe en priorité d’enjeux globaux qui ne peuvent être traités que globalement. La vision du monde qui est portée par les formations écologistes est “glocale” et n’est pas contrainte par le cadre mental que veulent imposer les États nationaux. Pour cette raison, notamment, l’écologie politique est tout naturellement compatible avec la vision des fédéralistes, laquelle s’intéresse à la fois à la création d’une démocratie fédérale européenne, à l’autonomie des régions au sein des États, et à la perspective d’une gouvernance globale. Cette liste, même si elle n’est pas la seule à le faire, porte ces préoccupations. Le programme de la liste demande par exemple explicitement une Europe fédérale, une constituante et des ressources propres pour l’UE.

Ce n’est pas par hasard si la co-présidente du Parti Vert européen, Monica Frassoni, est une ancienne secrétaire générale des Jeunes Européens Fédéralistes.

Notons aussi que lors des élections précédentes, européennes ou présidentielles, les candidats écologistes ont souvent signé les appels des fédéralistes européens. Ce fut le cas notamment de Yannick Jadot en 2014. Par ailleurs l’analyse des programmes démontre la proximité des propositions des écologistes de celles des fédéralistes.

Toutefois l’engagement pour le fédéralisme ne peut être que l’un des critères de choix d’une liste. Il est nécessaire mais pas suffisant. Fort heureusement plusieurs listes défendent le fédéralisme européen où présentent des candidats qui y sont favorables.

Une liste qui porte les valeurs du libéralisme culturel

On appelle libéralisme culturel l’attachement aux libertés individuelles et à l’autonomie des individus. L’autonomie est selon moi le principe essentiel du fédéralisme, qui le distingue profondément des autres formes d’organisation politique. Le libéralisme culturel inclus le libéralisme politique et plus globalement est tolérant, et anti-autoritariste.

Les écologistes sont une des rares formations politiques à porter de manière constante ces valeurs. Les libertés fondamentales des individus ne sont jamais sacrifiées à des intérêts présentés comme supérieurs, que ce soit en politique intérieure ou extérieure là où les autres formations politiques se présentant comme progressistes admettent des entorses à ces principes.

Dès lors on constate chez les élus écologistes des votes cohérents allant en ce sens. La plupart des élus écologistes n’ont ainsi pas voté en faveur de la détestable directive Copyright laquelle prévoit des filtres de censure automatique des contenus postés par les internautes au profit des lobbies de l’industrie du divertissement, mettant ainsi en péril nos libertés sur internet.

Les élus écologistes ont aussi été nombreux à condamner la répression menée par le régime nationaliste espagnol contre ses opposants républicains catalans : brutalités délibérées visant les électeurs dans les bureaux de vote, coup d’État institutionnel contre les institutions démocratiques légitimes de la Catalogne, prise d’otage de ministres et de responsables d’ONG désormais prisonniers politiques. Les députés écologistes au Parlement européen ont apporté leur soutien à ces victimes du nationalisme d’État espagnol.

Notons que Régions et peuples solidaires est associé à Europe Écologie sur cette liste et présente des candidats défendant l’autonomie des régions françaises et opposés au jacobinisme, ce qui donne un point supplémentaire en faveur de cette liste.

L’écologie ne sera prise en compte que si les écologistes pèsent dans les urnes

Je n’ai qu’un intérêt modéré pour les enjeux écologique. Le sujet m’ennuie. Je suis toutefois conscient qu’il est nécessaire d’aller bien plus loin que ce que nos gouvernements en place mettent en œuvre avec réticence sur le sujet. Je souhaite des politiques publiques beaucoup plus orientées dans le sens du développement durable qui ne verront jamais le jour sans une menace électorale centrée sur cet enjeu. Ces politiques doivent être définies et menées notamment au niveau de l’Union européenne.

Naturellement j’ai parfois des réserves sur certaines orientations des écologistes, notamment en France. La cause animaliste m’agace profondément tout comme le tiers-mondisme systématique et ses errement occasionnels. Je condamne aussi la sympathie d’une poignée d’élus pour le nauséabond phénomène des gilets jaunes pourtant aux antipodes des valeurs portées par l’écologie politique auxquelles je m’intéresse. Enfin la politique du logement menée par une ministre issue de leurs rangs est parfaitement désastreuse.

Des alternatives insatisfaisantes

Toutefois ces sujets restent marginaux au regard des enjeux mentionnés antérieurement. Les alternatives sont rares, notamment dans les formations susceptibles d’obtenir des élus. Car si le seul vote utile est de voter pour la formation la plus proche, ou la moins éloignée, de ses propres idées, force est de constater que celles-ci ne pourront pas être représentées pour une très grande proportion d’électeurs en raison de la règle parfaitement arbitraire et injustifiable imposant un seuil de 5% pour accéder au Parlement européen. Combiné à la décision abracadabrantesque de revenir à une circonscription unique pour tout le territoire français, la machine à exclure les citoyens ne souhaitant pas soutenir les plus grands partis en en marche.

En évaluant les différentes listes, il me semble utile de prendre en considération non seulement la formation politique européenne à laquelle elle se rattache et le bilan des députés européens sortant, mais aussi les politiques menées au niveau français qui sont révélatrice des valeurs véritables portées par les candidats.

Si la liste du Printemps européen revendique aussi les idées fédéralistes et des thèmes intéressant comme le revenu universel (souvent aussi évoqué par les écologistes), les députés européens sortant ont soutenu la directive Copyright ce qui est pour moi rédhibitoire.

L’européisme de la liste Renaissance est bien sympathique, et les propositions portées par le président Macron au sein du club des chefs d’État et de gouvernement de l’Union sont sans doute à moyen terme les plus susceptibles de faire avancer l’Union européenne, mais on reste loin du fédéralisme européen, que la tête de liste rejette explicitement. Par ailleurs je condamne personnellement la politique conservatrice et autoritaire du gouvernement français et du président de la République et tout particulièrement la décision liberticide et idéologiquement répugnante de rétablir une forme de service obligatoire selon une logique paternaliste, caporaliste et nationaliste. La proximité avec les nationalistes espagnols de Ciudadanos, le refus du principe des spitzenkandidaten, le refus d’annoncer avec qui ils entendent siéger au Parlement européen, sont tout autant de raison d’écarter cette liste.

Le PS au pouvoir n’ayant pas fait mieux, voire pire que LREM sur les sujets auxquels j’attache de l’importance, la liste qu’il soutient n’est pas non plus une option. Notons qu’en outre, même s’ils ont - finalement - confirmé que tous les élus de la liste Envie d’Europe siègeraient au sein du PSE, les socialistes français sont ambigus sur leur soutien au candidat tête de file de leur parti, Frans Timmermans, ce qui est une posture absurde.

Pourtant de nombreux candidats de qualité sont présents sur différentes listes notamment chez Renaissance : Pascal Canfin, Pascal Durand, Bernard Guetta, Dominique Riquet et Sandro Gozi ou, chez Envie d’Europe, Raphaël Glucksmann, Sylvie Guillaume, Éric Andrieu ou encore Pernelle Richardot. On regrette parfois l’absence de possibilité de panachage.

Pour l’ensemble de ces motifs, le choix aux européennes est donc clair et c’est sans hésitation que je choisis la liste Europe Écologie menée en France par Yannick Jadot pour le Parti Vert Européen et ses spitzenkandidaten Ska Keller et Bas Eickhout.

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