La Haye et Bruxelles, réunions fédéralistes européennes et mondiales

, par Jean-Francis Billion

Le mois de novembre a été riche de réunions regroupant les fédéralistes mondiaux et / ou européens, séparément, puis ensemble. Nous en retenons deux s’étant déroulées en Europe à la mi-novembre à La Haye puis à Bruxelles.

En effet le Conseil du Mouvement fédéraliste mondial 2014 (World Federalist Movement – Institute for global Policy Studies – WFM-IGPC) s’est réuni à La Haye les 10 et 11 novembre à la veille d’une réunion publique organisée à Bruxelles par le WFM et l’UEF-Europe, avec la participation de membres du Secrétariat européen de l’UEF et de membres de la JEF-Europe. Cette dernière réunion a donné lieu à un important document de synthèse publié par l’UEF-Europe que nous joignons à cette tribune.

Le Conseil du WFM

Le Conseil, composé de représentants des organisations membres (ou associées) et de membres directement élus par les Congrès internationaux, gère les politiques du mouvement entre les Congrès de plus en plus espacés dans le temps pour des raisons financières et d’éloignement géographique.

Ont participé à la session de La Haye une trentaine de personnes venues des cinq continents ainsi que quelques responsables des bureaux de New York et de La Haye.

Le Conseil a débuté par l’approbation de son ordre du jour et du compte-rendu du Conseil précédent tenu à New York en juillet 2013, la lecture d’un message du Président du WFM, l’ancien Ministre libéral des Affaires étrangères du Canada M. Lloyd Axworthy, les rapports du Président du Conseil, l’ancien parlementaire argentin et latino-américain Fernando Iglesias, et du Directeur exécutif l’américain William Pace, également coordinateur de la Coalition internationale des ONG pour le Tribunal pénal international.

Le long rapport du Secrétariat (17 pages, consultable sur le site du WFM) est divisé en quatre parties regroupant les principales activités du WFM :

  • démocratie internationale, gouvernance globale, fédéralisme aux niveaux continentaux et mondial, réforme des Nations unies (UNPA, réforme du Conseil de sécurité, procédures des élections aux postes de responsabilité de l’ONU et de son prochain Secrétaire général…) ;
  • gouvernance environnementale et économique – gestion des biens communs mondiaux ;
  • paix, sécurité humaine et prévention des conflits ; justice internationale, règne de la loi et Droits de l’homme ;
  • enfin, développement de l’organisation.

Sans détailler son contenu il faut souligner l’importance grandissante dans ce document des thèmes intéressant de plus près les fédéralistes européens ; en particulier, celui des fédéralismes « continentaux » (ou « régionaux », dont le fédéralisme européen et l’intégration européenne) et le projet d’Assemblée parlementaire des Nations unies très largement soutenu par les parlementaires européens et tout particulièrement par Jo Leinen, ancien Président de l’’UEF Europe et actuel Président du Mouvement Européen International.

La lecture du rapport de Fernando Iglesias confirme cette impression avant de revenir sur le Manifeste pour une démocratie globale et tout particulièrement sur sa présentation début 2014 à Sciences Po Paris à l’occasion d’une réunion à laquelle l’UEF France a été largement associée au niveau organisationnel mais également grâce aux adhésions à ce texte de son Président d’honneur M. Michel Albert et d’autres signataires membres de l’UEF comme M. Robert Toulemon ou sympathisants fédéralistes comme M. Olivier Giscard d’Estaing. (Cf. Présentation du Manifeste pour une démocratie globale).

Après un débat général et l’approbation de divers documents statutaires, une table ronde a été organisée sur le thème « Intégration régionale dans le monde (au sens de continentale) et justice internationale ; projet d’établissement d’une Cour pénale régionale contre le crime organisé en Amérique latine ». L’après-midi a été consacrée aux débats sur les divers projets de résolution (dont certaines adoptées le lendemain), aux rapports d’activité des différentes sections et à une rencontre avec les responsables de l’Institut de La Haye pour la justice mondiale.

Le deuxième jour a débuté par une réunion d’information sur la Campagne pour une Assemblée parlementaire des Nations unies (UNPA) animée par l’allemand Andreas Bummel (responsable du Comité pour la démocratisation des Nations unies / KDUN basé à Francfort) avant de procéder aux votes sur les projets de résolution et d’examiner les comptes de l’association. Une dernière table ronde sur le thème de la « Responsabilité de protéger (dans les différentes régions du monde) » devenue avec l’action concernant le Tribunal pénal international, l’UNPA, les intégrations continentales dans le monde, l’un des principaux domaines d’action et de réflexion des fédéralistes mondiaux.

En ce qui concerne la composition du Conseil notons les cooptations en son sein d’Andreas Bummel et de l’ancien Secrétaire général de l’UEF Europe, Christian Whenning, lors de la session de New York de 2013, puis à La Haye de plusieurs autres candidats dont un mondialiste israélien lié au Mouvement pour la paix et une responsable du MFE italien.

Ces deux jours ont enfin été l’occasion d’une réunion en parallèle du Comité exécutif avant que de nombreux participants ne rejoignent Bruxelles pour participer le mercredi 13 novembre à la Conférence commune avec l’UEF Europe.

Colloque de Bruxelles organisé conjointement par l’UEF Europe et le WFM

« Intégration régionale dans le monde et nouvelle gouvernance globale : quel rôle pour l’Union européenne ? »

Cette réunion, très largement organisée par le Secrétariat de l’UEF Europe pour des raisons pratiques évidentes, a été une nouvelle occasion pour les deux plus importantes organisations fédéralistes du monde, l’UEF et le WFM, voire la JEF, de se retrouver et de réfléchir ensemble au sein des locaux du Parlement européen, la première institution parlementaire supranationale à être élue au suffrage universel direct et un modèle à imiter dans d’autres régions du monde (Union africaine, Mercosur…) ou au sein d’organisations internationales, agences thématiques des Nations unies ou Organisation mondiale du commerce, par exemple.

La réunion du 12 décembre s’est déroulée en trois temps, chaque panel étant suivi de discussion avec les auditeurs étant modéré par un animateur issu des mouvements fédéralistes et composé d’experts et/ou de militants fédéralistes.

Le premier thème, « Vers une Communauté économique de l’ASEAN (Association des nations du Sud-est asiatique) : quelles leçons l’Union européenne peut-elle apporter en tant que modèle d’intégration régionale », a été modéré par Mme. Mana Livardjani, Directrice du Secrétariat de l’UEF, et introduit par le Parlementaire européen Marc Tarabella (Vice-président de la Délégation pour l’ASEAN), M. Bruno Hellendorf, chercheur au Groupe de recherches et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP) et par le Docteur James Arputharaj Williams, Président des South Asian Federalists et membre du Comité exécutif du WFM, venu de Kaboul où il vit depuis une dizaine d’années en tant que travailleur humanitaire.

Le deuxième thème, « Relations entre l’Union européenne et le Mercosur ; les défis d’une approche interrégionale. Comment l‘Europe peut-elle soutenir le développement du Mercosur en tant que bloc régional plus économiquement et politiquement intégré ? », a été animé par Joan Marc Simon, actuellement membre du Comité exécutif du WFM après avoir été quelques années Secrétaire général de l’UEF Europe, et a vu s’exprimer et débattre le Docteur Alfredo Valladao, professeur à Sciences Po Paris, Mme. Eleonora Catella, conseil pour le Mercosur au sein de Business Europe et M. Fernando Iglesias, Président de l’ONG argentine Democracia Global et Président du Conseil du WFM.

Le troisième débat, « Le partenariat évolutif entre les Etats-Unis et l’Union européenne et son rôle pour une nouvelle gouvernance globale », a été animé par le Secrétaire général de l’UEF Europe, M. Paolo Vacca, et était composé à ses côtés par M. Jo Leinen, Parlementaire européen (que je ne présenterai pas une nouvelle fois dans ce texte) et de William Pace, rappelons le Directeur exécutif du WFM. Il est clair que ce troisième groupe était intégralement composé de militants fédéralistes engagés !

Le temps et la place manque ici pour commenter en détail les propos des divers orateurs, mais le lecteur intéressé pourra se reporter au rapport publié par l’UEF-Europe, malheureusement en anglais exclusivement : Regional Integration Worldwide & Global Governance : What Role for the European Union – Brussels – 12 Th. November 2014 ou, comme indiqué à la fin de ce document à sa rédactrice, Elisa Lironi (elisa.lironi@federalists.eu).

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