Lancement du Brexit, une chance pour refonder l’Europe !

Avertissement : les tribunes sont des contributions individuelles de sympathisants du mouvement au débat et ne reflètent pas nécessairement les positions de celui-ci.

, par Florent Banfi

Après plusieurs années de menaces, un référendum et des mois de débats politiques et juridiques internes, le Royaume Uni demande aujourd’hui officiellement le divorce avec l’Union Européenne. À quelques jours des célébrations du 60e anniversaire du traité de Rome, le symbole est fort. Gardons-nous cependant du défaitisme et faisons de ce Brexit une chance pour l’Europe de se transformer en mieux, sur des bases fédérales.

Quelle attitude pour l’Union dans les négociations ?

Assez loin d’un divorce à l’amiable, la procédure risque d’être longue et complexe. Si elle ne doit pas dépasser deux ans d’après les textes, le délai s’annonce court tant les négociations paraissent d’ores et déjà tendues. « Brexit means Brexit » ne cesse de répéter Theresa May qui plaide pour la rupture la plus totale mais n’exclue pas pour autant négocier un accès au marché unique.

Du côté européen, l’optique doit être simple : faire assumer au Royaume Uni les pleines conséquences de son inconséquence. Tout accès au marché unique doit être monnayé au prix fort, et ce prix ne saurait être moindre que celui aujourd’hui payé par le pays. Depuis plusieurs décennies maintenant, le Royaume Uni ne cesse de négocier des rabais et de refuser toutes avancées significatives du projet européen. De Schengen à l’euro, tout a été systématiquement refusé par le Royaume Uni. Dès lors, sa situation actuelle, se limite, de fait, quasi intégralement, à l’accès au marché unique et on imagine donc mal une contribution financière en deçà de celle aujourd’hui demandée.

Il est primordial que les négociateurs européens restent fermes et déterminés à prendre pleinement acte de la rupture voulue.

Des négociations pour une remise à plat ?

Hasardeuses et complexes, les négociations le seront assurément. Mais ne sont-elles pas une bonne occasion de remettre à plat l’Union Européenne. Tout d’abord en prenant en considération les conduites qui ont menés à la rupture. Car, quoi qu’on en dise, l’Union n’est pas exempte de responsabilité. Son incapacité à résoudre les crises économiques et migratoires et son inefficacité chronique sur le plan international ont grandement contribué à la désaffection citoyenne. À quoi bon soutenir une organisation inutile ? Ces critiques doivent être écoutées et analysées dans le bon sens. Il faut mieux d’Europe. Seule la fédéralisation de l’Union Européenne peut permettre de changer la situation. En rendant l’Union plus démocratique, plus crédible et surtout beaucoup plus efficace, elle pourra se concentrer sur des missions utiles et visibles et, de fait, sera plus acceptée par les citoyens.

Les négociations du Brexit sont aussi l’occasion pour les pays encore membre de faire le point sur chaque avancées européenne et de définir, enfin, un cap clair qui manque cruellement à l’Union. On a vu ces dernières années une tendance à refuser plus d’intégration en prétextant l’absence de consensus, du fait notamment, des réticences britanniques. Ces réticences effacées, les États vont pouvoir avancer vers une intégration accrue, ou, tout du moins, devoir assumer leurs réticences personnelles…

Enfin, la négociation ouvre éventuellement la voie vers un nouveau traité rassemblant les États membres actuels et qui devra, logiquement, s’engager clairement sur la voie fédérale.

Dans une Europe resserrée, abandonnée par son allié américain, menacée par son voisin russe, dépassée par les enjeux humains, économiques et écologiques, seule une volonté claire de se rassembler au sein d’un État européen fédéral et démocratique qui portera dans le monde nos valeurs humanistes permettra à notre continent d’entrer pleinement dans le XXIe siècle. Saisissons l’occasion du Brexit pour démarrer sa mise en œuvre.

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