Extrémistes fédéralistes ou révolutionnaires démocratiques !

Avertissement : les tribunes sont des contributions individuelles de sympathisants du mouvement au débat et ne reflètent pas nécessairement les positions de celui-ci.

, par David Meyer

Le score de Marine Le Pen aux élections présidentielle est un avertissement : notre démocratie est en crise. Nous nous devons de continuer notre combat pour l’unité politique européenne, unique réponse rationnelle à ce défi. En tant que fédéralistes, notre combat ne consiste pas à conquérir le pouvoir mais en la construction d’un nouveau pouvoir politique au niveau européen.

Les crises de ces dernières années ont montré que l’Europe actuelle était trop fragile puisque pas assez démocratique et efficace. Il faut redonner du sens au projet européen et rapprocher l’Europe de ses citoyens. L’Europe d’aujourd’hui est dans une impasse, celle de l’inter gouvernementalisme. Nous ne pouvons pas rester dans cette fausse alternative mortifère du statu quo ou de la sortie de l’UE. Il nous faut une révolution citoyenne pour sortir de l’ornière : le fédéralisme.

Cette révolution indispensable trouve un point de départ politique dans le rapport Verhofstadt. Voté le 16 février dernier, il est d’une ambition rare même si tout n’est pas parfait.

Parmi les propositions les plus intéressantes, on retrouve : la généralisation du droit de vote des citoyens européens à toutes élections dans leur pays de résidence, un véritable budget de la zone euro mais aussi un renforcement de la fonction du contrôle du parlement et de la codécision…

Ces mesures permettraient de renforcer la démocratie européenne et le parlement. La notion centrale de citoyenneté prendrait alors tout son sens au travers de la généralisation du droit de vote des européens.

Seulement, le chemin ne sera pas simple. On regrettera l’absence claire de contrôle parlementaire de la zone euro mais surtout l’obstacle le plus important au changement demeure. Les États et les gouvernements restent et resteront attachés aux anciens pouvoirs nationaux et bloqueront le changement.

La lutte pour une société plus ouverte, plus pacifique, plus libre et plus juste avec un pouvoir redistribué de façon plus démocratique, ne pourra aboutir que par le biais d’une force destructive et créatrice, une révolution démocratique. Les anciennes institutions devront être détruites pour en reconstruire de nouvelles.

Une pensée politique révolutionnaire et rationnelle

Le fédéralisme est une pensée politique révolutionnaire et rationnelle qui cherche à construire l’unité politique européenne en créant un nouveau pouvoir fondé sur de nouvelles institutions. Comme le rappelait souvent Altiero Spinelli, ce mouvement doit tirer les enseignements de la science politique : il est impossible de reconstruire une société sur ses fondations.

Mais, il s’agit en politique de la tâche la plus ardue. Les ennemis sont nombreux et rassemblent ceux qui profitent des pouvoirs institués. Les amis sont rares car l’innovation est effrayante. Il faut convaincre par l’expérience, défendre et critiquer l’Europe d’aujourd’hui pour montrer que l’Europe en mieux peut exister en devant une fédération.

Une telle révolution doit naître sous la forme d’une assemblée constituante démocratique. Elle permettra aux européens de se doter d’un nouveau pouvoir démocratique et d’une constitution créatrice de nouvelles institutions qui refondront la société.

Cela, nous le retrouvons dans le rapport Verhofstadt avec la proposition d’une convention pour préparer le futur. Nous en retrouvons l’embryon/ les prémices dans le rapport Verhofstadt avec la proposition d’une convention pour préparer le futur.

Mais pour que ce processus fonctionne, nous devons défendre les acquis de la construction européenne tel que l’euro et la liberté de circulation et dénoncer l’échec de l’inter gouvernementalisme. Une initiative comme celle réalisée à Strasbourg du 9 au 12 mars dernier par les Jeunes Européens France avec la Convention Européenne de la Jeunesse est aussi essentielle dans notre combat : elle prouve que le processus de la révolution démocratique est réalisable.

Citoyens européens réveillons-nous et organisons notre révolution démocratique !

P.-S.

Photo UEF - David Pauwels.

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