Ce soir j’ai mal à mon Europe

Avertissement : les tribunes sont des contributions individuelles de sympathisants du mouvement au débat et ne reflètent pas nécessairement les positions de celui-ci.

, par François Mennerat

Ce soir j'ai mal à mon Europe

L’avouerai-je ? J’en ai même la nausée.

Quels qu’en soient les tenants et les aboutissants, l’idée même d’indépendance de la Catalogne est d’une stupidité insigne, comme tous les nationalismes, figés qu’ils sont dans une attitude déplorable datant d’au moins deux siècles.

Mais trouvez-vous normal que dans notre belle Europe du 21e siècle, si fière d’exhiber ses « valeurs » retrouvées, on emprisonne les opposants politiques ? Trouvez-vous normal que l’on détourne le sens du mandat d’arrêt européen pour se les faire livrer par un autre État membre ? Trouvez-vous normal que tous les media s’en délectent ? Trouvez-vous normal que les chefs de gouvernements et d’État se solidarisent – croix de bois, croix de fer – avec l’un des leurs même s’il semble avoir perdu la tête ? Mandat d’arrêt, extradition : quel lamentable psychodrame !

Car les élus indépendantistes catalans n’ont pas constitué un « pronunciamiento militaire », ils ne forment pas « un quarteron de généraux en retraite » soutenus par une organisation terroriste ; ils n’ont pas détourné une partie de l’armée régulière ou rassemblé une milice ou des mercenaires ; ils n’ont pas, comme l’ETA commis d’actes terroristes ou criminels. Ne suffirait-il pas qu’ils soient franchement battus lors de nouvelles élections pour que se dégonflent ces baudruches minables ?

Jusqu’où dérivera encore la situation avant que le Conseil européen – cela paraît sans espoir – ou la Commission rappellent gentiment Monsieur Rajoy et les excités de Madrid à la raison, voire à l’ordre ? Désarroi chez un Prix Nobel de la Paix... Reniement de la démocratie, fin de la diplomatie, grimperons-nous aux extrêmes ?

Si nous, fédéralistes, ne sommes pas capables dans une situation comme celle-ci de rester fidèles à l’esprit du Manifeste de Ventotene et de réagir en conséquence, à quoi servons-nous ? Des lois, il en existe aussi dans les pays autocratiques. Le respect de l’état de droit ne peut servir de paravent en toutes circonstances.

François Mennerat, le 5 novembre 2017

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