La défaite de Cameron : une victoire pour la démocratie Communiqué — Paris, le 28 juin 2014

L’Union des fédéralistes européens (UEF-France) se félicite de la nomination par le Conseil européen du vainqueur des élections européennes à la présidence de la Commission européenne. L’attitude de David Cameron durant toute cette période montre bien que l’Europe des États va à l’encontre de celle des citoyens.

« Le Conseil européen a respecté le choix des citoyens européens » explique Fabien Cazenave, porte-parole de l’UEF-France, « désormais les diplomates ont perdu la main sur la nomination du président de la Commission européenne. C’est une mini-révolution ». Les élections européennes furent marquées par l’innovation que constitue la désignation par les partis politiques européens de candidats à la présidence de la Commission. Le Conseil européen s’est donc vu contraint de respecter l’esprit des traités en nommant Jean-Claude Juncker, le candidat des conservateurs du PPE, une décision qu’il aurait dû prendre voici un mois déjà dès le lendemain de l’élection.

Les citoyens participeront désormais au choix du candidat à la présidence de la Commission par leur vote aux élections européennes. Personne ne doit se faire d’illusion : il est politiquement impossible de revenir en arrière sur cette innovation démocratique.

Voulue et exigée par les fédéralistes européens cette innovation est pour eux un succès majeur.

Nous nous félicitons aussi du recours au vote à la majorité qualifié pour cette nomination. Celui-ci doit devenir systématique partout où les traités le prévoient. La recherche à tout prix du consensus est une faute car elle retarde et souvent interdit la définition de politiques capables de répondre aux besoins des Européens.

La défaite sans appel du premier ministre britannique David Cameron est donc une victoire pour la démocratie et pour la cause européenne. D’autant plus que son seul allié campant jusqu’au bout sur cette décision était Viktor Orban, dirigeant de plus en plus autoritaire de la Hongrie.

Pourtant la démocratie européenne reste encore en chantier.

La composition de la Commission européenne reste encore sous le contrôle des gouvernements des États membres. Le gouvernement de l’Union européenne doit être composé sur la base d’un programme, basé sur une coalition parlementaire pour le soutenir, et des compétences personnelles de chacun de ses membres et non pas sur la seule base du soutien à tel ou tel par son gouvernement.

« Nous appelons le futur président de la Commission européenne à se confronter directement aux véritables enjeux politiques », explique Fabien Cazenave « c’est-à-dire les crises démocratique et économique de l’Europe, et à proposer des solutions à la hauteur des enjeux. Nous connaissons les blocages politiques et les conservatismes qui s’y opposent. Avec le soutien du Parlement européen nouvellement élu, il aura la légitimité pour les affronter et sortir l’Union européenne de
l’immobilisme »
.

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