Les tribunes sont des contributions individuelles de membres de l’association au débat et ne reflètent pas nécessairement les positions de celle-ci.

Pour une procédure de Spitzenkandidat aussi pour le Parlement européen

, par Florent Banfi

Il y a un sujet qui agite aujourd’hui le petit monde européen mais pas les médias, ni les citoyens et pourtant ils sont les premiers concernés : le nom de celui ou de celle qui prendra la tête du Parlement européen en janvier 2017.

En effet selon un accord passé entre les deux grands partis européens, PPE et S&D, et comme il en est coutume depuis 1979, Martin Shultz, l’actuel Président du Parlement européen devait céder sa place en janvier 2017 à un membre du PPE. Plusieurs noms circulent déjà : l’ancien ministre français Alain Lamassoure, l’ancien commissaire européen Antonio Tajani, l’Irlandaise Maired McGuinness ou l’Allemand Manfred Weber.

Et maintenant que Martin Schultz a annoncé qu’il quitterait bien son poste en janvier, la voie semble ouverte sans réserve à un candidat PPE en vertu de ce « fameux » accord.

Mais peut-on accepter que le futur Président du Parlement européen soit désigné à huit-clos en fonction d’un accord passéiste entre partis. Le Parlement européen, seule institution européenne élue au suffrage universel direct, ne peut pas s’affranchir d’une vraie élection pour désigner son Président.

Les citoyens européens ont obtenu un processus ouvert pour la présidence de la Commission européenne avec un débat entre les candidats des différents partis politiques européens. Ils ne peuvent pas accepter un arrangement entre les deux grands partis pour désigner le Président du Parlement européen, l’organe qui les représente.

Un processus transparent et ouvert est nécessaire pour que les candidats puissent affirmer leur vision du rôle du Parlement, pour qu’ils expliquent comment le Parlement peut agir pour rétablir l’équilibre institutionnel et contrôler réellement la Commission, comment il peut défendre la voix des citoyens face aux portes closes du Conseil européen. C’est ce nouveau Président qui sera confronté aux négociations du Brexit, aux indispensables reformes européennes à venir, à la prochaine élection européenne. Le nouveau Président du Parlement européen doit être capable d’incarner une envie de changement et de renouveau.

Et si le Parlement européen veut réellement représenter les citoyens européens, il faudrait également souhaiter que parmi les candidats, il y ait des candidates. Parce qu’en 37 ans, il n’y a eu que deux femmes présidentes du Parlement européen, Simone Veil et Nicole Fontaine alors que les femmes représentent plus de la moitié de la population européenne.

Les fédéralistes européens se sont battus dans les années 70 pour l’élection au suffrage universel du Parlement européen, ils ne peuvent accepter que la désignation du Président soit le fruit d’un « petit arrangement entre amis » ou plutôt entre ennemis S&D et PPE.

Nous appelons donc chaque parti européen à nommer un-e candidat-e pour l’élection à la Présidence du Parlement européen afin de proposer un vrai choix autour de programmes et d’une vision pour le futur de l’Union européenne et le rôle qui doit être joué par le Parlement européen.

Mesdames et Messieurs les députés européens, soyez à la hauteur de la démocratie européenne que vous représentez !

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