Les frontières appartiennent au passé. Ne démantelez pas Schengen ! Communiqué de l’UEF-Europe

Le système Schengen, avec l’euro et le marché unique, sont les réalisations les plus avancées et les plus visibles de l’intégration européenne. Ce sont des éléments clés d’un projet politique d’unification qui a garanti une paix et une prospérité sans précédent pour les citoyens européens.

Les questions relatives aux migrations et à la sécurité resteront des défis de long terme. Si les gouvernements nationaux choisissent d’y répondre en rétablissant les contrôles aux frontières nationales et en y construisant des clôtures dans une tentative aussi égoïste que vouée à l’échec de garder les problèmes dans le pré de leurs voisins, ils ne résoudront ni la question migratoire ni celle de la sécurité.

Ils n’aboutiront qu’à détourner des ressources de mesures européennes plus efficaces. Surtout, ils infligeront un coup fatal à la confiance des peuples dans une Europe en tant que projet d’intégration, de liberté et de solidarité. Si le projet européen régresse, l’économie européenne s’appauvrira, l’influence européenne dans le monde s’évanouira encore un peu plus, la démocratie sera sous pression dans de nombreux pays. Le spectre d’une Europe qui renoue avec un effroyable passé de divisions et de guerres fratricides nous hantera à nouveau.

Pour faire face aux urgences des réfugiés et de la sécurité, une stratégie et des solutions européennes, au niveau supranational, et dans le plein respect des valeurs et réalisations européennes sont indispensables. Cela signifie aujourd’hui que :

  • le Parlement européen et le Conseil devraient adopter rapidement les propositions de la Commission européenne pour renforcer le système de Schengen et instaurer des garde-côtes et des garde-frontières européens, étape transitoire vers un système entièrement européen pour gérer les frontières communes de l’Union européenne ;
  • le Conseil européen devrait exiger que la Commission européenne élabore un plan et une feuille de route pour renforcer la coopération policière et celle des services de renseignement et progresse vers le développement d’une police et de forces de renseignement européennes efficaces pour lutter contre les crimes transfrontaliers et les menaces envers la sécurité ;
  • la Commission européenne devrait faire des propositions pour une mise en œuvre urgente de politiques européennes migratoires et d’asile durables, y compris un système d’asile européen unique équilibré et équitable, avec une autorité européenne de l’asile, des mécanismes permettant de répartir le nombre et les coûts des arrivants entre les États membres et des parcours légaux pour les migrants économiques.

Dans la mesure où ces étapes ont un impact sur la souveraineté nationale, leur réalisation ne peut se concevoir que dans le cadre d’un plan de relance de l’union politique européenne, selon un calendrier clair et précis.

Face aux défis de l’avenir de l’euro et de Schengen, le Conseil européen devrait s’opposer à toute proposition visant à suspendre ou à diluer des réalisations européennes et traiter de la relance de l’unité politique européenne dès que possible.

FIN

Lire en version originale : Borders are the past. Do not dismantle Schengen !

Photo : manifestation fédéraliste à la frontière franco-italienne, 28 déc. 1952

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