Congrès de l’UEF Allemagne à Dresde, 16-17 avril 2016

, par Inga Wachsmann

Une présence dans les médias, grâce aux nombreuses interventions dans des écoles et universités de la ville et dans la région, des ateliers pour s’informer, débattre et travailler, une préparation du congrès européen de l’UEF à Strasbourg… le grand rendez-vous de l’UEF-Allemagne (Europa-Union Deutschland e.V.) a été fort bien accueillie par la toute jeune section de la Saxe, présidée par Katharina Wolf.

Les environ 150 délégués venant des désormais 17 sections de l’UEF-Allemagne (tous les Länder, plus la section bruxelloise) se sont retrouvés à Dresde pour le 61e congrès fédéral et ses deux journées de retrouvailles, débat, échange et de prise de décisions.

Vous retrouverez prochainement ces résolutions sur : http://www.europa-union.de/politik/beschluesse/

Avant même le début du congrès, la présence de l’association en ville a fait parler d’elle. La télévision régionale publique a notamment diffusé dans le journal du soir un reportage sur l’association et ses activités, à l’occasion d’interventions dans une école et dans une université : http://www.mdr.de/mediathek/fernsehen/a-z/video-11660_zc-ca8ec3f4_zs-73445a6d.html

Toujours avant l’ouverture officielle du congrès, des ateliers ont proposé des espaces d’échange. Avec l’eurodéputé Peter Jahr (des chrétien-démocrates, CDU) sur son métier, sur les retombées économiques suite à une fin de l’espace Schengen – allons-nous vers des effets de domino ? – et sur le réseau de la EUD des femmes et hommes dans les politiques communales. Ce réseau, comme d’autres réseaux socio-professionnels d’ailleurs, est une idée stratégique du développement associatif. Les représentants locaux étant des ingrédients importants pour le lancement et la consolidation de nouvelles sections locales et pouvant retirer beaucoup de bien de notre travail pour leur quotidien.

Ensuite le Congrès. Les contributions du maire de Dresde Peter Lames, du Ministre-président de la Saxe Stanislaw Tillich et de l’ancien ambassadeur de Pologne auprès de l’Union européenne Marek Prawda ont marqué l’ouverture officielle du Congrès. Les interventions de Peter Lames et Stanislaw Tillich ont présenté un état des lieux et la dynamique impressionnante de la région située dans l’est de la République. Des liens forts existent avec les régions/villes européennes voisines. L’intervention de Marek Prawda a mis le focus sur les valeurs de liberté et démocratie. En rappelant le moment révolutionnaire de 1989 et des années qui ont précédé et suivi, il constate combien il est important aujourd’hui de nouveau de travailler sur la paix, les droits de l’homme. À la lumière du défi sécuritaire et de l’internationalisation, nous devons travailler sur un nouveau narratif. Un nouveau narratif pour l’Europe et un narratif européen.

Autre élément du congrès : des ateliers qui réunissent les délégués pour un temps de travail plus approfondi sur des thèmes ou questions de développement associatif. Ces ateliers font partie du programme du congrès depuis un certain temps. Au menu du congrès de Dresde, l’état des lieux de la solidarité et l’avenir de l’Union européenne, la politique de sécurité et de défense et le développement associatif.

L’état des lieux et l’avenir de l’UE a majoritairement traité et débattu la résolution générale du congrès sur le sujet. Résultat des courses présenté par l’animatrice du groupe de travail, Evelyne Gebhardt (eurodéputé, SPD, et membre du bureau de la EUD) au bout de deux heures d’échange intensif : les défis sont grands. Nous constatons par exemple tous que les frontières se ferment. L’UE a aujourd’hui avancé à un tel point que ce sont les détails qui doivent être traités. Ceux-ci ne font plus consensus. Il y a tellement de politiques communes que l’éventail est large et donne lieu à des débats controversés. Les délégués se posent donc la question : à quel point faut-il être pragmatique ? À quel point faut-il être visionnaire ? La liste des choses à résoudre est longue. Il faut résoudre les défis des réfugiés qui arrivent, apporter un complément social à l’Union monétaire et bancaire, introduire des éléments participatifs sans faire porter l’ensemble de l’Union des querelles nationaux... Sur les visions, c’est surtout la paix qui revient sur la table. La conclusion de l’atelier est que les grandes réformes institutionnelles vers le fédéralisme européen ne sont pas à l’ordre du jour. Des visions oui, des illusions non. Malgré tout pragmatisme, l’opinion qui prévaut est d’avancer par domaines et d’apporter des bouts au puzzle fédéral.

Au sujet des politiques de sécurité et de défense, l’atelier animé par Harm Adam (membre du bureau de la EUD) démarre par dire que la défense va plus loin que les aspects militaires. Surtout la question d’une armée commune revient et les débats constatent qu’elle a pour condition un État fédéral européen. Pour un équipement commun et le partage des ressources dans les instances militaires et de défense, la coopération renforcée permanente est considérée être une solution. « Nous devons défendre nos idées malgré la situation actuelle de crise », conclut Harm Adam.

Côté développement associatif, la Europa-Union a un défi sur les membres. Le sujet est crucial et fait partie du travail du bureau, d’un groupe de travail en son sein et est de plus en plus présent de manière décentralisée dans le travail de partout dans les sections. Les participants de l’atelier lors du congrès, animé par Claudia Conen et Inga Wachsmann (membres du bureau de la EUD), ont travaillé sur la question « nos membres aujourd’hui et demain ». Sur la base des résultats du rapport structurel de l’association – analyse des données fournies par les sections membres sur la situation de leurs membres, son évolution – le travail a principalement porté sur les groupes cibles. Qui sont les femmes et hommes que nous souhaitons toucher avec nos réflexions et activités ? Et comment on les touche ? Les groupes cibles suivants ont été identifiés et traités en détail : « les pêcheurs d’hommes », les démultiplicateurs, les stagiaires, les « best agers », les jeunes dans l’UEF, les migrants venant de l’Union européenne et d’autres régions du monde ainsi que les personnes qui vivent en milieu urbain et rural… Quel sont les attentes de ces groupes à notre association et comment les intéresser et intégrer ? Le travail réalisé lors de l’atelier continuera !

Pour ce qui est du travail politique sur les résolutions, partie importante du congrès, des résolutions sur les sujets suivants ont été discutés : l’avenir de l’UE, la politique de sécurité et de défense, l’hymne européenne lors d’évènements sportifs et culturels, l’état de droit dans l’UE, un positionnement contre le mouvement PEGIDA, la politique des réfugiés commune, la liberté de la presse et la liberté d’opinion, la réforme du registre de transparence. Les résolutions avaient été proposées par le bureau et les sections et travaillées en amont par une commission politique. Les résolutions votées seront disponibles bientôt ici : http://www.europa-union.de/politik/beschluesse/.

P.-S.

Photo Europa Union

Partagez cet article

  • Facebook icon
  • Twitter icon
  • +1 icon
  • URL courte :