Congrès de l’UEF-Allemagne, 19-20 mai 2017 Quelques nouvelles du Congrès électoral de la Europa-Union Deutschland, 19–20 mai 2017 à Bovenden (Basse-Saxe)

, par Inga Wachsmann

Un congrès électoral comme tous les deux ans, un congrès dans la continuité personnelle et dans un contexte de renouveau. Avec la dynamique de Pulse of Europe l’Europe est de retour sur les places. Les montés populistes et extrémistes ont provoqué un tournant dans la perception des mouvements pro-européens. L’Europe est la solution et comme l’Union européenne actuelle ne répond pas à nos attentes, ni à celles des citoyens européens, ni à celles des fédéralistes, la coopération entre initiatives nouvelles et établies s’invite et s’impose. Relevons le défi ! Et la vague d’optimisme et d’enthousiasme pour faire avancer cette Union européenne est portée par les résultats électoraux en Autriche, aux Pays-Bas et surtout en France. Emmanuel Macron et les relations franco-allemandes sont appréciés comme une sinon la dernière chance. Et la Europa-Union Allemagne veut répondre présente. Les signaux sont positifs, il ne faut pas passer au repos.

Pendant un jour et demi, environ 150 délégués et participants ont discuté, travaillé et voté. Autour de l’avenir de l’Europe. Tables rondes, travaux en petits comités, débats, résolutions et un nouveau bureau étaient au programme.

La député italienne Laura Garavini a donné sa vision sur la croissance, la sécurité, le travail et les migrations avec une conviction que l’Europe est la solution et non pas le problème. Elle liste des terrains de politiques nécessaires chers à notre mouvement comme le chômage des jeunes et l’avenir des générations futures, une réforme des politiques d’asile et de migrations avec l’abandon du principe de Dublin, une coopération des corps de sécurité et de défense qui nécessitent des politiques extérieures et de sécurité et de défense communes. Les détails peuvent faire débat comme le type d’investissements pour la relance économique, le soutien et la coopération avec les pays africains, pays d’origine de nombreux personnes migrantes qui arrivent en Europe ou le souhaitent, les effectifs pour sécuriser les frontières extérieures de l’UE, un budget constant de l’UE… Selon Laura Garavini, les investissements ou dépenses dans le secteur culturel devraient s’égaliser avec celles sur la sécurité.

Interview bien vivante avec le secrétaire d’État pour l’Europe au ministère des Affaires étrangères et plénipotentiaire pour la coopération franco-allemande Michael Roth. Fédéraliste convaincu en tant que citoyen, il travaille dans ce sens dans ses fonctions. Il se réjouit de l’élection d’Emmanuel Macron tout en rappelant que la suite d’une relance du projet européen ne va pas de soi. Il rappelle quelques chiffes comme la performance économique européenne qui viendra à 85 % des pays de l’eurozone le jour où le Royaume Uni ne comptera plus parmi les membres de l’UE. Ceci fait de l’eurozone – un des « clubs » européens un acteur fort. Il rappelle également que cette sortie est une situation « lose-lose » des deux côtés. En répondant aux nombreuses questions, Michael Roth appelle à mettre l’Europe au cœur de la campagne aux élections parlementaires allemandes. À ce propos, la EUD avait organisé un vote en ligne de ses membres et du public plus large pour choisir les propos sur l’Europe à porter par l’organisation lors de la campagne électorale. Les sujets en tête sont d’agir ensemble au niveau européen, de renforcer la démocratie européenne, de demander une plus forte coopération dans les domaines des politiques extérieure, de défense, d’asile et de migrations et de restaurer les libertés fondamentales de l’UE en abandonnant les contrôles aux frontières tout en garantissant la sécurité aux frontières extérieures de l’Union. Le ténor général : un renforcement des méthodes communautaires qui fait comprendre que les répondants au questionnaire sont surtout des membres de nos mouvements ou européens convaincus. La EUD se mettra en contact avec les équipes qui travaillent sur les programmes électoraux et plus tard sur le contrat de coalition, sera présent sur les médias sociaux autour des demandes formulées par les membres et contactera les heureux élus pour les féliciter de leur élection en leur rappelant l’importance des politiques européennes.

La nouvelle équipe

Côté plus interne à l’association, la nouvelle équipe ressemble beaucoup à l’équipe sortante. Rainer Wieland (vice-président du Parlement européen et président sortant) a été réélu à une majorité plus qu’importante. Ses vice-présidents reconduits Eva Högl (député au Bundestag) et Thomas Mann (parlementaire européen) ont été rejoints par Heinz-Wilhelm Schaumann (connu par son engagement dans le bureau de l’UEF). Ensemble avec 16 autres membres du bureau, la EUD est repartie pour deux ans de travail qui commencent avec une campagne électorale parlementaire fédérale en Allemagne (24 septembre 2017) et devraient préparer les prochaines élections européennes en 2019. La coopération avec les Jeunes Européens Fédéralistes mériterait d’être cité dans chaque phrase de ce petit article. Elle s’améliore, est marquée par une forte présence des moins de 35 ans dans les délégations des sections régionales, en tant que délégués tout court et membres du bureau. Leur voix se font entendre, ils ont des défenseurs – non seulement parmi les ancien JEFers du mouvement – et sortent optimistes sur encore plus d’avancées dans le respect entre jeunes et moins jeunes dans les deux ans à venir.

Les résolutions et débats ont porté sur l’avenir de l’Europe, fidèle au titre du congrès « L’Europe – notre avenir ». En détail, une des résolutions principales apprécie les initiatives des institutions européennes (livre blanc sur l’avenir de l’Europe, rapports Bresso/Brok, Verhofstadt et Bérès/Böge). La EUD appelle de baser toute avancée sur les principes e la structuration fédérale de l’Europe, déclarée dès 1950. La création d’un État fédéral démocratique basé sur l’état de droit et une constitution, doit être l’objectif de l’intégration européenne dans l’esprit du scénario cinq du livre blanc de la Commission européenne. Si cette coopération n’est pas possible à 27 États membres, des avancées doivent se réaliser à taille réduite selon la coopération renforcée et le scénario trois sans pour autant exclure des États volontaires à participer ou violer la méthode communautaire.

L’autre résolution principale alerte sur les menaces de la démocratie, du respect de l’état de droit et des droits de l’homme dans quelques pays membres de l’UE. Elle demande l’étude de l’application du processus d’état de droit selon l’article 7 du traité sur l’UE par rapport à la Hongrie. Les autres résolutions demandent : la fin de mettre la faute à « l’Europe », la création d’outils et instruments qui rendent l’Europe palpable (jumelages, interrail, Erasmus, visites au Parlement européen, radio européenne), améliorent son organisation (renforcement du Parlement européen avec un droit d’initiative législative, code électoral européen commun, réforme du Conseil pour un fonctionnement à deux chambres, réforme de la Commission comme pouvoir exécutif séparation de l’exécutif et du rôle de la Commission comme gardienne des traités), clarification des compétences de l’UE (rôle des institutions européennes et plus particulièrement du Comité des régions, des régions et communes, lancer une convention européenne, renforcer le principe ce subsidiarité, donner la compétence à l’UE pour quelques champs politiques), un renforcement des instruments qui renforcent le pouvoir économique de l’Europe, les communes comme partenaire important de l’UE dans le développement de l’UE, la prise en compte de l’Europe dans les programmes des partis politiques pour les élections parlementaires de 2017, la mise en place d’une agence européenne d’éducation civique et, enfin, de remettre le débat sur les listes transnationales aux élections européennes sur l’agenda via les sièges qui devraient se libérer le jour où le Royaume-Uni sort de l’Union.

Deux autres résolutions d’ordre du développement de l’association sont un débat sur le corporate design à entamer et la création d’un groupe de travail « EUD2020 », groupe composé de représentants des bureaux des sections régionales pour débattre de sujets de développement associatif et particulièrement du développement des membres. Ce groupe est une composante dans le travail plus global sur le développement associatif renforcé depuis deux ans et mené conjointement avec la JEF Allemagne. Un résultat publié lors du congrès est un « guide directeur » sur le travail avec et sur les membres qui sera bientôt disponible en ligne. Ce guide est conçu être un document vivant qui analyse et présente les défis du développement associatif en relation avec les membres et donne des exemples et recommandations d’action bien concrets.

Un petit mot sur la coopération entre sections de l’UEF et l’UEF en général. La EUD s’est fixée pour objectif de mettre le sujet sur l’ordre du jour plus sérieusement. Rien de décidé, un échange et des propositions à élaborer mais la volonté de quelques sections de travailler et intensifier les coopérations avec leurs sections voisines (une résolution a été votée sur la coopération et le soutien des sections en Pologne et en République Tchèque, la volonté de coopérer avec les homologues en Alsace-Lorraine est une envie répétée à plusieurs reprises également) peut être un réalité concrète avant de se prononcer ou lancer le débat sur la relation et le rôle de la EUD dans son organisation mère européenne.

Un compte-rendu et les résolutions votées seront bientôt disponible sur le site de la EUD : www.europa-union.de.

Inga Wachsmann

P.-S.

Photo EUD : Laura Garavini, députée au Parlement italien, Thomas Mann, député au Parlement européen et Jürgen Trittin, député au Bundestag.

Partagez cet article

  • Facebook icon
  • Twitter icon
  • +1 icon
  • URL courte :