Andrew Duff, président de l’UEF-Europe, déclare : le fonctionnement du Conseil Européen est pire que celui d’un conclave papal Déclaration du 13 février 2013

Réagissant au compromis laborieusement obtenu au Conseil Européen de vendredi dernier, Andrew Duff, eurodéputé, président de l’UEF, conclut que l’accord est totalement inadapté au but poursuivi. S’exprimant aujourd’hui mardi, il déclare :

Une fois de plus, en se chamaillant si bruyamment pour une somme si ridicule, l’UE a présenté l’un de ses pires visages. Cette querelle sur le cadre financier pluriannuel (CFP) constitue une véritable caricature de l’Europe d’aujourd’hui.

27 hommes et femmes émergent épuisés et exaspérés en prétendant chacun avoir triomphé au nom de leur propre État nation. Le résultat est qu’ils ont abandonné l’UE sans assez d’argent pour lui permettre de réaliser ses objectifs politiques intérieurs et extérieurs. Ils ont frileusement refusé des réformes indispensables. Ils ont été incapables d’identifier les économies d’échelle que permettraient la mise en commun de leurs efforts et l’élimination de coûteux doublons. Ils se sont cramponnés à des pratiques du passé, exécrables pour la plupart.

Les leaders ont complètement manqué l’opportunité d’accroître les investissements au niveau européen pour pallier la chute des investissements nationaux. Les propositions de la Commission pour stimuler la compétitivité de l’Europe ont été complètement édulcorées.

Le Conseil Européen a même failli par rapport à ses propres critères. Les engagements de dépenses à venir sont désormais programmés de telle sorte qu’ils dépasseront les recettes, ce qui aboutira à précipiter le budget de l’EU dans le déficit, enfreignant ainsi les traités. L’idée selon laquelle ce budget dérisoire pourrait dure sept ans relève de la pure fiction.

L’Union doit maintenant reconnaître que son dispositif financier, fondé seulement sur des contributions nationales, est en faillite. Cette inéluctable obsession de l’unanimité et du « juste retour » signifie que le bien commun de toute l’Europe est ignoré. Même un conclave papal vote à la majorité qualifiée, et nous devons présumer que de nombreux cardinaux se préoccupent du bien de l’Église dans son ensemble plutôt que de leur seul strict intérêt personnel. Le conclave des leaders européens fait pâle figure en comparaison.

Le Groupe Spinelli et l’UEF vont très prochainement présenter un nouveau projet de traité qui proposera, entre autres, un nouveau dispositif financier et budgétaire. Selon nos propositions, l’Union aura une autonomie financière propre et les Trésors nationaux seront libérés du fardeau des contributions directes au budget de l’UE. Les processus décisionnels seront fluides, transparents et démocratiques.

Partagez cet article

  • Facebook icon
  • Twitter icon
  • +1 icon
  • URL courte :