700 décès dûs à une Europe intergouvernementale et divisée Communiqué de l’UEF-Europe

L’Union des Fédéralistes Européens (UEF) est profondément affligée par la perte de plus de 700 vies humaines en Méditerranée le week-end (des 17 et 18 avril, ndt.). Les Européens ne devraient pas oublier que ces personnes fuyaient la misère ou la guerre, cherchant une vie meilleure pour eux et leurs familles, trompés par des trafiquants sans scrupules qui n’ont pas hésité à mettre leurs vies en danger pour s’enrichir, et attirés par les valeurs et les opportunités que l’Europe représente.

M. Elmar Brok, Président de l’Union des Fédéralistes Européens et membre le plus ancien du Parlement européen nouvellement élu en exercice, a déclaré : « Jusqu’à présent, les divisions entre les Etats membres et la méthode intergouvernementale ont empêché l’Union européenne de mettre en place un système susceptible de permettre une action efficace sur le plan des migrations et une politique étrangère et de sécurité européenne contribuant à stabiliser l’Afrique du Nord. Des évènements tels que ceux advenus ce week-end montrent que seule une action européenne véritable est susceptible de stopper la tragédie qui dure déjà depuis 5 ans aux frontières de notre Union. Tant que cette Union sera divisée et dépourvue de pouvoirs et de ressources, des milliers de vies humaines continueront à être perdues ».

En 2014 plus de 3.500 personnes sont décédées en mer en tentant de rejoindre les côtes européennes. Cette année le bilan dépasse déjà les 1.500 morts. Il est inacceptable qu’après 15 ans de coopération en matière de migrations et après les nombreux appels à l’action et déclarations du Parlement européen, de la Commission, du Conseil et du Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), l’Union européenne soit toujours incapable d’apporter une réponse forte et efficace à la tragédie humanitaire qui se déroule à nos frontières depuis le Printemps arabe et l’éclatement de la guerre civile en Syrie et que l’Union européenne ait été incapable de s’attaquer aux racines de tels mouvements migratoires. La division entre les Etats membres et le manque de pouvoirs et de ressources suffisants de l’Union européenne sont les causes de ce manque de progrès.

L’UEF demande avec insistance à l’Union européenne de trouver les moyens les plus efficaces de stopper la tragédie qui se déroule aux frontières sud de l’Union et de s’attaquer à ses causes sous-jacentes. En particulier l’UEF réclame que :

  1. le Conseil européen trouve une solution pour permettre que les opérations Triton menées par l’Agence Frontex soient immédiatement revues à la hausse et pourvues de ressources et de moyens afin de remplir un mandat " de rechercher et de secourir " capable d’éviter de nouvelles tragédies dans les prochains mois ;
  2. la Commission présente (et que le Conseil et le Parlement approuvent) de manière urgente une réforme du Système européen commun d’asile (Common European Asylum System) qui puisse :
    1. assurer que toutes les personnes fuyant des conflits armés ou des persécutions et ayant besoin d’une protection internationale aient un accès véritable aux procédures d’asile légales (y compris dans leur pays d’origine) et n’aient pas besoin de s’en remettre à des trafiquants humains, et
    2. apporter une solidarité entre les Etats membres de l’Union européenne pour l’accueil (hébergement) des migrants et des demandeurs d’asile au moyen d’un système de quotas et de répartition qui tienne compte du PIB et de la population des pays.

Au-delà des urgences du moment, l’UEF appelle l’Union européenne à faire des progrès structurels en direction :

  1. d’une politique d’immigration et d’asile unique, financée au travers du budget européen et dont la responsabilité et la direction seraient concentrées à la Commission ;
  2. une gestion intégrée du système d’asile, du contrôle des frontières extérieures, de la politique de migration et des flux migratoires basée sur une solidarité accrue, un partage de la charge et une optimisation des capacités européennes existantes, et incluant l’établissement d’une force permanente européenne de garde-frontières pour assister les pays faisant face à une pression migratoire particulière et l’utilisation de l’Euroforce pour épauler la mission Frontex lorsqu’ils sont incapables de gérer une pression migratoire extraordinaire ;
  3. une Politique étrangère, de sécurité et de défense européenne unique, y compris une stratégie pour soutenir la stabilisation économique et politique des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, dotée de ressources suffisantes et de moyens de mise en œuvre.

L’UEF souligne que de telles mesures de long terme nécessitent des progrès vers plus d’unification politique afin d’assurer le contrôle démocratique et la prise de décision effective dans ces domaines.

P.-S.

Traduit par Jean-Francis Billion

POUR PLUS D’INFORMATION, se reporter, en anglais, à la résolution adoptée pat le Comité fédéral de l’UEF des 17 et 18 avril

UEF Resolution to support the development of a humanitarian based approach on EU migration policy in line with international and EU standards on human rights.

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