Tous à Rome le 25 mars 2017 pour une Europe fédérale

Lettre du président et secrétaire général de l’UEF-Italie (traduction par François Mennerat)

Le 12 juillet 2016, Guy Verhofstadt a présenté à la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen son rapport sur les réformes institutionnelles nécessaires pour sauvegarder l’avenir de l’Union européenne. Ce rapport formule les propositions visant à faire évoluer les institutions européennes dans une direction fédérale les plus poussées depuis l’initiative d’Altiero Spinelli au cours de la première législature européenne en 1984.

Au point où nous en sommes aujourd’hui, le Parlement européen doit décider comment et en combien de temps adopter ce rapport (sans le dénaturer), en même temps que les deux autres rapports qui, ensemble, indiquent la route à suivre pour promouvoir les politiques de nature tout à la fois à regagner la confiance des citoyens, à consolider l’union monétaire et à la transformer une véritable union politique [1].

Cette bataille ne va pas être facile. Elle va se heurter à une résistance considérable

En l’absence de toute volonté politique réelle, de la part des gouvernements, de se saisir de la question de la réforme des traités, nous voyons déjà poindre, même au sein des grandes familles politiques, les premières tentations d’éviter d’engager la bataille constituante. En tant que fédéralistes, nous devons absolument nous assurer que la perspective de voir lier le lancement de nouvelles politiques européennes à la création d’un cadre fédéral et démocratique ne va pas disparaître de l’horizon des luttes politiques. En l’état actuel des choses, nous pensons que l’UEF a un rôle très clair à jouer : nous devons intensifier les pressions sur la classe politique à tous les niveaux, comme sur les groupes parlementaires nationaux et européens, avant tout pour s’assurer que le Parlement européen fait ce qu’il a à faire, mais aussi pour s’assurer que certains gouvernements, ainsi que les institutions européennes et nationales en général, s’engagent effectivement dans la bataille qui leur permettra le nécessaire saut institutionnel dans un sens fédéral, résolvant ainsi la question de la souveraineté européenne. Au niveau national, il faut commencer immédiatement à envoyer individuellement les lettres qui conviennent à chaque député national et européen, afin de les mettre en face de leurs responsabilités. Sur la base de ces lettres, nos sections locales vont engager des initiatives similaires visant les parlementaires élus dans leurs circonscriptions, sans attendre d’autres initiatives à prendre en septembre.

Mais les temps sont déjà mûrs pour se préparer à un autre défi : mobiliser les gens. Les diverses crises récentes ont facilement permis à certains meneurs et groupements politiques de faire monter et d’exploiter un sentiment anti-européen afin d’engranger des soutiens et des voix au plan national. Mais comme l’a clairement montré le résultat du referendum britannique, il n’est pas possible, comme le font les eurosceptiques et les europhobes rejeter l’Europe et s’attendre à jouir en même temps des avantages indubitables résultant du fait de continuer à en faire partie. De la même manière, il a clairement montré que les eurosceptiques et les europhobes, comme tous les nostalgiques du retour à une souveraineté nationale pleine et entière n’ont aucun plan crédible pour répondre aux défis de la mondialisation, des migrations et de la sécurité interne et externe en Europe.

Le moment est venu de se faire entendre

Le moment est venu, pour ceux qui se soucient vraiment de l’Europe, de se faire entendre et montrer qu’ils constituent toujours la majorité de ce continent. Le moment est venu d’une mobilisation populaire forte et salutaire qu’à partir d’aujourd’hui l’UEF entend promouvoir et soutenir en coopération avec toutes les forces et les organismes qui se préoccupent sérieusement du sort de notre continent. Le prochain soixantième anniversaire du Traité de Rome, qui sera célébré à Rome le 25 mars 2017, largement considéré comme une ligne cruciale de partage des eaux en matière de politique européenne, nous apporte une occasion idéale pour cela. En vérité, cet anniversaire ne peut être considéré comme une simple commémoration. Il faut se saisir de cette occasion pour clamer à haute voix le besoin de PLUS D’EUROPE, tant en termes d’institutions démocratiques que de la réalisation de vraies politiques à l’échelle du continent.

Et ça, c’est le travail que nous devons accomplir dans les mois qui viennent. Nous devons mobiliser les forces politiques, syndicales et culturelles, les pouvoirs locaux, les citoyens et les jeunes, afin de’ s’assurer que les rapports Bresso-Brok, Berès-Böge et de Guy Verhofstadt bénéficient d’un fort soutien au sein du Parlement européen. Nous devons en appeler particulièrement à certains gouvernements et institutions nationales pour qu’ils appuient la vision d’une union fédérale. Nous devons faire en sorte que l’opinion publique européenne redevienne, encore une fois, un élément moteur du processus d’intégration européenne.

Lire aussi

Notes

[1Les trois rapports mentionnés ici sont le rapport Verhofstadt sur « les évolutions et les adaptations possibles du cadre institutionnel actuel de l’Union européenne », le rapport Bresso-Brok sur « les améliorations du fonctionnement e l’Union européenne en s’appuyant sur le potentiel du traité de Lisbonne » (tous deux en cours de discussion par la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen), et le rapport Berès-Böge sur « la création d’une capacité budgétaire autonome pour la zone euro » (en cours de discussion par le commission des affaires économiques du Parlement européen).

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