Quatre questions pour mieux comprendre le pourquoi de cette campagne

1. L’UEF-France a décidé le 12 Juin 2010 de lancer une « Campagne pour les États-Unis d’Europe ». Pourquoi cette campagne ?

L’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne - base utile mais insuffisante pour la poursuite du processus d’intégration politique de l’Europe - a été paradoxalement marquée par une forte résurgence de la méthode intergouvernementale au détriment de la méthode communautaire.

La campagne de l’UEF-France a pour but de rappeler que l’objectif fédéral d’intégration, perdu de vue depuis les derniers élargissements, est depuis l’origine la raison d’être de la construction communautaire et demeure le but ultime fixé par les Traités actuels : « une Union sans cesse plus étroite des peuples européens ».

Nous pensons que si ce cap venait à être perdu - alors qu’aucune autre vision claire de l’avenir de l’Europe ne semble pouvoir lui être substituée - l’UE serait menacée d’égarement, de dilution voire d’éclatement.

La grave crise financière qui se développe depuis l’automne 2010 nous confirme dans cette crainte et nous incite à poursuivre cette campagne.

2. Pourquoi l’avoir intitulée campagne pour « les États-Unis d’Europe » ?

Nous avons volontairement choisi ces termes - au demeurant cautionnés par de grands européens de Victor HUGO à Jean MONNET :

parce qu’ils demeurent à la fois provocateurs et mobilisateurs. Parce qu’ils expriment, de façon lapidaire, populaire, encapsulée et imagée, la notion abstraite et complexe de la voie fédérale que nous prônons pour l’Europe. Parce qu’ils fixent concrètement - en trois mots - un projet, un horizon et un avenir pour l’Union européenne Parce qu’ils sont conformes à l’objectif des pères fondateurs ainsi qu’à l’esprit des Traités. Parce qu’ils résument la vocation et la raison d’être d’un mouvement comme l’UEF.

Nous ne souhaitons pas pour autant prendre pour modèle tel ou tel système fédéral actuellement en vigueur - sous cette appellation - dans d’autre pays car nous avons conscience de l’originalité et de la spécificité de l’entreprise européenne.

3. Comment va s’articuler cette campagne ?

a) D’ici 2014 (prochaine grande échéance de l’UE), nous souhaitons intervenir sur les grands sujets d’actualité, de nature institutionnelle voire constitutionnelle, en cours de débat dans les Institutions européennes. Nous souhaitons indiquer, pour chacun de ces thèmes, les solutions qui nous paraissent les plus conformes à la poursuite du processus d’intégration politique de l’UE.

Nous agissons principalement par la voie de « lettres ouvertes » aux députés européens français qui sont nos interlocuteurs naturels dans le débat démocratique européen. Mais nous nous efforçons aussi, parallèlement, de donner à ces lettres la plus grande diffusion possible afin d’essayer de provoquer un véritable débat public.

Les thèmes choisis - en réalité dictés par l’actualité - ont été à ce jour les suivants :

- le budget communautaire et notamment la question des ressources propres à l’UE (lettre ouverte n°I),

- la gouvernance économique et en particulier la nécessaire inclusion dans les Traités de dispositions claires et complètes à cet effet (lettre ouverte n°II),

- la suppression complète du droit de veto au sein du Conseil, notamment pour la révision des traités (lettre ouverte n°III).

Les prochaines thèmes devraient concerner dans les semaines à venir et toujours en fonction de l’actualité : la création d’une circonscription électorale européenne pour les élections de 2014, la mise en oeuvre d’une véritable diplomatie et défense communautaires telle que prévue par les nouvelles dispositions du Traité de Lisbonne, la constitution d’avant -gardes d’États membres notamment autour de l’Eurogroupe, la définition d’une stratégie d’élargissement de l’UE...

b) A partir de 2014, nous souhaitons oeuvrer pour la reprise du processus constitutionnel européen amorcé par la Convention de 2002, mais interrompu par l’échec du referendum français de 2005.

Pour préparer cette deuxième phase de la campagne, nous organiserons annuellement des « Assises fédéralistes », notamment pour examiner les fondements et modalités du modèle fédéral des « États-Unis d’Europe ». Notre objectif est d’introduire cette question dans le débat politique qui précèdera les renouvellements du Parlement européen, de la Commission et du Président du Conseil européen en 2014.

4. L’UEF-France peut-elle mener seule cette campagne ?

A l’évidence, non.

S’il est de la vocation naturelle de l’UEF de lancer ce type d’initiative, elle n’a pas les moyens de lui donner, seule, une dimension utile. Nous rechercherons donc la collaboration active des autres organisations pro-européennes au niveau français (régional et national) mais aussi européen ( UEF / ME / JEF / etc.)

Nous souhaitons surtout vivement provoquer l’intérêt d’un public aussi large que possible en présentant de propositions susceptibles de faire renaître l’espoir dans l’avenir d’une Europe unie, garante et protectrice des valeurs universelles de paix, de démocratie et de progrès.

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