Retour sur : Fédélectures sur Ulrike Guérot

, par Chloé Fabre

Retour sur : Fédélectures sur Ulrike Guérot

Les Fédé’lectures rassemblent les adhérent-e-s autour d’un texte ou d’un auteur pour mieux connaître sa pensée.

A partir du livre de Jean-François Billeter, Demain l’Europe

Ré-écouter l’interview de Ulrike Guérot sur France Culture : « Une idée républicaine de l’Europe », dans Matières à penser de Frédéric Worms, France Culture, 8 avril 2019
https://www.franceculture.fr/emissions/matieres-a-penser/matieres-a-penser-emission-du-lundi-08-avril-2019

1- Introduction

Ulrike Guérot s’inspire de la notion de République romaine et pas de la démocratie athénienne.
Dans la démocratie athénienne, les représentants sont tirés au sort. Dans la république romaine, il faut faire preuve de ses vertus à diriger.
Actuellement, le tirage au sort, la notion de demos revient. Par exemple, une centaine de citoyen-ne-s ont été tiré au sort pour la convention citoyenne pour le climat.

2- Analyse du texte

« Ce n’est pas le peuple qui crée la république, mais la république qui crée le peuple ».

Dans sa conception, une république est fondée sur le droit. Ulrike Guérot est une disciple d’Habermas, penseur de la philosophie allemande qui a notamment travaillé sur la notion de patriotisme constitutionnel (que les gens soient attachés à l’ensemble de valeur portées par la constitution).

« [parlant de l’Europe] Les Etats qui ont décidé d’établir entre eux une paix durable et de s’unir entre eux de façon à la rendre pérenne étaient des Etats-Nations. Ils incarnaient des nations dont la souveraineté était considérée comme inaliénable. »

S’il y a plusieurs républiques, il y a plusieurs lois, plusieurs Etats-nations, les droits sont inégaux de part et d’autres de la frontière. L’Etat-nation est, pour elle, le principal obstacle à la république européenne.

Pour avoir une république européenne, il faut que les droits soient conférés aux citoyens et il faut se baser sur l’ensemble des citoyens.
Les droits principaux, à mettre en œuvre dans une république, sont :

  • Le droit de vote
  • Le droit devant l’impôt
  • Les droits sociaux

Sur la suppression des Etats-nations
Ulrike Guérot propose de fonder l’Europe sur les régions qui, pour elle, ont une plus grande prégnance historique, avec les villes, que les Etats-nations.
Une critique pourrait être que cette proposition ne tient pas compte de l’attachement « affectif » des gens pour l’Etat-nation, dont la remise en cause est compliquée.
Ulrike Guérot explique dans l’interview sur France culture, que l’identité est d’ordre affectif et que la citoyenneté est d’ordre rationnel. Elle a identifié une cinquantaine de villes européennes qui pourraient jouer le rôle de structuration territoriale.

L’idée que « les Européens seront chez eux dans toute l’Europe » semble, à certains, européano-centrée dans un monde où nous avons vocation à être citoyen du monde.

Question par rapport à l’impôt : pour le droit romain, les citoyens sont citoyens quand ils paient l’impôt. Ca implique qu’ils s’attendent à bénéficier d’un service en contrepartie : par exemple, une protection sociale, une défense européenne.

Sur la méthode pour y arriver, Ulrike Guérot propose la mise en place d’un petit groupe qui grossit et devient une masse et implique la mise en place d’une constituante.
Sa méthode ne mentionne pas la révolution (dans le texte présenté) et elle pourrait être qualifiée de réformiste. D’autres textes montre sa radicalité partisane sur l’égalité sociale qui fait partie de son projet de république européenne.

Conclusion

Et si on invitait Ulrike Guérot, quelles questions voudrions-nous lui poser :

  • Comment mettre en pratique ses propositions : comment passer des idées au monde réel ?
  • Comment en parler aux citoyens ?
  • Quelle articulation des identités ? Comment ne pas recréer des Etats-nations au niveau des régions ?

Partagez cet article

  • Facebook icon
  • Twitter icon
  • +1 icon
  • URL courte :

Rejoignez l'UEF aujourd’hui

Vous souhaitez une Europe fédérale ? Alors agissez dès maintenant en rejoignant l’Union des fédéralistes européens.

Adhérer à l’UEF-France