Colloque « Europe et migrations »

, par Catherine Guibourg, Michel Caillouët

Colloque « Europe et migrations »

Le 9 décembre, dans les locaux de Sciences-Po Aix en Provence, l’UEF (en association avec le Mouvement Européen, Stand up for Europe, le Comité européen de Marseille, la Maison de l’Europe de Provence à Aix…) organisait un colloque sur « Europe et Migrations – Demandeurs d’asile, solidarités. Un défi colossal pour l’humanité et l’Europe ». Ce colloque faisait suite à celui organisé en (décembre) 2016 à Lyon, et vu l’intérêt du sujet pour l’avenir du fédéralisme européen, devrait être suivi par d’autres évènements dans d’autres localités.

Le colloque d’Aix a été suivi par 60 personnes attentives et qui ont exprimé une grande satisfaction en ce qui concerne la qualité des interventions et débats (10 étaient inscrits et se sont excusés). Il s’agit d’une belle performance dans une région ou l’activité fédéraliste était au point mort depuis de longues années : premier événement d’envergure largement réussi ! Les intervenants étaient complémentaires et de qualité : à noter la participation de 2 parlementaires : Anne-Laurence Petel, deputée LREM d’Aix en Provence, et Marie-Christine Vergiat, députée GUE au Parlement européen.

On peut classer les interventions en trois catégories :

1-Intensité du programme migratoire, données factuelles et comparaisons internationales

Michel Caillouët, Marion Larché, et MC Vergiat se sont exprimés sur ces sujets :

  • le phénomène migratoire est endémique aux sociétés humaines depuis l’origine ;
  • la liberté de circuler au niveau mondial s’est étiolée dans la période récente, passeports et visas sont des freins puissants, surtout pour les sociétés du « sud » ;
  • l’intensité du problème doit être relativisée : 240 millions de personnes au niveau mondial (population supérieure à 7 milliards) ;
  • les réfugiés ne représentent que 0,01 % de la population européenne par exemple, et encore moins en France ;
  • mais, trop souvent, les règles de droit, l’asile, sont bafouées et la Convention de Genève de 1951 peine à être appliquée. Les conditions d’accueil, notamment en France sont trop souvent accablantes.

2-Les expériences d’accueil des réfugiés, en France, Italie ou Grèce

Franco Praussello (Gênes), Anne-Marie Hautant (Orange), Christian Salomé (Calais), Alain Feretti (Grambois, Vaucluse), Sylvia Giulini (Athènes et Lesbos, Grèce), se sont exprimés sur ce sujet.

À noter la timidité des Autorités, nationales ou locales, qui rechignent à mettre en œuvre des politiques d’accueil ou d’accompagnement appropriées, sous la pression et intimidation trop souvent de mouvements ou partis extrémistes, pour qui la notion de droits de l’homme n’est que résiduelle.

Il est réconfortant de noter l’engagement de nombreuses associations de terrain, qui, malgré de nombreux freins apportés par les Autorités, réussissent à agir pour maintenir un niveau minimum de dignité humaine dans l’accueil.

3-Les failles politiques pour traiter correctement le problème, que ce soit au niveau français, européen ou mondial.

Sont notamment intervenus sur ce sujet : Edouard Schmidt (Commission européenne), Marion Larché (UEF France), M.-C. Vergiat, et Alain Réguillon (UEF AuRA et Président de la Maison de l’Europe et des Européens de Lyon).

La Commission européenne, n’a qu’une compétence limitée dans le domaine, très peu pour la « gestion des stocks » de compétence nationale, un peu plus pour la « gestion des flux », notamment la gestion des frontières, mais davantage pour les politiques de développement et aides d’urgence (soutien financier).

De nombreuses propositions législatives ont été déposées, mais le Conseil maître de l’ordre du jour, peine à les mettre en pratique. Le Parlement européen n’a que peu de compétences dans le domaine, mais pousse souvent à l’action.

Certaines propositions de la Commission, comme la politique de quotas par pays, sont contestées par certains États-membres réfractaires. La Cour de justice a bien donné raison à la Commission, mais l’application reste difficile.

Sans refonte institutionnelle, dans le sens de plus de solidarités, et donc plus de fédéralisme, la gestion de l’immigration restera très difficile. Mais c’est aussi au niveau mondial qu’une meilleure définition des politiques doit être organisée : des tentatives, encore timides, ont été entamées, mais il est impératif d’aller au-delà.

Le phénomène migratoire restera en effet une réalité, avec un risque d’amplification, l’Europe, et le Monde doivent s’organiser pour y répondre dans les meilleures conditions.

La conclusion de Chloé Fabre (UEF Île-de-France) fait justement appel au philosophe Emmanuel Kant : « l’hospitalité signifie qu’à son arrivée dans le territoire d’autrui, l’étranger ne peut être traité en ennemi… on ne doit pas se montrer hostile envers lui aussi longtemps qu’il se tient paisiblement à sa place… ».

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Voir des photos de l’événement.

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