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	<title>Union des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, UEF-France</title>
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	<description>L'Union des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens (UEF) est un mouvement transpartisan pour cr&#233;er une Europe f&#233;d&#233;rale et une France f&#233;d&#233;rale et renforcer la d&#233;mocratie du local au mondial. Section fran&#231;aise de l'UEF Europe et du mouvement f&#233;d&#233;raliste mondial.</description>
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		<title>Union des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, UEF-France</title>
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		<title>Faire ensemble, mais pas trop !</title>
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		<dc:date>2011-11-04T08:45:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Alain R&#233;guillon</dc:creator>


		<dc:subject>Carnet d'Europe</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cette phrase en forme de titre r&#233;sume les difficult&#233;s d'avancer d'un m&#234;me pas, n&#233;gligeant le fonctionnement des institutions et privil&#233;giant celui du Conseil europ&#233;en soit une approche de plus en plus intergouvernementale de l'Union. Ainsi en est-il de nombre de dossiers qu'il serait plus efficace et plus sage de g&#233;rer de mani&#232;re communautaire. &lt;br class='autobr' /&gt; Aide alimentaire : depuis l'hiver 1986/1987, l'Union accorde un soutien de quelque 500 millions d'euros aux associations caritatives assurant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.uef.fr/carnet-d-europe" rel="tag"&gt;Carnet d'Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette phrase en forme de titre r&#233;sume les difficult&#233;s d'avancer d'un m&#234;me pas, n&#233;gligeant le fonctionnement des institutions et privil&#233;giant celui du Conseil europ&#233;en soit une approche de plus en plus intergouvernementale de l'Union. Ainsi en est-il de nombre de dossiers qu'il serait plus efficace et plus sage de g&#233;rer de mani&#232;re communautaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aide alimentaire :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; depuis l'hiver 1986/1987, l'Union accorde un soutien de quelque 500 millions d'euros aux associations caritatives assurant de quoi nourrir 13 millions de personnes. Cette somme a pris le relais, depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990, des surplus agricoles que la Commission mettait &#224; disposition de ces associations, dont les restaurants du c&#339;ur, Coluche &#233;tant &#224; l'origine de ce vaste mouvement de solidarit&#233;. Cela &#233;tait pris sur le budget de la politique agricole commune repr&#233;sentant 1 % de ce budget et moins de 1 &#8364; par an et par habitant de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six pays (Allemagne, Royaume-Uni, Pays- Bas, R&#233;publique tch&#232;que, Danemark et Su&#232;de) ont engag&#233; un recours devant la Cour de justice de l'Union pour d&#233;noncer ce financement. En droit, le recours &#233;tait fond&#233; et la Cour a rendu un arr&#234;t leur donnant raison. La Commission n'a pas fait appel et les &#201;tats s'appr&#234;taient &#224; ent&#233;riner cette d&#233;cision. Si cela avait &#233;t&#233;, c'est, en France seulement, 130 millions de repas qui n'auraient pas &#233;t&#233; distribu&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'intervention du ministre fran&#231;ais de l'agriculture a permis de surseoir &#224; cette d&#233;cision dans l'attente de pouvoir trouver comment d&#233;gager, sur une autre ligne budg&#233;taire et sans doute au titre de la politique sociale, les moyens utiles &#224; poursuivre cet &#233;lan de solidarit&#233; ; Dix-neuf &#201;tats et 85 % des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens y sont favorables. Une piste est aussi explor&#233;e, celle des surplus jet&#233;s r&#233;guli&#232;rement et en quantit&#233; par les supermarch&#233;s. Un m&#233;canisme europ&#233;en de redistribution des stocks pourrait &#234;tre cr&#233;&#233;. Ce dossier trouvera une issue heureuse, mais il montre comment des pays plut&#244;t favoris&#233;s (sauf peut-&#234;tre la R&#233;publique tch&#232;que) ont une approche comptable de la mise en commun de la solidarit&#233; : il est vrai que dans chacun, l'extr&#234;me droite a connu de forts succ&#232;s &#233;lectoraux ces derni&#232;res ann&#233;es conduisant au repli sur soi. L'Allemagne est un cas &#224; part. Ces pr&#233;occupations sont certes d'ordre &#233;lectoral, mais vis-&#224; vis d'un affaiblissement de la CDU qui perd r&#233;guli&#232;rement les &#233;lections au fil des scrutins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du dossier &#224; proprement parler, la question qui se pose est : &#171; Comment se fait- il que dans la premi&#232;re puissance commerciale au monde, celle qui d&#233;tient un cinqui&#232;me de la richesse mondiale, il y ait autant de pauvres ! &#187;. La crise ne va pas corriger cette anomalie !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les OGM divisent toujours autant. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La justice europ&#233;enne condamne le moratoire fran&#231;ais sur les OGM pour des raisons techniques, l'arr&#234;t de f&#233;vrier 2008 instituant une clause de sauvegarde n'ayant pas &#233;t&#233; argument&#233; sur le bon fondement juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le Conseil d'&#201;tat qui a saisi la Cour suite au recours des semenciers, dont Monsanto, le fabriquant du ma&#239;s MON810.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France prendra donc un autre arr&#234;t se fondant sur le bon argument juridique, mais cela demandera du temps consid&#233;rant les r&#233;f&#233;rences &#224; justifier d'un point de vue de sant&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette affaire, comme le projet de directive pr&#233;sent&#233; en juillet 2010 par le commissaire europ&#233;en &#224; la sant&#233;, les points de vue ne sont pas identiques entre les Vingt-sept. Cela est &#224; un tel point, que la directive va donner le droit de cultiver des OGM en Europe, laissant aux &#201;tats le soin d'en d&#233;cider autrement. Ainsi, la porte est grande ouverte aux semenciers pour d&#233;velopper un march&#233; qui, bien au-del&#224; des aspects li&#233;s &#224; la sant&#233; et plus sans doute, pose la question de l'ind&#233;pendance des agriculteurs qui ne seront plus &#224; m&#234;me de produire leurs propres semences et donc, se pose la question de l'ind&#233;pendance de l'approvisionnement alimentaire en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les OGM ne sont sans doute pas &#224; condamner totalement, mais leur prolif&#233;ration doit &#234;tre l'objet d'un d&#233;bat plus s&#233;rieux entre les Vingt-sept, d&#233;bat qui doit prendre en compte les aspects li&#233;s &#224; la sant&#233; et &#224; l'alimentation, &#224; l'&#233;conomie, au social, &#224; l'environnement et &#224; l'am&#233;nagement du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;bat doit &#234;tre initi&#233; par le Parlement europ&#233;en, la Commission ayant d&#233;cid&#233; de ne pas affronter les &#201;tats et de ne pas contrarier les semenciers !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Libye et Palestine : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;le rendez-vous manqu&#233; de la D&#233;fense et de la diplomatie europ&#233;enne. L'initiative franco-britannique a mis les partenaires de l'Union devant le fait accompli. La r&#233;ticence de l'Allemagne &#224; s'engager dans un conflit arm&#233; et la timidit&#233; de beaucoup d'autres &#201;tats ont eu raison d'une position commune quant &#224;l'intervention en Libye. Cette intervention a cependant montr&#233; les limites des moyens militaires de la France et de la Grande-Bretagne qui, sans les moyens de l'OTAN, notamment des Am&#233;ricains, n'auraient pas connu le m&#234;me succ&#232;s. La France en a tir&#233; tr&#232;s t&#244;t les le&#231;ons en proposant avec la Pologne, la cr&#233;ation d'un QG europ&#233;en, proposition aussit&#244;t rejet&#233;e par les Britanniques. Ainsi, &#171; frein&#233;e par les r&#233;ticences de Londres et handicap&#233;e par le blocage de Berlin, l'Europe de la d&#233;fense n'a pu prendre son envol au-dessus de la Libye &#187;, pour reprendre les propos d'Arnaud DANJEAN, pr&#233;sident de la sous-commission d&#233;fense au Parlement europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendez-vous pareillement manqu&#233; lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU au sujet de la cr&#233;ation d'un &#201;tat palestinien. La division entre les Vingt-sept n'a pas permis une position commune malgr&#233; la volont&#233; de Catherine ASHTON, la Haute repr&#233;sentante de l'Union europ&#233;enne. L'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Bulgarie et la R&#233;publique tch&#232;que n'entendent soutenir aucune r&#233;solution. L'Espagne et l'Irlande soutiennent la d&#233;marche palestinienne. L'Autriche veut une r&#233;solution des Vingt- sept. Quant &#224; la France, le Royaume-Uni, la Belgique, le Luxembourg et d'autres, ils pr&#244;nent une solution m&#233;diane qui conf&#232;rerait &#224; la Palestine un statut d'&#201;tat non membre, comme cela est le cas pour le Vatican. C'est d'ailleurs la solution que soutiendra le pr&#233;sident fran&#231;ais lors de son intervention devant l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Bien s&#251;r, les Isra&#233;liens n'en veulent pas car alors, la Palestine aurait la l&#233;gitimit&#233; de saisir la Cour p&#233;nale internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux occasions manqu&#233;es, ce qui est d'autant plus rageant que l'Union est l'un des quatre membres du groupe de contact au Proche orient et l'un des principaux financeurs de la reconstruction en Libye et du fonctionnement de l'Autorit&#233; palestinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces divisions, je pourrais encore citer la divergence sur le budget de l'Union qui conduit la Commission europ&#233;enne &#224; ne pas inscrire les cr&#233;dits utiles au financement d'ITER et du projet GMES (surveillance de la terre), afin de mettre les &#201;tats devant leurs responsabilit&#233;s, ces projets &#233;tant essentiels &#224; l'avenir spatial de l'Union ; citer aussi l'incoh&#233;rence des projets concurrents de gazoducs impliquant la Russie, la Turquie, l'Azerba&#239;djan ou encore le Turkm&#233;nistan, autant de projets qui pourraient &#234;tre compl&#233;mentaires pour peu que l'Union veuillent se doter d'une politique &#233;nerg&#233;tique commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est attristant et montre bien que l'Union institutionnelle est aujourd'hui en panne, plus aucun capitaine ne tenant la barre, ni n'ayant de cap pr&#233;cis &#224; atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La zone euro est mise &#224; mal par la frilosit&#233; des &#201;tats.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette frilosit&#233; est de deux ordres. Le premier est d&#251; &#224; la difficult&#233;, mais aussi &#224; la volont&#233; ou &#224; l'incapacit&#233; des &#201;tats en difficult&#233; de r&#233;agir pour redresser leur situation. Le second d&#233;coule de la r&#233;ticence des principaux bailleurs &#224; jouer clairement le jeu de la solidarit&#233;. A cela, rien de bien nouveau depuis janvier 2010 si ce n'est que la situation s'aggrave, que les march&#233;s pr&#234;tent de moins en moins &#224; des taux de plus en plus haut et que le manque de visibilit&#233; et de croissance, tout autant que les paroles et initiatives malheureuses, inqui&#232;tent les investisseurs quant &#224; la solidit&#233; des banques europ&#233;ennes qui d&#233;tiennent des dettes souveraines. Il est vrai que ces dettes sont une r&#233;alit&#233; qui s'&#233;l&#232;ve d&#233;sormais &#224; plusieurs centaines de milliards d'euros. Le risque de d&#233;faut est aujourd'hui au plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat, les bourses s'affolent et favorisent la baisse des actions du secteur bancaire europ&#233;en, fragilisant un peu plus encore la situation de la zone euro.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; en sont les pays en difficult&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Gr&#232;ce toujours tr&#232;s fragile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Gr&#232;ce, la situation est devenue intenable et la Tro&#239;ka (FMI, Union europ&#233;enne et BCE) d&#233;nonce l'apathie du gouvernement qui ne ma&#238;trise plus vraiment la situation. La r&#233;forme de l'administration d'&#201;tat ne donne pas de r&#233;sultat et celle-ci est incapable d'assurer les rentr&#233;es fiscales annonc&#233;es, ni d'enrayer le nombre de fonctionnaires dont 1 sur 10 seulement devrait &#234;tre recrut&#233; (pr&#233;vision de moins 100 000 d'ici &#224; 2015). En 2ans, 25 000 fonctionnaires suppl&#233;mentaires ont &#233;t&#233; recrut&#233;s, la Gr&#232;ce en comptant entre 14 et 24 % de sa population active (le chiffre n'arrive m&#234;me pas &#224; &#234;tre &#233;valu&#233; correctement), soit presque autant que la France avec ses 20 % pour une population 6 fois plus importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les promesses de privatisation ne sont pas tenues faute de pouvoir recenser correctement les biens concern&#233;s et, autre travers, l'imp&#244;t sur l'immobilier ne touchera pas les biens de l'&#201;glise orthodoxe dont les 10 000 popes et leurs &#233;v&#234;ques sont r&#233;mun&#233;r&#233;s par l'&#201;tat, ce qui co&#251;te quelque 220 millions euros au budget : l'&#201;glise grecque est une &#201;glise nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette situation, les bailleurs h&#233;sitent &#224; verser la sixi&#232;me tranche du premier pr&#234;t de 110 milliards d'euros d&#233;cid&#233; en mai/juin 2010, soit 8 milliards au mois d'octobre ; les ministres des finances de la zone euro r&#233;unis le 3 octobre ont d&#233;cid&#233; de reporter le versement mi-novembre, ce qui ne va pas arranger la situation du pays. Autre danger, le FMI menace de se retirer si le gouvernement grec ne prend pas les mesures utiles et, bien que celui-ci annonce de nouvelles coupes dans les d&#233;penses, la prudence reste la r&#232;gle. Le vote favorable du Bundestag, tout autant que la d&#233;cision favorable de la Cour constitutionnelle &#224; aider la Gr&#232;ce et &#224; soutenir le FESF a donn&#233; un peu d'espoir et les march&#233;s se sont d&#233;tendus ; mais cela a &#233;t&#233; de courte dur&#233;e quant il fut connu que la Finlande, pour prix de son soutien, n&#233;gociait avec le gouvernement hell&#232;ne une garantie sp&#233;cifique lui assurant un retour sur investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pour clore sur une note optimiste, le gouvernement de M PAPANDREOU vient de d&#233;cider de r&#233;aliser un vaste parc photovolta&#239;que permettant &#224; Ath&#232;nes d'exporter son soleil sous forme d'&#233;nergie vers les autres pays de l'Union. 200 km2 de terrain vont &#234;tre mis &#224; disposition et 20 milliards d'euros d'investissement sont n&#233;cessaires. Ce projet est soutenu par la Commission europ&#233;enne et des investisseurs se sont d&#233;j&#224; rapproch&#233;s de l'op&#233;rateur d'&#233;lectricit&#233; grec DEI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela n'emp&#234;che toujours pas certains de vouloir sortir la Gr&#232;ce de la zone euro, ce dont personne n'a int&#233;r&#234;t tant cela donnerait un mauvais signe aux march&#233;s, avec le risque d'entrainer d'autres pays fragiles. Ce serait d'autant plus stupide, que les banques d&#233;tenant des dettes souveraines sont d&#233;sormais pr&#234;tes &#224; faire un effort suppl&#233;mentaire et &#224; aller vers une perte plus important que les 21 % n&#233;goci&#233;s au mois de juillet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La dette italienne devient un risque pour la zone euro&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On le craignait depuis des mois sans vouloir vraiment y croire, mais l'Italie &#224; son tour est touch&#233;e par la crise avec un endettement de 120 % du PIB soit 32 000 &#8364; par habitant. En l'espace de deux mois et le montage de deux plans de rigueur, les Italiens sont soumis &#224; des mesures d'&#233;conomie atteignant 144 milliards d'euros d'ici &#224; 2015. Les banques italiennes sont les premiers cr&#233;anciers de l'&#201;tat avec plus de 150 milliards d'obligations. Elles sont suivies par les banques fran&#231;aises (105 milliards) et allemandes (51 milliards). Tout cela venant s'ajouter aux quelques 200 milliards d&#233;tenus sur les obligations grecques, portugaises et irlandaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures prises vont concerner la baisse des cr&#233;dits allou&#233;s aux minist&#232;res et aux collectivit&#233;s locales (moins 46 milliards), les &#233;conomies faites dans le domaine social (36 milliards), la taxation des revenus de plus de 300 000 &#8364; et la hausse d'un point de TVA passant de 20 &#224; 21 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, le gouvernement a du mal &#224; se d&#233;tacher du client&#233;lisme &#233;lectoral ou encore de lutter efficacement contre la fraude fiscale qui repr&#233;sente, annuellement, 8 % du PIB. Les tergiversations du pr&#233;sident du Conseil italien et le peu de croissance pr&#233;vue pour 2012 par le FMI (0.3%), ne rassurent pas les march&#233;s qui pr&#234;tent d&#233;sormais &#224; pr&#232;s de 6% alors que la France et l'Allemagne sont &#224; moins de 3 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;gradation de la note italienne ajoute &#224; l'inqui&#233;tude et porte un rude coup &#224; l'ensemble de la zone euro. L'Italie est un poids lourds qui ne pourra pas &#234;tre encore longtemps soutenu par la BCE intervenant pour racheter les dettes. Le Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re n'est pas encore op&#233;rationnel pour se substituer &#224; la BCE et soutenir les pays en difficult&#233;. La situation de l'Italie, s'agr&#233;geant &#224; celles de la Gr&#232;ce, de l'Irlande et du Portugal, fragilise grandement la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Espagne et Portugal, une situation toujours difficile&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons de l'apprendre, le Portugal doit faire face &#224; un d&#233;ficit plus important qu'annonc&#233; de sa province autonome Mad&#232;re. Cela n'arrange pas ses affaires d&#233;j&#224; bien compliqu&#233; et creuse un peu plus un endettement qu'un plan s&#233;rieux de restrictions &#233;tait en passe de corriger. Il est trop t&#244;t pour mesurer l'importance de cette tricherie, mais cela n'est pas fait pour rassurer les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Espagne aussi se bat contre ses provinces pour obtenir les vrais chiffres des dettes et d&#233;ficits. Cela est d'autant plus important que le sauvetage en cours de nombreuses banques (Caisses d'&#233;pargne) et la restructuration du secteur bancaire ib&#233;rique sont un &#233;l&#233;ment clef quant au sursaut de ce pays dont la fragilit&#233; &#233;conomique et financi&#232;re est accentu&#233;e par un ch&#244;mage &#224; 21 %. Les derni&#232;res &#233;missions d'emprunts ont montr&#233; les limites de la confiance avec des pr&#234;teurs moins nombreux et des taux des cr&#233;dits ne cessent de monter (5.17%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, l'Espagne tient le cap des r&#233;formes structurelles et de ses plans de rigueur, mais elle reste un partenaire fragile qui a bien besoin du soutien de la BCE qui, par l'achat de dettes souveraines, lui a permis d'&#233;conomiser pr&#232;s de 40 millions d'euros sur des remboursements de cr&#233;dits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le co&#251;t du financement &#224; 10 ans dans la zone euro est un r&#233;el probl&#232;me avec des disparit&#233;s marquantes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Taux au 1er septembre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Allemagne : 2.14&lt;br class='autobr' /&gt;
France : 2.87&lt;br class='autobr' /&gt;
Belgique : 4.04&lt;br class='autobr' /&gt;
Espagne : 5.05&lt;br class='autobr' /&gt;
Italie : 5.15&lt;br class='autobr' /&gt;
Irlande : 8.56&lt;br class='autobr' /&gt;
Portugal : 10.14&lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#232;ce : 17.77&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pr&#233;sident de la BCE fustige les &#201;tats et demande une r&#233;vision du trait&#233; de Lisbonne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La situation de la zone euro est &#224; un tel point de difficult&#233; que le pr&#233;sident de la BCE, comme son successeur, parle ouvertement de renforcer la coordination de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait s'y attendre. Depuis le d&#233;but de la crise, Jean-Claude TRICHET ne cesse de r&#233;p&#233;ter que la coh&#233;sion des Dix-sept est la clef de toute sortie de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCE a jou&#233; les pompiers de service face &#224; l'inertie des &#201;tats et &#224; la mauvaise volont&#233; de certains pays, Allemagne en t&#234;te. La responsabilit&#233; des &#201;tats n'est pas mince et le pr&#233;sident de la BCE, enfin, le d&#233;nonce ouvertement. Allemagne, France, Italie, ce sont eux qui, en 2005, ont impos&#233; l'assouplissement des r&#232;gles de Maastricht pour des raisons conjoncturelles. Cons&#233;quences : dettes et d&#233;ficit ont fil&#233; sans aucun contr&#244;le, sans aucune alerte, sans m&#234;me la moindre inqui&#233;tude tant chacun &#233;tait persuad&#233; de sa capacit&#233; &#224; rebondir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation que conna&#238;t aujourd'hui la zone euro est largement due &#224; cette l&#233;g&#232;ret&#233;, &#224; moins qu'il ne s'agisse d'incomp&#233;tence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCE, se substituant aux &#201;tats, a limit&#233; les effets de la crise en achetant des dettes souveraines, ce que son mandat ne pr&#233;voyait pas. Elle d&#233;tient d&#233;sormais 129 milliards d'euros de dettes, dont 50 acquis ces deux derniers mois sur l'Espagne et l'Italie. Par le maintien de son taux directeur &#224; 1.50 %, elle a enray&#233; une tendance inflationniste qui aurait augment&#233; les difficult&#233;s, ce qui ne l'emp&#234;che pas d'annoncer qu'elle pourrait &#224; nouveau le baisser si la conjoncture venait &#224; favoriser une r&#233;cession. Ce que dit ouvertement aujourd'hui M TRICHET, et il est soutenu en cela par Mario DRAGHI son successeur au 1er novembre, c'est qu'il faut engager une r&#233;vision tr&#232;s s&#233;rieuse du trait&#233; de Lisbonne qui redonne la main aux institutions europ&#233;ennes (Commission, Parlement et euro-groupe). Les mesures qu'ils demandent sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une surveillance mutuelle des politiques &#233;conomiques nationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une surveillance plus &#233;troite des &#233;volutions budg&#233;taires nationales pouvant entra&#238;ner une mise sous tutelle en cas de d&#233;faillance d'un &#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'am&#233;liorer la comp&#233;titivit&#233; des &#233;conomies nationales afin de corriger les disparit&#233;s en termes de croissance et d'emploi.&lt;br class='autobr' /&gt;
De renforcer les pouvoirs de la Commission et de l'Euro-groupe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autant de mesures qui ne font pas l'unanimit&#233; entre les &#201;tats, bien que tous soient conscients qu'un saut qualitatif dans la gouvernance de la zone euro est d&#233;sormais incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re et euro-bonds&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;cisions prises le 21 juillet devraient pouvoir &#234;tre r&#233;affirm&#233;es lors du Conseil europ&#233;en des 17 et 18 octobre. Trois &#201;tats doivent encore se prononcer sur la transformation du statut du FESF : les Pays- Bas, la Slovaquie et Malte. Le r&#233;sultat le plus incertain est celui de la Slovaquie tant le d&#233;bat est tendu : &#171; pourquoi un pays moins riche que la Gr&#232;ce devrait contribuer &#224; payer ses erreurs ? &#187; c'est l'argument qu'utilisent nombre de parlementaires slovaques, toutes familles politiques confondues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir est grand cependant de pouvoir actionner ce fonds rapidement, bien que sa dotation (440 milliards qui pourrait &#234;tre port&#233;e &#224; 500 milliards) ne suffira pas &#224; intervenir en Italie et en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ces deux pays repr&#233;sentent respectivement 17 et 12 % du PIB de la zone euro, soit 4 500 milliards d'euros avec un besoin de financement annuel de 320 milliards, ce qui n'est pas dans les capacit&#233;s de soutien du FESF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une possibilit&#233; s'offre n&#233;anmoins &#224; court terme. Celle de garantir de nouvelles &#233;missions &#224; hauteur de 20 % de la dette souscrite par les investisseurs. Cette formule permettrait de pouvoir garantir des &#233;missions jusqu'&#224; 1.5 milliards d'euros, mais cette formule reste insuffisante consid&#233;rant les besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario que les investisseurs commencent &#224; &#233;tudier est celui des euro- bonds. Bien sur, cela n'est pas &#224; l'ordre du jour et l'Allemagne y est toujours oppos&#233;e, car cela supposerait que l'on mutualise les dettes. Pour autant, l'id&#233;e fait son chemin. L'avantage d'un tel m&#233;canisme est qu'il ferait baisser le loyer de l'argent et ainsi faciliterait les ajustements budg&#233;taires et aiderait une restructuration durable des finances publiques. Mais, pour une r&#233;elle efficacit&#233;, il faudrait que les encours de la dette soient transform&#233;s en euro-bonds afin d'&#233;viter une trop grande diversit&#233; des titres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de rappeler que d&#232;s le mois de d&#233;cembre 2010, le pr&#233;sident de l'euro- groupe et le ministre italien des finances proposaient de substituer aux obligations d'&#201;tat des euro-obligations &#224; hauteur de 40% du PIB de chaque pays. Cela aurait conduit &#224; une f&#233;d&#233;ralisation des dettes, comme cela est le cas pour la monnaie. Mais ni le pr&#233;sident fran&#231;ais, ni la chanceli&#232;re allemande n'ont voulu en entendre parler. Leur r&#233;ticence &#224; l'&#233;gard de tout transfert nouveau de souverainet&#233; est une faute dans une p&#233;riode o&#249; seule plus de solidarit&#233; peut faciliter la sortie de crise. Par ailleurs, une telle opportunit&#233; aurait eu des effets b&#233;n&#233;fiques sur leur propre budget puisqu'il n'aurait pas alourdi leur endettement comme c'est le cas avec le FESF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La cr&#233;ation d'euro-obligations donnerait &#224; l'Europe tout enti&#232;re l'&#233;lan dont elle a besoin pour retrouver le chemin de la croissance &#187; ainsi s'exprimait Andr&#233; GAURON, &#233;conomiste et ancien conseiller de Pierre BEREGOVOY dont il rappelle qu'en 1990, lors de la n&#233;gociation du trait&#233; de Maastricht, celui-ci r&#233;clamait d&#233;j&#224; un v&#233;ritable gouvernement &#233;conomique europ&#233;en !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, les euro-bonds viendront par la force des choses, mais plus on attendra et plus il sera difficile de redresser la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est en tout cas &#233;vident que toute &#233;volution ne peut s'envisager sans une r&#233;forme profonde du trait&#233; tel que le propose le pr&#233;sident TRICHET. Cette r&#233;forme doit renforcer la dimension communautaire de la gouvernance au d&#233;triment du Conseil europ&#233;en. Pour autant, le nouveau syst&#232;me &#224; mettre en place ne doit pas &#233;carter la repr&#233;sentation des citoyens, c'est-&#224;-dire les parlements nationaux et le Parlement europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait encore beaucoup &#224; dire tant l'actualit&#233; de septembre est dense. Il aurait fallu parler des manifestations nombreuses en Gr&#232;ce, en Espagne, en Italie, au Portugal. Il aurait fallu parler encore du dossier des banques qui restent une pierre ma&#238;tresse dans le r&#232;glement des dettes souveraines et dans l'apport des liquidit&#233;s indispensables au fonctionnement de l'&#233;conomie et aux besoins des particuliers. Mais nous aurons l'occasion d'&#233;voquer ces sujets lors de prochaines soir&#233;es sur l'actualit&#233;, notamment le 21 novembre &#224; la mairie du 7&#232;me arrondissement avec Alain MALEGARIE et de nouveau le 7 d&#233;cembre &#224; la Maison de l'Europe et des Europ&#233;ens pour le point trimestriel sur la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour clore cette pr&#233;sentation de l'actualit&#233; europ&#233;enne de septembre, je dirai, une fois encore, que ce n'est pas avec moins d'Europe que nous nous en sortirons, mais avec une Europe plus soud&#233;e, plus int&#233;gr&#233;e, plus solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain R&#233;guillon&lt;br class='autobr' /&gt;
4 octobre 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le fonctionnement de plus en plus intergouvernemental de l'Union ne permet m&#234;me plus de prendre les bonnes d&#233;cisions au bon moment</title>
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		<dc:date>2011-10-04T07:38:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Carnet d'Europe</dc:subject>

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&lt;p&gt;La crise n'en finit pas et, malgr&#233; les d&#233;cisions de l'&#233;t&#233;, les attaques contre la zone euro ne s'apaisent pas. Au-del&#224; de la crise, le fonctionnement de plus en plus intergouvernemental de l'Union ne permet m&#234;me plus de prendre les bonnes d&#233;cisions au bon moment que ce soit dans les domaines spatial, de la d&#233;fense, de la diplomatie, sur le dossier des OGM ou encore celui de l'&#233;nergie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;tats sont d&#233;sesp&#233;rant et les institutions (Commission et Parlement) ne sont pas &#224; la hauteur de leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.uef.fr/carnet-d-europe" rel="tag"&gt;Carnet d'Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise n'en finit pas et, malgr&#233; les d&#233;cisions de l'&#233;t&#233;, les attaques contre la zone euro ne s'apaisent pas. Au-del&#224; de la crise, le fonctionnement de plus en plus intergouvernemental de l'Union ne permet m&#234;me plus de prendre les bonnes d&#233;cisions au bon moment que ce soit dans les domaines spatial, de la d&#233;fense, de la diplomatie, sur le dossier des OGM ou encore celui de l'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats sont d&#233;sesp&#233;rant et les institutions (Commission et Parlement) ne sont pas &#224; la hauteur de leurs responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une actualit&#233; morose donc, mais l'espoir d'un sursaut demeure...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Crise &#233;conomique de la zone euro, l'Europe &#224; la crois&#233;e des chemins : f&#233;d&#233;ralisme ou dislocation ?</title>
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		<dc:date>2011-07-06T07:29:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Carnet d'Europe</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'actualit&#233; reste ce mois-ci, et comme nous en avons pris l'habitude depuis un an maintenant, tr&#232;s &#233;conomique, centr&#233;e sur la crise de la zone euro via ses dettes publiques. Crise certes, qui fait d'ailleurs avancer (un peu) l'Europe. Car l'Europe avance (solidarit&#233; oblig&#233;e) sur d'autres sujets majeurs, et on commencera par en citera quelques uns. &lt;br class='autobr' /&gt;
1/ la Pr&#233;sidence polonaise du Conseil de l'Union, depuis le 1er juillet, dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, a des projets, ce qui fait du bien en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'actualit&#233; reste ce mois-ci, et comme nous en avons pris l'habitude depuis un an maintenant, tr&#232;s &#233;conomique, centr&#233;e sur la crise de la zone euro via ses dettes publiques. Crise certes, qui fait d'ailleurs avancer (un peu) l'Europe. Car l'Europe avance (solidarit&#233; oblig&#233;e) sur d'autres sujets majeurs, et on commencera par en citera quelques uns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ la&lt;strong&gt; Pr&#233;sidence polonaise du Conseil de l'Union&lt;/strong&gt;, depuis le 1er juillet, dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, a des projets, ce qui fait du bien en cette p&#233;riode plus que morose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs de cette pr&#233;sidence sont ambitieux, apr&#232;s les pr&#233;sidences ternes de la Tch&#233;quie et de la Hongrie, eurosceptique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Pologne va traiter un &#233;norme dossier technique et strat&#233;gique : le budget europ&#233;en 2014-2020. Elle veut un budget fort pour am&#233;liorer la comp&#233;titivit&#233; de l'&#233;conomie de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Pologne est en croissance, avec l'aide de fonds europ&#233;ens substantiels. Elle luttera aussi pour conserver une politique agricole commune performante. La Pologne va &#233;galement finaliser le processus d'adh&#233;sion de la Croatie &#224; l'UE. Elle veut aussi entamer des n&#233;gociations d'adh&#233;sion avec la Serbie (apr&#232;s l'arrestation du criminel de guerre et de l'humanit&#233; Ratko MADLIC). Elle organisera enfin un partenariat oriental avec les pays est-europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ &lt;strong&gt;Le 28e pays arrive. &lt;/strong&gt; La Croatie a termin&#233; ses n&#233;gociations d'adh&#233;sion avec l'UE. Cependant, les gouvernements nationaux ont d&#233;cid&#233; que la Croatie ne rentrerait dans l'Union que &#8230; le 1er juillet 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De qui se moque-t-on ? Pourquoi attendre deux ans alors que les examens sont finis, et r&#233;ussis ? Ne serait-ce pas parce que deux grands pays, France et Allemagne, ont &#171; leur &#187; &#233;lection locale, respectivement en mai 2012 et au printemps 2013 ? Cela &#233;vitera aussi de parler d'Europe, et d'avoir &#224; commenter l'adh&#233;sion d'un 28&#232;me pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ &lt;strong&gt;Le gouvernement danois veut l'euro&lt;/strong&gt;. L'Islande aussi, avant m&#234;me de rentrer dans l'UE ! Mais cela n'est pas possible. Il faut d'abord rejoindre l'UE puis (si les crit&#232;res sont remplis) l'euro. En tout cas, cela prouve bien que tout le monde veut se prot&#233;ger, gr&#226;ce &#224; l'euro&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ &lt;strong&gt;Mario DRAGHI, futur Pr&#233;sident de la BCE&lt;/strong&gt;. Il succ&#233;dera le 1er novembre 2011 au fran&#231;ais Jean-Claude Trichet. Ce ne sera donc pas l'allemand Axel Weber, longtemps pressenti. Ainsi, quand ils veulent, les dirigeants europ&#233;ens savent anticiper, s'entendre, et aller tr&#232;s vite au consensus (comme pour la direction du FMI, d'ailleurs). Mais ils sont beaucoup plus lents lorsqu'ils doivent perdre &#8211; un peu - de leur souverainet&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mario DRAGHI est un homme de rigueur mon&#233;taire et budg&#233;taire, encore plus que Trichet. C'est un &#171; faucon mon&#233;taire &#187;. Il fera une politique stricte en faveur de l'euro fort et respect&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il est aussi un Europ&#233;en convaincu, qui plaidera pour une Europe unie, et il sera sur la m&#234;me ligne que Trichet : rigoureux, mais sachant assouplir sa politique et aider les pays en crise, s'il le faut. J'y reviendrai tout &#224; l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, la BCE fera le lien avec LE sujet de la soir&#233;e : la situation &#233;conomique et financi&#232;re de l'UE, et plus particuli&#232;rement de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon plan sera simple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyse de la crise grecque (et des autres) et ses cons&#233;quences&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Europe au pied du mur : une solution f&#233;d&#233;raliste, ou la fin de l'Histoire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les scenarii catastrophes&lt;br class='autobr' /&gt;
La crise des dettes souveraines, voire la crise tout court depuis 2008 (&#233;conomique, financi&#232;re, sociale) a r&#233;v&#233;l&#233; un peu plus ce dont on se doutait depuis longtemps : l'Union Mon&#233;taire ne suffit pas, surtout par gros temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut l'Union Economique et Mon&#233;taire, puis aller le plus vite possible vers l'Union politique. Bref, passer de l'UM &#224; l'UEM, pour aboutir &#224; &#171; l'UP &#187;,donc, le f&#233;d&#233;ralisme, terme peut &#234;tre moins tabou (merci la crise) mais encore largement iconoclaste aupr&#232;s de nos compatriotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les concepteurs de l'euro savaient que la monnaie n'&#233;tait que la premi&#232;re &#233;tape d'un long processus d'int&#233;gration. Et ils l'avaient bien expliqu&#233; aux Politiques des ann&#233;es 1990. Mais leurs successeurs ont fait la sourde oreille, et ont pr&#233;f&#233;r&#233; pratiquer la &#171; m&#233;thode Cou&#233; &#187;. Une fois l'euro cr&#233;&#233;, en 1999, ils ont cru que les &#171; r&#233;gulations &#187; &#233;conomiques entre les pays de la zone euro allaient se faire &#171; automatiquement &#187;. Pire, ils ont profit&#233; de l'euro pour d&#233;penser &#224; tout va, sans investissement d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, endett&#233;s &#171; jusqu'&#224; l'os &#187;, ils colmatent, rusent, tergiversent. Idiot, et dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro est une monnaie exigeante, qui se m&#233;rite ! Elle exige rigueur et solidarit&#233;. La plupart des dirigeants ont profit&#233; de l'euro, de sa stabilit&#233;, de son r&#244;le de bouclier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les &#187; crises ont r&#233;v&#233;l&#233; aussi que l'euro, cette r&#233;ussite exemplaire &#233;tait tellement une monnaie forte, solide, efficace, qu'elle en devenait presque inadapt&#233;e pour des &#233;conomies fragiles, faibles et &#224; faible convergence &#233;conomique et budg&#233;taire (= les pays p&#233;riph&#233;riques ou du &#171; Club Med &#187;) avec les pays forts, rigoureux et performants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, l'euro est tellement brillant (1,45 contre 1 $) qu'il en devient un probl&#232;me (pour les petits pays d'abord). L'euro est un anesth&#233;siant. Le &#171; malade &#187; ne le sait pas, car il n'a pas besoin de d&#233;valuer. Il vit &#224; cr&#233;dit tr&#232;s longtemps. Mais un jour, il doit quand m&#234;me rembourser&#8230; les ennuis commencent s'il n'a rien &#224; vendre ! &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que faire ?&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Exclure les faibles ? Ce ne serait pas un probl&#232;me &#233;conomique, mais un probl&#232;me moral et politique. L'Europe se diviserait. Alors qu'un Etat f&#233;d&#233;ral prot&#233;gerait les faibles ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Echelonner les dettes ? La BCE est contre car ce serait un mauvais signal envoy&#233; aux pr&#234;teurs, mais ce sera peut-&#234;tre n&#233;cessaire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les aider davantage ? Oui, mais qui ? Le contribuable ou les banques ? Bref, le public ou le priv&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les forcer &#224; devenir efficaces et rigoureux ? Indispensable. Ils n'ont pas le choix.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les deux &#224; la fois ? Sans aucun doute.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Et que r&#233;pliquer aux extr&#233;mistes politiques (et &#233;conomistes) qui pr&#244;nent un retrait de l'euro ? Pure folie et d&#233;magogie. On se doit de les combattre par des faits, des chiffres incontestables. Ils ont tort, et sont des d&#233;mago-populistes. Car l'euro est une r&#233;ussite exemplaire, la deuxi&#232;me monnaie du monde : 27% des r&#233;serves mondiales de change, et ce n'est pas fini ! Car tout le monde veut de l'euro, pays riches comme pays &#233;mergents. L'euro a cr&#233;&#233; 9 millions d'emplois net dans la zone euro de 1999 &#224; 2010 ! (plus que de 1990 &#224; 1999 : 7,1 millions nets) la stabilit&#233; des prix (environ 2%) un taux d'int&#233;r&#234;t incroyablement bas la simplification (plus de frais de change, d'attente aux fronti&#232;res pour les routiers, etc.). L'Euro est aussi un &#233;l&#233;ment identitaire europ&#233;en (312 millions d'Europ&#233;ens partagent la m&#234;me monnaie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A pr&#233;sent, examinons dans le d&#233;tail le plan annonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I &#8211; la crise grecque et ses cons&#233;quences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;a) La situation en Gr&#232;ce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2011, la dette publique grecque atteindra 350 milliards d'euros, soit 150% de son PIB, 3,7% du PIB de la zone euro, et 2,4% du PIB de l'UE. C'est beaucoup pour ce pays qui ne produit pas grand-chose. Mais c'est marginal par rapport &#224; la puissance &#233;conomique de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette publique de la France est &#224; 1 600 milliards, et celle de l'Autriche &#224; 210 milliards. Par comparaison, au Japon, la dette repr&#233;sente 200% de son PIB (soit 8 000 milliards de dollars). Mais ce n'est pas trop un probl&#232;me car le Japon finance ses pr&#234;ts &#224; 2% seulement et sa dette reste nationale. La dette des &#201;tats-Unis est &#224; &#8230; 14 400 milliards de dollars, soit 10 000 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, pas catastrophique pour l'Europe, car il n'y aura pas d'effet &#171; domino &#187;. Mais catastrophique pour la Gr&#232;ce, car il n'y a pas de solution. Si on annule la dette grecque, ce sera la col&#232;re des opinions publiques europ&#233;ennes, (car les banques et les contribuables devraient payer) et la perte de confiance dans la conduite des politiques europ&#233;ennes par les march&#233;s et les agences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me grec est un probl&#232;me de croissance, d'&#233;conomie, de production. Que fabriquent les Grecs ? Rien ! Ils vivent avec l'argent de Bruxelles : les fonds structurels europ&#233;ens repr&#233;sentent 3 000 &#8364; par foyer et par an depuis 30 ans. Ils vivaient de l'assistanat total. Au total, la Gr&#232;ce a re&#231;u 46 milliards d'euro de fonds europ&#233;ens depuis 2000. Depuis 30 ans, ils ont fait des investissements de confort, et pas de production&#8230; Et ils ont maquill&#233; les chiffres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut une r&#233;volution &#233;conomique et m&#234;me culturelle profonde, s&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise n'est pas s&#233;par&#233;e de l'&#201;tat. Or elle dispose d'un capital immobilier &#233;norme, qui r&#233;sorberait la dette, s'il &#233;tait vendu. Il faudrait faire un cadastre immobilier (qui n'existe pas) et faire payer des imp&#244;ts sur les immeubles. L'&#201;tat grec ne sait m&#234;me pas ce qu'il poss&#232;de. Il n'y a pas d'&#233;conomie structur&#233;e et diversifi&#233;e (la Gr&#232;ce exporte de l'huile d'olive, mais pas de machines outils). Fraude fiscale massive : syst&#232;me D, corruption (&#233;norme) et, travail au noir. 15% de la population est fonctionnaire, et a deux jobs (fonctionnaire jusqu'&#224; 16h, puis chauffeur de taxi). Il faudrait restructurer l'&#233;conomie, investir dans la recherche, l'innovation.&lt;br class='autobr' /&gt;
La solution : plus travailler, plus produire, pour trouver des recettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit budg&#233;taire a quand m&#234;me &#233;t&#233; r&#233;duit : 9,4% en 2010 contre 15,4% en 2009. Les pr&#233;visions pour 2011 se situent autour de 7,5%. La dette, elle, continue &#224; s'alourdir : 126,8% de son PIB en 2009 ; 143% en 2010 ; pr&#233;vision de 153% en 2011&#8230; Le cauchemar. Et 3&#232;me ann&#233;e cons&#233;cutive de r&#233;cession.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sultat : notation &#171; CCC &#187; pour la Gr&#232;ce par les agences de notation (Pour le Portugal, l'agence Moody's a d&#233;grad&#233; la note en BBB-). Cons&#233;quence, le cr&#233;dit sera plus cher&#8230; C'est logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) L'aide apport&#233;e &#224; la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier pr&#234;t communautaire de 110 milliards d'euro, en mai 2010. Mais au bout de 5 mois, la Gr&#232;ce ne satisfaisait pas aux exigences du plan de rigueur. D'o&#249; de nouvelles d&#233;gradations de sa notation (CCC).&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la Gr&#232;ce sort de l'euro, ce sera dramatique&#8230; pour les Grecs : inflation import&#233;e, massive, avec un drachme qui sera tr&#232;s faible par rapport &#224; l'euro. Sa dette sera donc plus ch&#232;re &#224; rembourser. Mais ce sera aussi un tr&#232;s mauvais signal politique au monde sur la d&#233;sunion europ&#233;enne. Ce n'est pas le moment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Restructurer devrait co&#251;ter 100 milliards par an, pas plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Allemagne exige que les cr&#233;anciers priv&#233;s (les banques, les assurances) participent &#224; l'effort de r&#233;&#233;chelonnement de la dette grecque. Sinon ce serait les &#201;tats, donc les contribuables europ&#233;ens. La BCE, gardienne de l'orthodoxie mon&#233;taire (stabilit&#233; des prix et cr&#233;dibilit&#233; de l'euro) ne veut pas en entendre parler, arguant du risque de contagion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une initiative fran&#231;aise : les banques fran&#231;aises et le Tr&#233;sor se sont mis d'accord sur une proposition ouvrant la possibilit&#233; de r&#233;investir 70% seulement des sommes re&#231;ues lors des arriv&#233;es &#224; &#233;ch&#233;ance des emprunts grecs. Sur ce montant, 50% seraient allou&#233;s &#224; de nouveaux pr&#234;ts &#233;mis sur une p&#233;riode de 30 ans (et non 5 ans). Les 20% restant seraient plac&#233;s sur des titres &#224; coupons faibles, potentiellement adoss&#233;s &#224; des obligations du Fonds de stabilit&#233; europ&#233;en. Le pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration allemande des banques priv&#233;es, Michael KEMMER a assur&#233; que les banques apporteraient leur contribution &#224; une nouvelle aide des pays de la zone euro &#224; la Gr&#232;ce. Vous voyez bien qu'on va les aider ! Les banques allemandes d&#233;tiennent pr&#232;s de 10 milliards d'euro d'obligations de l'&#201;tat grec en portefeuille. Les banques fran&#231;aises d&#233;tiennent, de leur c&#244;t&#233;, 15 milliards d'euro de dette souveraine grecque. Elles veulent donc r&#233;cup&#233;rer leur mise, au moins une partie. Bref, personne n'aide la Gr&#232;ce pour la beaut&#233; du Parth&#233;non, mais par int&#233;r&#234;t (sans jeu de mot).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) La meilleure solution pour la Gr&#232;ce ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui pr&#233;occupe tout le monde (l'Euro-groupe, la BCE, les march&#233;s, les agences) est simple : la Gr&#232;ce pourra-t-elle rembourser ? Ou faire d&#233;faut ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'option restructuration de la dette : en mars 2011, les dirigeants europ&#233;ens ont d&#233;cid&#233; d'assouplir les conditions de l'aide financi&#232;re accord&#233;e &#224; Ath&#232;nes en mai 2010. Le taux d'int&#233;r&#234;t a &#233;t&#233; r&#233;duit, et la dur&#233;e des pr&#234;ts consentis &#224; &#233;t&#233; rallong&#233;e afin de donner plus de temps &#224; la Gr&#232;ce pour r&#233;tablir sa situation, mieux la &#171; dig&#233;rer &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'id&#233;e d'un d&#233;faut de paiement de la Gr&#232;ce inqui&#232;te tant les dirigeants europ&#233;ens, ce n'est pas tant le montant de la dette grecque (elle repr&#233;sente 700&#8364; par habitant de l'UE), mais c'est en raison du risque de contagion qu'il ferait courir aux autres pays vuln&#233;rables de la zone euro (Irlande et Portugal, voire Espagne et Italie).&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'avenir, Ath&#232;nes ne proc&#233;derait pas &#224; un d&#233;faut de paiement unilat&#233;ral, mais &#224; une restructuration n&#233;goci&#233;e qui lui permettrait d'obtenir un allongement des d&#233;lais de paiement et une baisse des taux d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe, sans le dire, semble se pr&#233;parer &#224; ce sc&#233;nario en ayant d'ores et d&#233;j&#224; accept&#233; de r&#233;&#233;chelonner les cr&#233;dits accord&#233;s &#224; Ath&#232;nes. Mais la BCE est contre. L'Allemagne aussi&#8230; Pour Klaus REGLING, le pr&#233;sident du Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re, &#171; la restructuration de la dette souveraine grecque ne doit &#234;tre envisag&#233;e qu'en dernier recours &#187;. Eh bien, ils attendront donc le &#171; dernier recours &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II &#8211; l'Europe au pied du mur. Que peut-elle faire ? Que doit-elle faire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas trente six solutions. Il nous faut, d'urgence, plus d'Europe, et pas moins d'Europe ! Une Europe sans pilote, est une Europe qui ne sait pas o&#249; elle va. Et une Europe qui ne sait pas o&#249; elle va, n'avance plus. Et qui n'avance pas, recule, ou tombe, comme sur un v&#233;lo&#8230; Sinc&#232;rement, la monnaie unique est une profonde r&#233;ussite, exemplaire. Et pourtant, on la critique. C'est profond&#233;ment injuste. Malgr&#233; tout ce qu'on entend, une large majorit&#233; d'Europ&#233;ens veulent quand m&#234;me la garder. Car chacun comprend que l'euro nous prot&#232;ge, surtout en temps de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Et si on parlait du f&#233;d&#233;ralisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro, apr&#232;s la CECA, est la seule cr&#233;ation supranationale, et qui fonctionne sur un mode f&#233;d&#233;ral (autorit&#233;s mon&#233;taires centralis&#233;es et ind&#233;pendantes). L'euro n'a pas seulement &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour compl&#233;ter le march&#233; unique, mais aussi pour doter l'UE d'une devise solide et cr&#233;dible, d&#233;bouchant sur des r&#233;serves de change mondiales, et donnant &#224; l'UE une force g&#233;opolitique gr&#226;ce &#224; une monnaie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A r&#233;aliser, et vite : Harmonisation fiscale et sociale, euro-bonds, dette europ&#233;enne mutualis&#233;e et budget europ&#233;en. Il faut &#224; pr&#233;sent avoir le courage de faire ce saut f&#233;d&#233;ral, ce qui &#233;tait, d'ailleurs, pr&#233;vu apr&#232;s la naissance de l'euro&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les opinions publiques ne comprennent pas cela, &#224; cause du &#171; conditionnement &#187; politique et m&#233;diatique en faveur de &#171; l'&#201;tat-Nation &#187;. On fait croire aux gens que les solutions sont nationales, que les dirigeants ont une vision, un projet, etc. Il n'en est rien, h&#233;las : ils suivent le mouvement plus qu'ils ne le pr&#233;c&#232;dent, et, en temps de crise, ils sont totalement incapables d'avoir la moindre id&#233;e, ils g&#232;rent au jour le jour, au gr&#233; de leur c&#244;te de sondage. Ce sont les bailleurs de fonds et les pr&#234;teurs qui m&#232;nent le bal, face &#224; des dirigeants divis&#233;s, donc impuissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lections apr&#232;s &#233;lections en Europe, les sortants sont&#8230; sortis. Ils n'ont pas encore compris qu'ils doivent s'unir et &#234;tre solidaires pour sortir de la crise et relancer l'Europe. Faudra-t-il donc renouveler totalement cette g&#233;n&#233;ration actuelle d'eurosceptiques, voire de souverainistes &#233;triqu&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un an et demi, on a un peu avanc&#233; vers le f&#233;d&#233;ralisme &#233;conomique (la solidarit&#233; financi&#232;re). Mais cela ne suffit absolument pas. Le probl&#232;me est bien qu'il n'y a pas de gouvernance &#233;conomique europ&#233;enne. On est dans le marchandage permanent entre les &#171; grands &#187; &#201;tat, jaloux de leur pr&#233;-carr&#233; national. Et le drame est, qu'au moment justement o&#249; on est pass&#233; au f&#233;d&#233;ralisme mon&#233;taire (1999), et o&#249; on pensait que cela allait d&#233;boucher sur un f&#233;d&#233;ralisme &#233;conomique, puis politique, est arriv&#233;e cette g&#233;n&#233;ration d'eurosceptiques qui ont contamin&#233;, h&#233;las, les opinions publiques, de plus en plus radicalement hostiles &#224; l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien il y a un sursaut vers cette n&#233;cessaire gouvernance, ou bien tout explose, et on perd tout ! C'est injuste, car encore une fois, le probl&#232;me grec n'est pas si grave que cela, et ne devrait pas entrainer des d&#233;lires verbaux tels que l'annonce r&#233;currente &#171; de la fin de l'euro &#187;. Absurde, pour une monnaie qui, douze ans apr&#232;s sa naissance, c&#244;te toujours bien plus que sa cotation initiale. Ce qui n'arrive &#224; aucune autre monnaie mondiale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule solution, si les gouvernements ne veulent pas tomber les uns apr&#232;s les autres, en tergiversant et en faisant des politiques de &#171; rustine &#187; pour la Gr&#232;ce ou autres, c'est donc d'aller plus loin vers le f&#233;d&#233;ralisme budg&#233;taire et &#233;conomique : un vrai fonds europ&#233;en, donc un budget europ&#233;en (et pas 1% du PIB), et un vrai ministre europ&#233;en de l'&#233;conomie et des finances, une fiscalit&#233; convergente, des salaires moyens d&#233;cents, etc. etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Une dette commune&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Claude JUNCKER, pr&#233;sident de l'Euro-groupe, et Julio TREMONTI, ministre italien des finances, ont fait la proposition suivante : que l'Europe s'int&#232;gre davantage, en mutualisant 40% de la dette des &#201;tats. Ce serait un bon d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dette souveraine commune, avec garantie conjointe et solidaire entre &#201;tats, est le seul moyen d'&#233;viter l'implosion de la zone euro, si la contagion d&#233;passait la Gr&#232;ce, l'Irlande et le Portugal (qui ne font &#224; eux trois que 6% du PIB europ&#233;en !). Elle est le seul moyen d'&#233;viter un arr&#234;t brutal du financement d'un pays en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la crise est devenu aigu&#235;, les investisseurs (par exemple la BCE, la Chine&#8230;) ont achet&#233; de la dette publique et priv&#233;e de la Gr&#232;ce, du Portugal et de l'Irlande, par peur du d&#233;faut. Les m&#233;nages et les entreprises grecs, eux, ont fait migrer leur &#233;pargne vers des banques allemandes ou fran&#231;aises. Depuis, seuls des financements publics (UE/BCE/FMI) compensent les effets de ce tsunami. Seule une dette publique commune peut nous pr&#233;munir contre ce risque d'encha&#238;nement infernal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est devenu &#233;vident qu'1 &#8364; sur une banque grecque n'est plus &#233;gal &#224; 1 &#8364; d&#233;pos&#233; sur une banque allemande. Sans dette commune, il est illusoire de garder des banques et des syst&#232;mes financiers dans des pays fragiles et &#233;conomiquement divergents. Et il devient donc difficile de conserver ces pays fragiles dans la zone euro.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pays en crise du Sud de l'Europe ne pourront pas restructurer leur &#233;conomie, augmenter leur comp&#233;titivit&#233; par une d&#233;valuation interne (baisse des salaires et des prix), et r&#233;duire drastiquement leurs d&#233;ficits, tout en payant des taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s. Sans dette commune, il est impossible pour les pays en crise de se r&#233;former et, en m&#234;me temps, de contenir leur dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les sc&#233;narios convergent : il faut mutualiser et f&#233;d&#233;rer les dettes &#171; souveraines &#187; comme l'on fit en 1999 une monnaie &#171; f&#233;d&#233;rale &#187;. Il serait temps que nos gouvernements europ&#233;ens aient ce courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Un ministre europ&#233;en des finances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la proposition faite par Jean-Claude TRICHET &#224; Aix la Chapelle, lors de la remise du prix Charlemagne, dont il est le laur&#233;at pour 2011. Le commissaire europ&#233;en, Michel BARNIER, avait &#233;galement sugg&#233;r&#233; cette solution &#224; la Commission europ&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela donnerait une vraie ligne politique, convergente, avec des moyens budg&#233;taires cons&#233;quents pour avoir des politiques &#233;conomiques de croissance offensives, volontaristes, seules capables de relancer la machine et de cr&#233;er des emplois, sans dumping fiscal et social entre &#201;tats. Il faut d&#233;finitivement rassurer les march&#233;s financiers qui m&#232;nent le bal en &#171; testant &#187; les maillons faibles, et en se jouant d'une Europe &#171; multic&#233;phale &#187;, donc inerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ou bien l'Europe se d&#233;lite (les grands continuent &#224; se faire concurrence les uns contre les autres), ou bien elle a le courage politique d'aller enfin vers le f&#233;d&#233;ralisme, d&#233;j&#224; amorc&#233; avec la monnaie unique, puis cette ann&#233;e, avec le M&#233;canisme Europ&#233;en Financier (MEF), le Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re ( FESF) et le &#171; semestre europ&#233;en &#187; qui contr&#244;lera, un peu, d&#233;sormais les budgets nationaux avant leur vote. C'est un d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d) Une agence europ&#233;enne de notation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des critiques contre les agences priv&#233;es qui dominent actuellement le march&#233; est leur mod&#232;le intrins&#232;que de notation, ainsi que l'existence de conflits d'int&#233;r&#234;ts lorsque les &#233;metteurs payent eux-m&#234;mes pour obtenir leur rating.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci dit, il faut bien que tout pr&#234;teur &#233;value la solvabilit&#233; de l'emprunteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; le plan allemand du Pr&#233;sident de la Deutsche Bank, Joseph ACKERMAN, relay&#233; par le commissaire europ&#233;en Michel BARNIER : la cr&#233;ation d'une Agence de notation europ&#233;enne, qui ne soit pas financ&#233;e par les &#233;metteurs, mais uniquement par les investisseurs sur les march&#233;s. La Chine vient de se doter aussi de sa premi&#232;re agence de notation (DAGONG). Mais, est-elle vraiment ind&#233;pendante et objective ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;e) Le nouveau pr&#233;sident de la BCE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Italien, Mario DRAGHI, succ&#232;dera &#224; Jean-Claude TRICHET le 1er novembre 2011 &#224; la pr&#233;sidence de la BCE.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un homme peu contestable, au parcours universitaire de haut vol, ayant une exp&#233;rience de banquier central (&#224; la t&#234;te de la Banque d'Italie depuis 5 ans) et une vraie visibilit&#233; &#224; l'international (Pr&#233;sident du Conseil de stabilit&#233; financi&#232;re). On le qualifie comme &#233;tant &#171; une main de fer allemande dans un gant de velours italien &#187;. Il sera un digne successeur de Jean-Claude TRICHET, tr&#232;s europ&#233;en, rigoureux mais adaptable aux circonstances en cas de crise aigu&#235;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous faut toujours quelqu'un d'exceptionnel &#224; la t&#234;te de l'Institution mon&#233;taire, pour sa cr&#233;dibilit&#233; mondiale et pour &#233;duquer, voire &#171; corriger &#187; un peu les dirigeants europ&#233;ens lors des sommets europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;f) Il y a d'autres raisons au choix &#233;vident du f&#233;d&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord pour lutter contre les d&#233;rives populistes, ensuite parce que les autres pays nous y invitent. Et la cause est l'&#233;conomie en berne, la pr&#233;carit&#233;, le ch&#244;mage de masse, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant, on pouvait d&#233;valuer sa monnaie pour se rendre comp&#233;titif. Avec l'euro, on ne peut plus, donc il faut &#234;tre comp&#233;titif pour vendre. Il faut &#234;tre innovant, baisser les d&#233;ficits et parfois baisser les co&#251;ts de production, donc les salaires. Sans comp&#233;titivit&#233;, pas de croissance. Sans croissance, baisse du pouvoir d'achat et ch&#244;mage, et non diminution de la dette. Le cercle vicieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul probl&#232;me de l'Europe (et peut-&#234;tre bient&#244;t de l'Am&#233;rique), c'est la comp&#233;titivit&#233;, ce n'est pas la monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les salari&#233;s, cela signifie effort, labeur et sueur pour une &#224; deux g&#233;n&#233;rations. Cela signifie aussi la fin des Trente Glorieuses, de l'&#201;tat providence, qui depuis 1974 a d&#233;pens&#233; plus qu'il ne produisait pour garder le niveau de vie et avoir la paix sociale. Aujourd'hui, on le paie tr&#232;s cher : endett&#233; &#224; mort et pas de travail pour les jeunes surtout, bien que surdipl&#244;m&#233;s (20% de jeunes au ch&#244;mage en France ; 36% en Espagne).&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; un m&#233;contentement exploit&#233; par quelques partis : hausse des populismes, repli identitaire, mont&#233;e des extr&#234;mes-droites partout en Europe, refus des immigr&#233;s, r&#233;flexes x&#233;nophobes, etc., etc. Les gouvernements sont battus les uns apr&#232;s les autres, attention aux gouvernements populistes et x&#233;nophobes qui tueraient l'id&#233;e europ&#233;enne, avant de tuer leurs propres peuples par le retour des guerres civiles qui ont ravag&#233; l'Europe pendant 1000 ans. Attention, danger ! Ouvrons tous les yeux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la p&#233;riph&#233;rie de la zone euro s'aggrave du seul fait que l'UE envoie tous les jours des signaux contradictoires au monde : nos gouvernants se d&#233;clarent pr&#234;ts &#224; faire tout ce qui est requis pour sauvegarder l'euro ; tout&#8230; sauf ce qui ferait de l'Europe un acteur mondial, uni, fort, per&#231;u comme tel. Sont-ils inconscients ? Avant tout, ils sont souverainistes et ne veulent pas partager. Leur seul horizon est leur &#233;lection ou r&#233;&#233;lection !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la semaine du 25 juin, les USA ont tanc&#233; trois fois l'Europe afin qu'elle se ressaisisse et aille plus loin et plus vite sur la Gr&#232;ce. Les &#201;tats-Unis veulent une Europe unie, solidaire et r&#233;active&#8230; Fin juin, John LIPSKY, directeur par int&#233;rim du FMI, a tanc&#233; les Europ&#233;ens en leur demandant de moins palabrer et d'agir (sic !) Tim GEITHNER aussi (Secr&#233;taire d'Etat au Tr&#233;sor am&#233;ricain) : &#171; l'Europe doit s'unir et agir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe se trouve &#224; la crois&#233;e des chemins : &#231;a passe ou &#231;a casse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puissent les eurosceptiques qui nous gouvernent arr&#234;ter de jouer aux apprentis sorciers. En ruinant &#171; leurs &#187; peuples, ils se br&#251;leront eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III &#8211; les scenarii de la catastrophe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;a) Une crise de l'Europe, ou de certains pays europ&#233;ens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons certes une crise de l'Europe tr&#232;s grave, car l'Europe n'est pas achev&#233;e. Mais nous n'aurons pas la fin de la zone euro, ni de l'euro ! Je ne crois pas au jeu de dominos que clament certains : la crise grecque s'&#233;tendra au pire au Portugal. Pas plus. Et je d&#233;plore les superlatifs excessifs qui dramatisent la crise &#224; longueur de journ&#233;e. Certes, l'Europe qui devait progresser institutionnellement gr&#226;ce &#224; l'euro s'est arr&#234;t&#233;e net (et comme le v&#233;lo, elle tombe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette crise est notre faute, celle des gouvernements actuels qui privil&#233;gient leurs agendas nationaux. C'est une crise politique, bien plus encore que budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restructuration grecque ne suffira pas, et il faudra d'autres pr&#234;ts. On n'a pas le choix. &#171; Ils &#187; n'ont pas le choix. Et ils le savent. Alors, pourquoi attendre, et nous faire peur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra r&#233;fl&#233;chir aussi sur le niveau (trop haut) de l'euro qui p&#233;nalise les &#201;tats fragiles de la zone euro. Mais l&#224; se pose le probl&#232;me des relations avec le dollar et le yuan. Et l'Europe n'est pas assez unie pour peser lourd dans ce d&#233;bat avec les deux autres g&#233;ants ! Cela se traduit par la grande lassitude de l'opinion publique allemande : 50% d'Allemands n'ont plus confiance dans l'UE ; et 70% ne voient plus dans l'Europe l'avenir de l'Allemagne. Ce constat est accablant, et gravissime. Comment a-t-on pu en arriver l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de Christian NOYER, gouverneur de la banque de France, de juin 2011, est clair : la crise de la dette souveraine n'est pas une crise de l'euro, c'est une crise budg&#233;taire. Il se veut rassurant sur les capacit&#233;s des pays de la zone euro &#224; r&#233;soudre cette crise, si les d&#233;cisions prises sont appliqu&#233;es &#224; la lettre : refonte du Pacte de stabilit&#233; et de croissance ; cr&#233;ation du Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re ; dispositif p&#233;renne ; int&#233;gration d'un suivi de comp&#233;titivit&#233; et des co&#251;ts unitaires de production au nouveau cadre de gouvernance &#233;conomique de l'UE. On conna&#238;t donc les solutions. Il manque le courage politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la situation de la France ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le salaire m&#233;dian en France est aujourd'hui de 1.580 &#8364; par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;70% de la dette est d&#233;tenue par des non-nationaux. Donc, on est tr&#232;s d&#233;pendant du regard des autres (les pr&#234;teurs) et de leur jugement, via les agences de notations. Alors, si elles d&#233;gradent notre notation, le co&#251;t du cr&#233;dit augmentera en int&#233;r&#234;t. Or 1% de taux d'int&#233;r&#234;t en plus, c'est 16 milliards d'euro de plus &#224; payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette est LA d&#233;pendance de la France. La faible croissance ne peut la freiner. La dette publique de la France (la dette souveraine), c'est 1 600 milliards d'euros, soit 26 000 euros par habitant. Tout va bien, madame la marquise !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois points faibles de l'&#233;conomie fran&#231;aise sont ses finances publiques, la faiblesse de sa productivit&#233;, et son d&#233;ficit courant (la balance commerciale est de - 51 milliards d'euros en 2010, et environ - 91 milliards d'euros en 2011). Et nos atouts, la d&#233;mographie et l'&#233;pargne forte, ne suffisent pas face &#224; l'accumulation des probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France se rapproche de la zone dangereuse en terme de ratio dette publique sur PIB (1 600 milliards/2.000 milliards !). La d&#233;t&#233;rioration est sans pr&#233;c&#233;dent en 2009. 2010 aura &#233;t&#233; l'ann&#233;e de la stabilisation : le d&#233;ficit public a &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; 7,1% du PIB, mais essentiellement du fait de la fin des mesures de relance. Le d&#233;ficit structurel (= la part non conjoncturelle) a poursuivi sa progression pour atteindre le niveau de 5% du PIB, soit 3 points de plus que l'Allemagne et un point de plus que la zone euro. Le retard de la France sur ses principaux partenaires est manifeste et pourrait se renforcer au fil du temps. Un effort structurel de 1% du PIB par an pendant 5 ans permettrait au mieux de ramener la dette au-dessous de 70% du PIB en 2020, niveau qui pr&#233;valait en 2008 : une d&#233;cennie perdue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sant&#233; flamboyante des entreprises cot&#233;es au CAC 40 fait oublier qu'il en est bien diff&#233;remment des autres soci&#233;t&#233;s. Le taux de marge a atteint un plus bas niveau depuis 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e des pays &#233;mergents dans le commerce mondial camoufle le recul de la position de la France dans le club des principaux exportateurs europ&#233;ens. La part de la France dans les exportations s'est tass&#233;e de 5,8% en 2007 &#224; 4,1% en 2010 (contre 10% pour l'Allemagne). Enfin, le d&#233;ficit de la balance des transactions courantes est de 34 milliards d'euros, soit 1,7% du PIB ; les chiffres 2011 seront pires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) La crise ailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des diff&#233;rences majeures existent entre l'Union europ&#233;enne et les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats membres des &#201;tats-Unis ne sont pas confront&#233;s entre eux au probl&#232;me du d&#233;ficit commercial comme la Gr&#232;ce l'est &#224; l'&#233;gard du reste de l'UE, et en particulier de l'Allemagne. En outre, une grande partie de la dette publique des USA est f&#233;d&#233;rale ; c'est la dette de l'Union. Et la dette des &#201;tats membres constitue une part minoritaire de la dette publique totale, et elle est achet&#233;e par la FED. Cela change tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Washington ne rencontre pas (encore) de probl&#232;me de financement de sa dette publique, car gr&#226;ce &#224; leur pr&#233;tendue s&#233;curit&#233;, les bons du Tr&#233;sor am&#233;ricain sont tr&#232;s pris&#233;s sur les march&#233;s internationaux, alors qu'ils n'offrent qu'une r&#233;mun&#233;ration tr&#232;s faible. Les Chinois en d&#233;tiennent beaucoup (un tiers).&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin aux &#201;tats-Unis, une s&#233;rie de d&#233;penses publiques importantes sont &#224; la charge du budget f&#233;d&#233;ral ou sont garanties par celui-ci, alors que le budget de l'Union europ&#233;enne n'est qu'une peau de chagrin. Le budget europ&#233;en, c'est 138 milliards d'euros (1% du PIB europ&#233;en). Le budget am&#233;ricain, c'est 3 700 milliards de dollars, soit 23% du PIB am&#233;ricain. Cherchez l'erreur ! Nous, les Europ&#233;ens ont &#224; une monnaie sans &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le 28 juin, l'indice du &#171; Conference board &#187; pointait une baisse de la confiance des consommateurs am&#233;ricains en juin, pour le deuxi&#232;me mois cons&#233;cutif. Le contexte se d&#233;grade aux &#201;tats-Unis : la dette a atteint en mai, le plafond fix&#233; par le Congr&#232;s. Il faut donc le relever. Si aucun compromis n'est trouv&#233;, les USA seront en &#171; d&#233;faut technique &#187; le 2 ao&#251;t (ils ne peuvent plus payer les factures !!).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moteur am&#233;ricain est en panne, alors que les politiques de relance budg&#233;taire et mon&#233;taire arrivent &#224; terme. On pr&#233;voit 2,5% de croissance en 2011, seulement. La FED arr&#234;te fin juin son programme d'assouplissement quantitatif : apr&#232;s avoir inject&#233; pendant 6 mois 600 milliards de dollars (soit 417 milliards d'euros) dans le syst&#232;me financier, elle ne dispose plus de vraie marge de man&#339;uvre. Tout a une fin. Les agences de notation anglo-saxonnes commencent, enfin, &#224; se pr&#233;occuper s&#233;rieusement de la dette monstrueuse am&#233;ricaine, que la croissance ne suffira pas &#224; rembourser. Une d&#233;gradation de la notation am&#233;ricaine (AAA aujourd'hui, comme pour la France et l'Allemagne) aurait une r&#233;percussion plan&#233;taire. Toujours l'effet contagion, d&#251; &#224; l'interd&#233;pendance croissance des &#233;conomies, de plus en plus mondialis&#233;es. Il para&#238;t que quelques g&#233;nies ont des id&#233;es pour &#171; d&#233;mondialiser &#187;&#8230; On ne rit pas, SVP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'alors les agences de notation ne s'int&#233;ressaient qu'&#224; la dette publique europ&#233;enne. On attaque toujours le maillon faible. Standard and Poors a d&#233;sormais menac&#233; les USA de d&#233;grader leur notation. Standard and Poors n'a pas &#233;t&#233; convaincue ni par le bras de fer au Congr&#232;s sur les r&#233;ductions budg&#233;taires pour 2011, ni par le plan de r&#233;duction sur 12 ans propos&#233; par Barak Obama. La probabilit&#233; du risque de la d&#233;gradation de la notation am&#233;ricaine ? Les experts parlent de 30 &#224; 33% : c'est un pronostic raisonnable. Les risques vont augmenter significativement si les Etats-Unis ne s'attaquent pas &#224; leur probl&#232;me de d&#233;ficit tr&#232;s rapidement.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;sum&#233;, une d&#233;t&#233;rioration commune de la situation budg&#233;taire am&#233;ricaine et europ&#233;enne pourraient faire tr&#232;s mal... Le rendement des bons du Tr&#233;sor am&#233;ricain pourrait grimper durablement, ce qui signifie une charge accrue de la dette pour l'&#201;tat. Un accord politique sur la question de la dette budg&#233;taire est donc indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'ampleur de cette dette, les investisseurs ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; &#234;tre attir&#233; vers d'autres valeurs, comme les actions ou l'or, et &#224; vendre massivement du dollar. M&#234;me le franc suisse remonte !&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la notation est d&#233;grad&#233;e, quelles seraient les cons&#233;quences pour l'Europe ? Certains &#233;conomistes sont plus optimistes. A plus long terme, on pourrait assister &#224; une augmentation des flux mon&#233;taires vers l'Europe, et notamment les bons du Tr&#233;sor allemand qui repr&#233;sentent une &#233;conomie si brillante en ce moment. Par cons&#233;quent, l'Am&#233;rique pourrait aussi assister &#224; un regain de domination de l'Europe qui deviendrait un partenaire commercial plus important. On pourrait voir les USA perdre peut-&#234;tre leur statut de n&#176;1. La roue tournerait en faveur de l'Europe&#8230; pour une fois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Et si un pays sortait de l'euro ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Gr&#232;ce sort de l'euro, l'euro sera toujours aussi appr&#233;ci&#233; par tous les autres ! Je rappelle ici que la Gr&#232;ce ce n'est rien, malgr&#233; ses 350 milliards d'euros de dette souveraine. Car la Gr&#232;ce c'est 2,5% du PIB europ&#233;en. Si on &#233;tait en syst&#232;me europ&#233;en f&#233;d&#233;ral, le &#171; Tr&#233;sor europ&#233;en &#187; aurait r&#233;gl&#233; l'affaire en un mois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour reprendre la formule de Jean QUATREMER, paraphrasant la phrase de John CONNALLY, secr&#233;taire d'Etat au Tr&#233;sor am&#233;ricain en 1971 (&#171; le dollar c'est notre monnaie, mais c'est votre probl&#232;me &#187;) : &#171; l'euro, c'est notre monnaie, mais c'est d&#233;sormais votre probl&#232;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un &#233;norme paradoxe, car la zone euro, et m&#234;me l'Union europ&#233;enne, est beaucoup plus saine sur le plan financier (mieux r&#233;gul&#233;e) que le reste du monde, USA et Asie. La zone euro est beaucoup moins endett&#233;e que les USA et l'Asie, ou la Grande-Bretagne. Et pourtant c'est elle qui est attaqu&#233;e. C'est donc bien politique : il n'y a pas de statut f&#233;d&#233;ral et de poids lourds politiques (&#171; l'Europe, j'appelle qui ? &#187;&#8230;). Les march&#233;s veulent &#234;tre s&#251;rs que l'Europe est bien unie pour faire face aux probl&#232;mes budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier paradoxe : l'euro se porte tr&#232;s bien, et tr&#232;s fort, et tout le monde veut en acheter : Chine, Br&#233;sil, Inde. Il d&#233;tient d&#233;j&#224; 27% des r&#233;serves mondiales de change. Si personne n'en voulait, l&#224; il s'&#233;croulerait. Ce n'est pas le cas.&lt;br class='autobr' /&gt;
On (les m&#233;dias, quelques &#233;conomistes marginaux et autres politiques souverainistes) nous intoxique &#224; longueur de journ&#233;e en nous serinant que l'euro est en danger. Ce n'est pas l'euro qui est en danger, ce sont les gouvernants des pays malades et des pays endett&#233;s jusqu'&#224; l'os. Leur carri&#232;re politique peut &#234;tre compromise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la zone euro est en train de faire prendre conscience au reste du monde de la puissance de cette monnaie dont la disparition plongerait la plan&#232;te dans une grave r&#233;cession. La zone euro est un espace &#233;conomique et financier &#233;quivalent &#224; celui des USA. L'euro est la deuxi&#232;me monnaie de r&#233;serve du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cession qui suivrait l'&#233;ventuelle disparition de l'euro ferait appara&#238;tre la crise de 1929 ou celle de 2008 comme &#171; d'aimables amuse-bouches &#187; (comme dit Jean QUATREMER dans son blog). Ben BERNANKE, pr&#233;sident de la FED (la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine) d&#233;clare : &#171; les effets sur les USA seraient tout &#224; fait consid&#233;rables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la Chine et les USA, une explosion de la zone euro serait une catastrophe. D'ailleurs, Washington s'&#233;nerve de l'incapacit&#233; des Europ&#233;ens &#224; traiter un probl&#232;me qui est davantage politique qu'&#233;conomique, ceux-ci paniquant les march&#233;s par leurs d&#233;clarations contradictoires et leurs bavardages attentistes. Les USA s'inqui&#232;tent tout haut de l'&#233;mergence d'une nouvelle tornade financi&#232;re si Ath&#232;nes devait faire d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine manifeste en paroles et en actes son soutien aux Europ&#233;ens : elle a achet&#233; des obligations d'Etat en Gr&#232;ce et au Portugal (et en Hongrie). Elle profite des difficult&#233;s europ&#233;ennes pour renforcer son implantation dans l'Union : elle a achet&#233; des infrastructures portuaires en Gr&#232;ce ; elle a aussi investi dans une douzaine de projets industriels et d'infrastructures en Hongrie. La Chine, qui finance d&#233;j&#224; l'Etat am&#233;ricain, devient, sur une base bilat&#233;rale, l'un des banquiers de l&#8216;Europe. Elle ach&#232;te de la dette souveraine europ&#233;enne. Elle vient au secours de nos d&#233;faillantes finances publiques : elle nous fait cr&#233;dit. Cela contribuera aussi &#224; sauver l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les investisseurs peuvent agir pour le compte de l'Etat chinois, et grappiller aussi quelques secrets industriels&#8230; Certes, la d&#233;tention par la Chine d&#8216;une partie de la dette de tel ou tel pays europ&#233;en limite la capacit&#233; de l'UE &#224; faire pression sur P&#233;kin (pour la cotation du yuan, ou pour les Droits de l'Homme&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles seraient les cons&#233;quences d'une sortie de l'euro ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus de pseudo-&#233;conomistes ou de vrais d&#233;magogues promeuvent une sortie de l'euro. L&#224;, il y a vraiment danger ! Indignez-vous ! Permettez-moi de vous donner quelques &#233;l&#233;ments de langage pour contrer des raisonnements stupides et d&#233;magogiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un processus de sortie de l'euro peut se r&#233;sumer en trois &#233;tapes successives : un changement d'unit&#233; mon&#233;taire/une d&#233;pr&#233;ciation de la nouvelle monnaie/une pouss&#233;e de l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appliqu&#233; &#224; une &#233;conomie aussi largement d&#233;s&#233;quilibr&#233;e dans ses &#233;ch&#233;ances ext&#233;rieurs que l'est l'&#233;conomie fran&#231;aise (ou l'&#233;conomie grecque), la nouvelle monnaie nationale se d&#233;pr&#233;cierait automatiquement, du fait des &#233;carts entre les sorties et entr&#233;es de devises : la d&#233;pr&#233;ciation de la monnaie ne serait pas choisie, mais subie. Cela entra&#238;nerait un rench&#233;rissement &#233;norme des importations (r&#233;gl&#233;es aux &#190; en dollar) ; suivie d'une perte de comp&#233;titivit&#233; et d'une perte du pouvoir d'achat des gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela aurait un effet d'emballement sur la dette publique, par 3 canaux : directement par le rench&#233;rissement (au prorata de l'&#233;cart de valeur entre &#171; le nouveau franc &#187; et l'euro, de la partie de la dette souscrite en euro ; l'effondrement des recettes fiscales li&#233; &#224; la r&#233;cession, ce qui aurait pour effet de creuser le d&#233;ficit ; la sortie, de facto, du march&#233; obligataire europ&#233;en, lequel r&#233;duit, aujourd'hui, &#224; z&#233;ro les co&#251;ts de transaction cens&#233;s couvrir le risque de change. Ainsi, &#233;mettre des titres en franc co&#251;terait &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais plus cher qu'&#233;mettre &#224; pr&#233;sent des titres en euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir de l'euro, c'est finalement un rem&#232;de pour une &#233;conomie bien portante&#8230; qui n'en a donc pas besoin !! CQFD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on sort de l'euro, on sort des march&#233;s financiers. Alors, o&#249; va-t-on emprunter pour rembourser sa dette ? Qui va oser pr&#234;ter &#224; un pays qui ira beaucoup plus mal ? Et &#224; quel taux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, le ridicule de ceux qui prodiguent de telles &#171; solutions &#187; ne tue pas&#8230; Cela est risible, mais navrant aussi, car la g&#233;n&#233;ration des gouvernants actuels, que je qualifie, par politesse, &#171; d'euro-ti&#232;des &#187;, n'a jamais &#171; port&#233; &#187; politiquement, affectivement cette monnaie unique, pourtant r&#233;ussie. Du coup, les peuples ne se la sont pas appropri&#233;e, comme nagu&#232;re les monnaies nationales (le franc, le mark, etc ;). Car l'Europe n'a pas encore de visage, de corps, d'&#226;me. La faute aux politiques et &#224; nombre de m&#233;dias qui jouent &#224; se (nous) faire peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'euro est le bouc &#233;missaire id&#233;al, alors qu'il ne cesse de nous prot&#233;ger !&lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;rit&#233; est que les politiques retardent encore l'&#233;ch&#233;ance de l'Europe f&#233;d&#233;rale, des &#201;tats-Unis d'Europe, alors que c'est la seule solution pour peser &#233;conomiquement (recherche/innovation/comp&#233;titivit&#233;/crois-sance) et g&#233;opolitiquement face aux &#233;mergents. Or, que p&#232;serons nous, &#224; 5, 10, ou m&#234;me 60 millions d'habitants, si nous sommes rachet&#233;s par les Chinois ou autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils feignent d'&#234;tre aveugles et sourds, arc bout&#233;s sur leurs tr&#244;nes souverainistes, qui se muent petit &#224; petit en tabouret bancal !... Gare &#224; la chute. Leur chute. Les peuples, loin d'&#234;tre niais, finiront par comprendre que les seules solutions pour rebondir, cr&#233;er des emplois, se relancer est de s'unir budg&#233;tairement, financi&#232;rement, commercialement. La division affaiblit. L'Union fait la force. M&#234;me l'union dans la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra aussi, bien s&#251;r, absorber ces dettes abyssales par des efforts importants et durables mettant entre parenth&#232;ses pour quelques temps (3, 5, 10 ans ?) l'&#201;tat providence n&#233; apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs pays europ&#233;ens ont d&#233;j&#224;, courageusement entrepris de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres pays, comme la France par exemple, continuent d&#8216;augmenter leur dette publique ( 90 milliards d'euros pour notre pays en 2011, qui s'ajouteront aux 1 600 milliards d'euros accumul&#233;s depuis 1980 !). Ce qui rendra vaine, au passage, toute promesse d'action que nous feront les candidats &#224; la Pr&#233;sidentielle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gouvernements l&#224;, incons&#233;quents, jouent &#224; l'&#233;vidence la montre&#8230; le temps de laisser passer une &#233;lection, peut-&#234;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que pendant ce temps-l&#224;, les peuples souffrent d'une &#233;conomie atone, avec un ch&#244;mage end&#233;mique, une pr&#233;carit&#233; qui se d&#233;veloppe, et observent que, partout ailleurs, l'&#233;conomie tourne, avec, en moyenne, 4% de croissance dans le monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lyon, le 6 juillet 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Libre circulation, valeurs de l'Europe et relation &#224; l'Islam</title>
		<link>https://www.uef.fr/libre-circulation-valeurs-de-l-europe-et-relation-a-l-islam</link>
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		<dc:date>2011-01-31T08:18:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain R&#233;guillon</dc:creator>


		<dc:subject>Carnet d'Europe</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le mois de janvier a &#233;t&#233; domin&#233; par deux &#233;v&#233;nements internes. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'un souligne les probl&#232;mes li&#233;s &#224; la libre circulation des personnes avec le renvoi, qui s'acc&#233;l&#232;re, de populations immigr&#233;es vers les pays de premier accueil. De cette r&#233;alit&#233; d&#233;coulent deux autres difficult&#233;s : celui de la porosit&#233; des fronti&#232;res et celui de la r&#233;tention des clandestins. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me &#233;v&#233;nement est largement li&#233; &#224; la pr&#233;sidence hongroise du Conseil de l'Union qui bafoue, selon les termes employ&#233;s par la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.uef.fr/carnet-d-europe" rel="tag"&gt;Carnet d'Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mois de janvier a &#233;t&#233; domin&#233; par deux &#233;v&#233;nements internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un souligne les probl&#232;mes li&#233;s &#224; la libre circulation des personnes avec le renvoi, qui s'acc&#233;l&#232;re, de populations immigr&#233;es vers les pays de premier accueil. De cette r&#233;alit&#233; d&#233;coulent deux autres difficult&#233;s : celui de la porosit&#233; des fronti&#232;res et celui de la r&#233;tention des clandestins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me &#233;v&#233;nement est largement li&#233; &#224; la pr&#233;sidence hongroise du Conseil de l'Union qui bafoue, selon les termes employ&#233;s par la presse, les valeurs de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela permet aussi de souligner que ce n'est pas le seul pays dans ce cas, mais que sa pr&#233;sidence actuelle de l'Union la met davantage en exergue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;v&#233;nement, ext&#233;rieur celui-l&#224;, mais qui nous concerne cependant, est la situation de r&#233;bellion dans des pays du Maghreb, partie g&#233;ostrat&#233;gique de la m&#233;diterran&#233;e qui compte pour l'Union.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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