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	<title>Union des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, UEF-France</title>
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	<description>L'Union des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens (UEF) est un mouvement transpartisan pour cr&#233;er une Europe f&#233;d&#233;rale et renforcer la d&#233;mocratie locale et mondiale. Section fran&#231;aise de l'UEF Europe et du mouvement f&#233;d&#233;raliste mondial.</description>
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		<title>Union des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens, UEF-France</title>
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		<title>Et si l'Union europ&#233;enne adh&#233;rait &#224; la Suisse ?</title>
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		<dc:date>2019-05-22T05:15:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Jouvenat</dc:creator>


		<dc:subject>Suisse</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est l'id&#233;e sous-jacente et la conclusion du dernier livre de Guy Mettan, Le Continent perdu, dont le titre alarmiste r&#233;sume une analyse fine et fouill&#233;e de la construction europ&#233;enne au regard des le&#231;ons de l'histoire et de la g&#233;opolitique. Seule une &#233;volution vers un f&#233;d&#233;ralisme s'inspirant du mod&#232;le helv&#233;tique permettra &#224; l'Europe, ici envisag&#233;e dans son ensemble et pas seulement sous l'angle de l'Union europ&#233;enne, de s'affirmer comme puissance forte, ind&#233;pendante, de paix et de progr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.uef.fr/tribunes-9-9-9" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.uef.fr/suisse" rel="tag"&gt;Suisse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est l'id&#233;e sous-jacente et la conclusion du dernier livre de Guy Mettan, &lt;i&gt;Le Continent perdu&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guy Mettan, Le Continent perdu &#8211; Plaidoyer pour une Europe d&#233;mocratique et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont le titre alarmiste r&#233;sume une analyse fine et fouill&#233;e de la construction europ&#233;enne au regard des le&#231;ons de l'histoire et de la g&#233;opolitique. Seule une &#233;volution vers un f&#233;d&#233;ralisme s'inspirant du mod&#232;le helv&#233;tique permettra &#224; l'Europe, ici envisag&#233;e dans son ensemble et pas seulement sous l'angle de l'Union europ&#233;enne, de s'affirmer comme puissance forte, ind&#233;pendante, de paix et de progr&#232;s humain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les le&#231;ons de l'histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, l'auteur examine dans le d&#233;tail plusieurs &#171; essais d'union &#187; qui ont jalonn&#233; l'histoire du continent, avec leurs succ&#232;s et leurs &#233;checs. Ses r&#233;cits d&#233;butent avec l'Empire carolingien, suivis de ceux du Saint-Empire romain germanique et de la Mitteleuropa austro-hongroise, puis des conqu&#234;tes napol&#233;oniennes, pour finir avec &#171; l'union par le sang et les larmes &#187; d'Hitler et de Staline. Une narration sem&#233;e d'analogies avec la construction europ&#233;enne d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa d&#233;marche historique, l'auteur remonte m&#234;me plus loin pour se pencher longuement sur la Gr&#232;ce antique. &lt;i&gt;&#171; &#192; bien des &#233;gards, l'Europe d'aujourd'hui, et la principale conf&#233;d&#233;ration d'&#201;tats qui la compose, l'Union europ&#233;enne, &#233;voquent la Gr&#232;ce d'apr&#232;s la guerre du P&#233;loponn&#232;se et d'apr&#232;s Alexandre, lorsque celle-ci se battait pour retrouver son ancien lustre, formait des ligues pour reconstruire son unit&#233; et pr&#233;server son ind&#233;pendance face aux menaces expansionnistes de ses voisins orientaux et occidentaux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat est implacable. &#192; d&#233;faut d'un sursaut qui permettrait &#224; l'Europe de recouvrer son ind&#233;pendance et sa souverainet&#233;, l'avenir du continent se r&#233;duit &#224; deux possibles sc&#233;narios, aussi n&#233;fastes l'un que l'autre : &#171; l'insignifiance politique &#187;, &#224; l'image de l'&#233;volution du Saint Empire, peu &#224; peu vid&#233; de sa substance au fil des r&#233;formes et des trait&#233;s, ou la &#171; servitude &#187; r&#233;sultant de l'absorption par une puissance plus grande et plus forte, comme le f&#251;t la Gr&#232;ce antique par les Romains. Mais surtout, tirant les le&#231;ons de l'histoire, l'auteur souligne les &#233;checs de la mani&#232;re forte, rappelant ainsi, au-del&#224; de la dimension militaire, que les initiatives &#224; caract&#232;re &#233;litiste et technocratique aboutissent le plus souvent &#224; une impasse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et cependant, les mauvais choix de la construction europ&#233;enne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'ensuit donc un long r&#233;quisitoire de la &#171; machine d&#233;r&#233;gl&#233;e &#187; qui caract&#233;rise l'Union europ&#233;enne (UE). Celle-ci souffre de trois &#171; d&#233;fauts de conception &#187;. Premi&#232;rement, le choix voulu et assum&#233; de donner la primaut&#233; &#224; l'&#233;conomie et au juridique au d&#233;triment de la politique, avec le double dessein de contrebalancer les int&#233;r&#234;ts nationaux par une expertise juridique et technique et de privil&#233;gier l'approche fonctionnaliste, est devenu au fil du temps le code g&#233;n&#233;tique de l'UE, avec les cons&#233;quences que l'on sait : technocratie, &#171; id&#233;ologie de la norme &#187;, d&#233;ficit d&#233;mocratique et &#171; trahison du mod&#232;le social &#187;, privant ainsi durablement l'Europe des conditions qui font un peuple. L'auteur se montre particuli&#232;rement accusateur &#224; l'&#233;gard de la Cour de Justice de l'UE, l'assimilant &#224; un &#171; coup d'&#201;tat judiciaire permanent &#187; car elle l&#233;gif&#232;re sans contr&#244;le d&#233;mocratique et s'arroge une fonction constituante. Il admet cependant que par son activit&#233; normative l'Europe a donn&#233; le ton pour des progr&#232;s &#224; l'&#233;chelle mondiale en mati&#232;re de d&#233;veloppement durable, de droits de l'homme et de droits sociaux fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ressent ici une propension &#224; reprendre certaines critiques formul&#233;es par les d&#233;tracteurs de la construction europ&#233;enne (Monnet &#233;tait proche des Am&#233;ricains, influence de l'&#233;cole des cadres d'Uriage&#8230;), mais avec la pr&#233;caution de relever la complexit&#233; de la r&#233;alit&#233;. Loin des travers d'un Philippe de Villiers qui instrumentalise l'histoire au service de ses certitudes id&#233;ologiques et de son dessein politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la construction europ&#233;enne souffre de d&#233;s&#233;quilibres g&#233;opolitiques, avec un penchant excessif du c&#244;t&#233; de l'Ouest dont r&#233;sultent une &#171; suj&#233;tion militaire &#187; et un &#171; suivisme &#233;conomique &#187; vis-&#224;-vis des &#201;tats-Unis, l'OTAN agissant comme facteur de division entre l'UE et la Russie, &#171; ennemi d&#233;sign&#233; de l'Occident &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On renvoie le lecteur &#224; un autre ouvrage non-conformiste du m&#234;me auteur : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'auteur d&#233;plore donc l'exclusion russe avec le refus de la proposition de Mikha&#239;l Gorbatchev de cr&#233;er une Maison commune europ&#233;enne ; il appelle ainsi &#224; une prise de conscience que l'Europe s'&#233;tend jusqu'&#224; l'Oural, pour enfin recommander d'int&#233;grer, dans un deuxi&#232;me cercle, l'Ukraine et la Russie, mais aussi la Turquie et les pays m&#233;diterran&#233;ens. Il rel&#232;ve aussi les contradictions europ&#233;ennes vis-&#224;-vis des nationalit&#233;s et du nationalisme (ex-Yougoslavie, Ukraine, Catalogne &#8230;). Enfin, il rejoint la plupart des commentateurs pour d&#233;noncer un d&#233;s&#233;quilibre cette fois-ci interne, &#224; savoir le poids excessif de l'Allemagne qui menace la stabilit&#233; de l'&#233;quilibre europ&#233;en tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, l'Europe reste bloqu&#233;e par ses contradictions et ses divisions, illustr&#233;es par un &#171; gloubi-boulga institutionnel &#187; diff&#233;remment appr&#233;ci&#233; selon les ambitions europ&#233;ennes des uns et des autres. L'auteur passe en revue les r&#233;visions successives des Trait&#233;s, sans n&#233;gliger la probl&#233;matique du &#171; peuple europ&#233;en &#187; et les prises de position de la cour institutionnelle de Karlsruhe, pour conclure que la vraie puissance publique est le cha&#238;non manquant de la construction europ&#233;enne. Ce faisant, il a tendance &#224; forcer le trait en pr&#233;sentant le plus souvent le verre &#224; moiti&#233; vide plut&#244;t qu'&#224; moiti&#233; plein. L'incompl&#233;tude des Trait&#233;s &#233;tant act&#233;e, il e&#251;t &#233;t&#233; cependant possible de pr&#233;senter une vision plus positive des institutions de l'Union europ&#233;enne, en particulier l'influence du Parlement et sa capacit&#233; de repr&#233;senter les citoyens europ&#233;ens. Sa d&#233;marche appara&#238;t toutefois intentionnelle et assum&#233;e, pour inviter &#224; corriger la trajectoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les oublis de l'auteur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur le fond, on regrettera que les initiatives f&#233;d&#233;ralistes qui ont jalonn&#233; l'histoire de la construction europ&#233;enne depuis les ann&#233;es 1920 ont &#233;t&#233; minimis&#233;es voire pas mentionn&#233;es du tout. Par exemple, le mouvement Federal Union lanc&#233; en 1938 au Royaume Uni se d&#233;marquait de la vision hayekienne, si d&#233;nonc&#233;e par l'auteur, qui pr&#233;valait d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque. Les combats men&#233;s par Altiero Spinelli, allant du Manifeste de Ventotene, impr&#233;gn&#233; lui aussi d'une autre orientation id&#233;ologique, jusqu'au Projet de trait&#233; instituant l'Union europ&#233;enne adopt&#233; par le Parlement europ&#233;en en 1984, en passant par le Congr&#232;s du peuple europ&#233;en &#224; la fin des ann&#233;es 1950 qui pr&#233;figurait une Europe f&#233;d&#233;rale partant de la base, ont marqu&#233; les esprits des pro-Europ&#233;ens. L'auteur rel&#232;ve bien l'&#233;chec de la Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense en 1954, mais le projet de communaut&#233; politique qui lui &#233;tait associ&#233; ne fait l'objet que d'une note de bas de page, alors qu'il s'agissait l&#224; de la premi&#232;re tentative majeure de constitution pour une Europe f&#233;d&#233;rale. On aura compris que l'auteur ne s'attarde pas sur ces initiatives car elles sont rest&#233;es sans effet. En choisissant de surtout &#171; mettre le doigt l&#224; o&#249; &#231;a fait mal &#187;, il reconna&#238;t dans son &#233;pilogue une forme d'injustice &#224; l'&#233;gard de tous ceux qui se sont efforc&#233;s de construire une Europe plus efficace depuis des d&#233;cennies. Nous pensons toutefois qu'il e&#251;t &#233;t&#233; utile, vu l'attachement de l'auteur aux le&#231;ons de l'histoire, de prendre en compte les raisons, bien connues, de ces &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regrettable aussi est le peu de cas accord&#233; au Conseil de l'Europe, qui n'est &#233;voqu&#233; que bri&#232;vement et sous un angle n&#233;gatif pour illustrer &#171; les innombrables couches du mille-feuille constitutionnel &#187;. Alors que l'auteur d&#233;nonce le &#171; ratage g&#233;opolitique &#187;, il e&#251;t &#233;t&#233; judicieux de s'&#233;tendre davantage sur cette occasion manqu&#233;e d'une construction europ&#233;enne plus politique. Il mentionne pourtant, mais en passant seulement, que &#171; l'espace europ&#233;en le plus pertinent est celui du Conseil de l'Europe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers le mod&#232;le helv&#233;tique &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces lacunes n'enl&#232;vent cependant rien &#224; la force et l'originalit&#233; de la derni&#232;re partie du livre. Pour que l'UE sorte de l'impasse et &#233;chappe au risque du syndrome grec ou de l'agonie du Saint-Empire, elle doit imp&#233;rativement adopter une gouvernance efficace et d&#233;mocratique. L'auteur nous emm&#232;ne alors, enfin avec une bonne dose d'optimisme, vers une narration &#233;logieuse du mod&#232;le f&#233;d&#233;ral suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en admettant l'impossibilit&#233; d'un copi&#233;-coll&#233; par oukase, il souligne les similitudes entre le long cheminement de la Suisse vers un &#201;tat f&#233;d&#233;ral et les vicissitudes de la construction europ&#233;enne, pour conclure qu'il faut aujourd'hui &#224; l'Europe la m&#234;me volont&#233; politique et surtout populaire que celle qui a permis &#224; la Suisse d'&#234;tre ce qu'elle est aujourd'hui :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; souci des &#233;quilibres dans le respect de la diversit&#233; culturelle, linguistique et religieuse ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; respect de la s&#233;paration des pouvoirs, tant horizontale que verticale, cette derni&#232;re selon une application judicieuse des principes de subsidiarit&#233; et de proportionnalit&#233; ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; bicam&#233;risme parfait ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; syst&#232;me de concordance qui rend possible la d&#233;mocratie directe : composition proportionnelle des organes de l'&#201;tat, rejet des conflits par exclusion de tout syst&#232;me binaire, recherche de solutions n&#233;goci&#233;es avec toutes les parties prenantes ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; ressources financi&#232;res propres de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral et solidarit&#233; intercantonale.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Soulignant que le probl&#232;me majeur de l'Europe est culturel (&lt;i&gt;&#171; son plus grand &#233;chec est qu'elle n'a pas r&#233;ussi &#224; cr&#233;er des Europ&#233;ens &#187;&lt;/i&gt;), l'auteur insiste sur la n&#233;cessit&#233; de d&#233;velopper des pratiques citoyennes communes, dans une d&#233;marche qui n'est pas sans rappeler le patriotisme constitutionnel cher &#224; J&#252;rgen Habermas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours attentif &#224; la g&#233;opolitique, et constatant que l'Europe a trop souvent &#233;t&#233; embarqu&#233;e dans des guerres qui ne sont pas les siennes (Afghanistan, Irak, Lybie, Syrie&#8230;), il vante la neutralit&#233; suisse et pr&#233;conise pour l'UE une politique de non-alignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t de ce livre, &#224; la lecture plaisante, &#233;crit dans un style certes accrocheur mais non pol&#233;mique, est double : premi&#232;rement, le recul historique, tr&#232;s bien document&#233; et argument&#233;, ainsi que la dimension g&#233;opolitique ; deuxi&#232;mement, et c'est l&#224; l'originalit&#233; de l'ouvrage, la proposition de s'inspirer du mod&#232;le f&#233;d&#233;ral helv&#233;tique. Ce second aspect est celui qui nous a particuli&#232;rement int&#233;ress&#233;, car le lecteur de cette recension aura compris qu'elle &#233;mane d'un militant f&#233;d&#233;raliste, membre de l'Union des F&#233;d&#233;ralistes Europ&#233;ens (UEF) et du Nouveau mouvement europ&#233;en Suisse (Nomes) qui lui est affili&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne reste plus qu'&#224; tirer les le&#231;ons des &#233;checs f&#233;d&#233;ralistes successifs et proposer un mode d'emploi pour adopter progressivement le mod&#232;le suisse, au-del&#224; des pistes bri&#232;vement sugg&#233;r&#233;es dans ce livre. Guy Mettan a d&#233;montr&#233; par la lucidit&#233; de son analyse qu'il en a les moyens. Un nouvel essai en prolongement de celui-ci ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guy Mettan, &lt;i&gt;Le Continent perdu &#8211; Plaidoyer pour une Europe d&#233;mocratique et souveraine&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, &#201;ditions des Syrtes, 2019. Guy Mettan est journaliste et homme politique genevois ; il est auteur de plusieurs livres sur la Suisse et les relations internationales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On renvoie le lecteur &#224; un autre ouvrage non-conformiste du m&#234;me auteur : &lt;i&gt;Russie-Occident. Une guerre de mille ans&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, &#201;ditions des Syrtes, 2015, dans lequel, s'appuyant toujours sur une d&#233;marche historique, il d&#233;nonce la russophobie occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>&#201;lections europ&#233;ennes : &#171; Je ne sais pas encore pour qui voter et voici pourquoi &#187;</title>
		<link>https://www.uef.fr/elections-europeennes-je-ne-sais-pas-encore-pour-qui-voter</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.uef.fr/elections-europeennes-je-ne-sais-pas-encore-pour-qui-voter</guid>
		<dc:date>2019-04-15T11:06:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Jouvenat</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lections europ&#233;ennes 2019</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'UEF &#233;tant un mouvement transpartisan, plusieurs de nos militants ont choisis de s'engager en faveur de telle ou telle liste parmi celles compatibles avec les propositions des f&#233;d&#233;ralistes. Nous leur avons propos&#233; de publier une s&#233;rie de tribunes pour qu'ils expliquent leurs choix. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour &#234;tre bien compris, je dois d'abord me pr&#233;senter. Au terme d'une carri&#232;re internationale, je d&#233;barque en 2001 en Haute-Savoie depuis ma Suisse natale et f&#233;d&#233;rale, o&#249; je votais &#224; gauche ou &#233;colo et o&#249; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.uef.fr/tribunes-9-9-9" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.uef.fr/elections-europeennes-2019" rel="tag"&gt;&#201;lections europ&#233;ennes 2019&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'UEF &#233;tant un mouvement transpartisan, plusieurs de nos militants ont choisis de s'engager en faveur de telle ou telle liste parmi celles compatibles avec les propositions des f&#233;d&#233;ralistes. Nous leur avons propos&#233; de publier une s&#233;rie de tribunes pour qu'ils expliquent leurs choix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour &#234;tre bien compris, je dois d'abord me pr&#233;senter. Au terme d'une carri&#232;re internationale, je d&#233;barque en 2001 en Haute-Savoie depuis ma Suisse natale et f&#233;d&#233;rale, o&#249; je votais &#224; gauche ou &#233;colo et o&#249; j'avais milit&#233; pour l'adh&#233;sion de la Suisse &#224; l'UE. Rapidement pris en charge socialement par la classe politique dominante de mon coin, et frapp&#233; par certains exc&#232;s de la gauche fran&#231;aise, j'ai mes premi&#232;res h&#233;sitations gauche/droite et je vote Nicolas Sarkozy lorsque j'acquiers la nationalit&#233; fran&#231;aise en 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233; pour la premi&#232;re fois aux &#233;lections europ&#233;ennes en 2009, je d&#233;couvre le probl&#232;me du d&#233;bat centr&#233; sur la politique nationale, que d&#233;j&#224; j'attribue &#224; l'absence de partis transnationaux, un probl&#232;me inexistant en Suisse o&#249; les partis sont transcantonaux. Je vote alors EELV qui me para&#238;t &#234;tre le seul parti portant un vrai discours europ&#233;en. Je ne m'&#233;meus cependant pas trop et poursuit ma petite vie paisible consacr&#233;e &#224; la nature, la photographie et mon chien. Mais rebelote en 2014. L'UMP invite &#224; voter sa liste &#171; pour dire non &#224; la politique de Fran&#231;ois Hollande qui ruine les Fran&#231;ais &#187;. Un candidat que j'interroge sur la diff&#233;rence entre les projets UMP et UDI/MoDem m'explique que ce dernier rejoindra le groupe ALDE, en faveur de davantage d'int&#233;gration, alors que l'UMP rejoindra le PPE, plus souverainiste. Je d&#233;couvre cette fois-ci les vrais enjeux de l'&#233;lection et l'importance des groupes au PE, et vote UDI/MoDem. Mais c'en &#233;tait trop. Je ne voulais plus voir &#231;a en 2019. Je sors alors de ma torpeur pour m'engager dans une action militante li&#233;e &#224; la r&#233;forme de la loi &#233;lectorale. J'avance des propositions dont je ne ferai pas &#233;tat ici car ce n'est pas le propos.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aujourd'hui parfaitement inform&#233;, mon choix pour le 26 mai prochain s'av&#232;re difficile. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'avais d&#233;j&#224; pris mes distances avec mes amis &lt;strong&gt;LR&lt;/strong&gt; lors de la pr&#233;sidentielle de 2017 et les ai d&#233;finitivement envoy&#233;s au diable apr&#232;s l'&#233;lection de Laurent Wauquiez &#224; la pr&#233;sidence du parti. Discours trop identitaire et nationaliste pour le citoyen europ&#233;en que je suis et pour le Suisse plong&#233; dans la marmite f&#233;d&#233;raliste d&#232;s sa naissance. Je suis moins critique vis-&#224;-vis du PPE qui a compt&#233; dans ses rangs plusieurs pro-europ&#233;ens, voire des f&#233;d&#233;ralistes, dont le regrett&#233; Alain Lamassoure, mais cependant la timidit&#233; de ce groupe face aux r&#233;formes urgentes m'incite &#224; aller voir ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;duit comme beaucoup par le discours pro-europ&#233;en d'Emmanuel Macron, je l'avais activement soutenu en 2017 et je devrais donc logiquement voter la liste &lt;strong&gt;Renaissance&lt;/strong&gt;. Mais deux choses me g&#234;nent. Premi&#232;rement, LaREM c'est la macronie et notre cher pr&#233;sident, pro-europ&#233;en dans ses discours, se r&#233;v&#232;le ambigu et semble vouloir privil&#233;gier l'intergouvernemental, tout comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs. En faveur de davantage d'Europe, pour autant qu'il s'agisse d'une France en grand. Impasse assur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, l'avocat des partis transnationaux que je suis ne dig&#232;re pas le non-ralliement de LaREM &#224; un parti europ&#233;en en amont des &#233;lections. Je rechigne &#224; donner un ch&#232;que en blanc &#224; un &#233;ventuel futur groupe au PE dont on ignore quelle sera la coh&#233;rence et partant la capacit&#233; &#224; promouvoir un programme commun, celui-ci n'&#233;tant d&#233;voil&#233; qu'apr&#232;s les &#233;lections. Pas tr&#232;s d&#233;mocratique. J'ajoute ici que je ne comprends pas les raisons d'une liste &lt;strong&gt;UDI&lt;/strong&gt; s&#233;par&#233;e, si ce n'est que ce parti est, lui, ouvertement affili&#233; &#224; l'ALDE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sociaux-d&#233;mocrates, selon moi, passent &#224; c&#244;t&#233; d'un argument cl&#233; de campagne : leurs &#233;lus seront moins nombreux que ceux de LaREM et du RN, mais ils p&#232;seront davantage de par leur appartenance au deuxi&#232;me groupe du PE. Or, ils ont pr&#233;f&#233;r&#233; une alliance de fa&#231;ade, la principale raison &#233;tant sans doute d'atteindre le seuil de 5%, mais de ce fait il est vraisemblable que cette union &#233;clate apr&#232;s les &#233;lections, les &#233;lus rejoignant des groupes diff&#233;rents. Une candidate a d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; vouloir si&#233;ger avec les &#233;cologistes ! Sauf clarification ult&#233;rieure, je serai r&#233;ticent &#224; donner ma voix &#224; &lt;strong&gt;PS/Place Publique&lt;/strong&gt;. Mes regrets pour Sylvie Guillaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant consid&#233;r&#233; les principaux groupes du PE (je fais ici abstraction de ECR qui ne concerne gu&#232;re les &#233;lections en France et qui pourrait bien &#233;clater), il me reste &#224; voir du c&#244;t&#233; de ceux qui seront capables de donner des coups de pied dans la fourmili&#232;re, tant il est n&#233;cessaire pour l'UE de se r&#233;former et de mieux r&#233;pondre aux attentes des citoyens. Le groupe des Verts me para&#238;t bien plac&#233;, et j'ai donc de la sympathie pour la liste &lt;strong&gt;EELV&lt;/strong&gt;. Ce parti devrait comme &#224; son habitude faire campagne en affichant son affiliation au PVE, c'est tr&#232;s important pour moi. Malheureusement, le PVE, dont la coh&#233;rence est pourtant bien sup&#233;rieure &#224; celle des autres familles politiques mainstream, r&#233;unit encore des partis nationaux d'origine et d'orientation souvent tr&#232;s diff&#233;rentes, et l'action de son groupe au PE s'en ressent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;carte d&#233;finitivement &lt;strong&gt;LFI&lt;/strong&gt; et son plan B, et bien s&#251;r tous les partis eurosceptiques. Reste la tentative innovante de Printemps Europ&#233;en, auquel a adh&#233;r&#233; &lt;strong&gt;G&#233;n&#233;ration.s&lt;/strong&gt;. Je n'en partage pas tous les choix id&#233;ologiques, mais l'engagement f&#233;d&#233;raliste ne fait aucun doute et en tant que militant pour des partis transnationaux je souhaite vivement que Y&#225;nis Varouf&#225;kis r&#233;ussisse son pari. Il s'agit certes d'une d&#233;marche top-down, a priori tout le contraire du f&#233;d&#233;ralisme, mais DiEM25 a r&#233;ussi &#224; rassembler des partis nationaux existants, s'assurant ainsi un ancrage territorial. Il y a l&#224; du potentiel pour un v&#233;ritable parti transnational, pour autant que ses composantes militent ult&#233;rieurement, &#224; tous les &#233;chelons, sous l'&#233;tiquette de Printemps Europ&#233;en. En France, pour ces &#233;lections europ&#233;ennes, il y aura une liste commune G&#233;n&#233;ration.s et DemE (D&#233;mocratie en Europe, l'antenne &#233;lectorale de DiEM25). C'est un bon d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste aussi la question du choix entre le vote de soutien &#224; des initiatives conformes &#224; ma vision des partis transnationaux et le vote utile. Printemps Europ&#233;en r&#233;ussira-t-il &#224; cr&#233;er un groupe au PE ? C'est peu probable. Quelle sera alors l'influence des d&#233;put&#233;s &#233;lus sur cette liste ? Nul ne le sait. Est-il opportun de donner ma voix au &lt;strong&gt;PACE&lt;/strong&gt;, un parti f&#233;d&#233;raliste qui m&#233;rite des encouragements, en particulier ses dirigeants avec lesquels j'entretiens des liens personnels ? Et que faire de &lt;strong&gt;Volt&lt;/strong&gt;, la jeunesse f&#233;d&#233;raliste en action ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, vous l'aurez compris, mon choix sera moins d&#233;termin&#233; par les positions id&#233;ologiques des uns et des autres et les alliances franco-fran&#231;aises que par la coh&#233;rence d'une famille politique &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, son influence potentielle et sa d&#233;termination &#224; faire progresser l'int&#233;gration europ&#233;enne pour finalement instituer une Europe f&#233;d&#233;rale. De ce point de vue, les param&#232;tres peuvent &#233;voluer jusqu'au dernier moment. Mes amis conna&#238;tront donc ma d&#233;cision le 26 mai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;lections europ&#233;ennes : parlons enfin d'Europe sociale !</title>
		<link>https://www.uef.fr/europe-sociale-lyon-9-mars-2019</link>
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		<dc:date>2019-03-12T21:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Jouvenat</dc:creator>


		<dc:subject>Auvergne-Rh&#244;ne-Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>une</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections europ&#233;ennes 2019</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans le cadre de sa campagne pour les &#233;lections europ&#233;ennes, l'Union des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens (UEF) organisait le samedi 9 mars &#224; Lyon une journ&#233;e de d&#233;bats sur le th&#232;me &#201;lections europ&#233;ennes : parlons enfin d'Europe sociale !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.uef.fr/evenements" rel="directory"&gt;&#201;v&#233;nements&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.uef.fr/auvergne-rhone-alpes" rel="tag"&gt;Auvergne-Rh&#244;ne-Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.uef.fr/une" rel="tag"&gt;une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.uef.fr/elections-europeennes-2019" rel="tag"&gt;&#201;lections europ&#233;ennes 2019&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de sa campagne pour les &#233;lections europ&#233;ennes, l'Union des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens (UEF) organisait le samedi 9 mars &#224; Lyon une journ&#233;e de d&#233;bats sur le th&#232;me &#201;lections europ&#233;ennes : parlons enfin d'Europe sociale !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Devant une soixantaine de personnes, &lt;strong&gt;Sandro Gozi&lt;/strong&gt;, ancien secr&#233;taire d'&#201;tat aupr&#232;s du pr&#233;sident du Conseil italien en charge des affaires europ&#233;ennes et pr&#233;sident de l'UEF, a ouvert les d&#233;bats en soulignant que les enjeux des prochaines &#233;lections europ&#233;ennes donnent aux f&#233;d&#233;ralistes une opportunit&#233; unique de promouvoir l'Europe f&#233;d&#233;rale, seule &#224; m&#234;me d'apporter des r&#233;ponses &#224; la fois aux d&#233;fis d'ordre plan&#233;taire et au repli nationaliste. L'Europe f&#233;d&#233;rale est une Europe qui &#171; multiplie les opportunit&#233;s &#187; en unissant nos forces dans un monde globalis&#233; o&#249; &lt;i&gt;&#171; l'ind&#233;pendance nationale a fait place &#224; l'interd&#233;pendance &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; La vraie souverainet&#233;, c'est la reprise de contr&#244;le &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il martel&#233;. Il faut &#171; faire l'Europe autrement &#187; et poser si n&#233;cessaire la question de la r&#233;vision des trait&#233;s, se f&#233;licitant que celle-ci n'est aujourd'hui plus un tabou. Il est indispensable de mettre fin &#224; la r&#232;gle de l'unanimit&#233;. Il faut aussi prendre au s&#233;rieux le principe de solidarit&#233; inscrit dans les trait&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Cessons de nous plaindre que l'Europe n'a pas de comp&#233;tences en mati&#232;re sociale, il faut lui en donner &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'inspirant de la d&#233;marche du &#171; cercle excentrique &#187; (aussi appel&#233;e bocal &#224; poisson), les organisateurs ont commenc&#233; par interpeler le public, ceci &#224; partir des propositions des Jeunes Europ&#233;ens F&#233;d&#233;ralistes pour une Europe sociale. Les participants se sont ainsi exprim&#233;s librement sur leur ressenti de la probl&#233;matique de l'int&#233;gration europ&#233;enne en g&#233;n&#233;ral et des questions sociales en particulier. De nombreux sujets ont &#233;t&#233; abord&#233;s. On retiendra ici deux des principales conclusions :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 1) L'Europe f&#233;d&#233;rale doit se faire non seulement au niveau des institutions mais aussi de la soci&#233;t&#233; civile (partis transnationaux, syndicats europ&#233;ens) ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 2) Il ne faut pas faire de l'Union europ&#233;enne (UE) un nouvel &#201;tat providence, ne pas remplacer ce qui se fait bien au plan national, mais &#234;tre compl&#233;mentaire selon le principe de subsidiarit&#233; qui caract&#233;rise le f&#233;d&#233;ralisme.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;A suivi une allocution de &lt;strong&gt;Karine Dognin-Sauze&lt;/strong&gt;, Vice-pr&#233;sidente de la M&#233;tropole Lyon, ville h&#244;te de l'&#233;v&#232;nement, qui a fait part des r&#233;alisations de la m&#233;tropole en relation avec les politiques europ&#233;ennes et a plaid&#233; pour une Europe humaine, de proximit&#233; avec les villes et les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux tables rondes constituaient la substance de cette journ&#233;e-d&#233;bat. Pour la premi&#232;re, le mod&#233;rateur a d'abord fait un rappel des comp&#233;tences et r&#233;alisations de l'UE en mati&#232;re sociale, puis a pos&#233; deux questions aux intervenants :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 1) Quelles sont les mesures que l'Europe doit prendre ou abroger pour commencer mettre en place un embryon une politique sociale ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 2) Pensez-vous que la politique sociale peut &#234;tre un facteur d'acc&#233;l&#233;ration de coh&#233;sion du peuple europ&#233;en face au populisme et aux r&#233;flexes nationaux ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvie Guillaume&lt;/strong&gt;, Vice-pr&#233;sidente du Parlement europ&#233;en (PE), a d'embl&#233;e soulign&#233; que &lt;i&gt;&#171; dans le contexte interinstitutionnel de l'UE, le PE peine &#224; se faire entendre &#187;&lt;/i&gt;. D&#233;j&#224; en son sein, en raison de courants politiques tr&#232;s vari&#233;s, il est souvent difficile d'obtenir un accord, m&#234;me au niveau des commissions. Puis viennent les r&#233;sistances du Conseil et de la Commission. Ainsi, l'UE ne prend pas ses responsabilit&#233;s en totalit&#233;. Par exemple, s'agissant de la lutte contre le dumping social, les avanc&#233;es pour l'application du principe d'&#233;galit&#233; : &#224; travail &#233;gal et lieu de travail &#233;gal, salaire &#233;gal et protection sociale &#233;gale, n'ont abouti qu'au prix de l'exclusion du transport routier. Sylvie Guillaume constate ainsi que le socle europ&#233;en des droits sociaux adopt&#233; en novembre 2017 est difficile &#224; traduire dans la l&#233;gislation. Le Conseil invoque des contraintes de co&#251;t. &lt;i&gt;&#171; Mais qu'est-ce qui co&#251;te le plus cher au final dans notre soci&#233;t&#233; ? Une bonne indemnisation ou la destruction du tissu social ? &#187;&lt;/i&gt;, a-t-elle observ&#233;. Enfin, elle a relev&#233; deux priorit&#233;s : Il faut r&#233;pondre aux besoins de la jeunesse (emploi, &#8230;) et mettre en &#339;uvre un plan europ&#233;en de lutte contre la pauvret&#233; (logement, &#8230;). Cela exige un budget ad&#233;quat aliment&#233; par des ressources propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mariano Fandos&lt;/strong&gt;, secr&#233;taire conf&#233;d&#233;ral, service international Europe de la CFDT, a rappel&#233; que le Socle europ&#233;en des droits sociaux est une revendication men&#233;e par les syndicats depuis 2013 puis relay&#233;e par le PE. D'autres revendications sont &#224; l'origine d'avanc&#233;es sociales ; c'est le fait d'une &#171; politique socio-europ&#233;enne des syndicats &#187;. L'Autorit&#233; europ&#233;enne du travail, dont le principe a r&#233;cemment &#233;t&#233; adopt&#233; par le PE et le Conseil, en est un exemple. Le combat se poursuit avec la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats. Les revendications de la CFDT incluent le salaire minimum (60% du salaire m&#233;dian, adapt&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; &#233;conomique de chaque pays) ; un syst&#232;me de r&#233;assurance ch&#244;mage qui serait le symbole d'une solidarit&#233; europ&#233;enne ; un fonds d'anticipation et d'accompagnement des transitions (climatique, technologique, num&#233;rique) pour favoriser la convergence sociale non seulement par des r&#232;gles mais aussi par des politiques communes ; des accords commerciaux respectant les normes sociales et environnementales ; un ambassadeur du climat au niveau europ&#233;en. Mariano Fandos a aussi soulign&#233; que &lt;i&gt;&#171; si on n'avance pas vite, c'est aussi une responsabilit&#233; patronale ; les organisations patronales pr&#233;f&#232;rent le lobbying &#224; la n&#233;gociation &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Henri Malosse&lt;/strong&gt;, entrepreneur, ancien pr&#233;sident du Comit&#233; &#233;conomique et social europ&#233;en, s'est voulu provocateur en r&#233;action &#224; la question de ce que doit faire l'UE. Sa r&#233;ponse : &#171; surtout rien &#187;. Selon lui, il faut privil&#233;gier le dialogue social en s'appuyant sur les corps interm&#233;diaires : &lt;i&gt;&#171; la dimension sociale doit venir d'abord des partenaires sociaux &#224; qui il faut donner du pouvoir &#187;&lt;/i&gt;. Ensuite, il faut conditionner les aides relevant de la politique de coh&#233;sion au respect des r&#232;gles communautaires, en particulier concernant le dumping social. Pour lutter contre le populisme, il faut reconstruire le projet europ&#233;en, en d&#233;rive depuis 10-15 ans. &lt;i&gt;&#171; L'Europe sociale implique plus de d&#233;mocratie, avec plus de pouvoir au PE, aux corps interm&#233;diaires et au citoyen par l'initiative citoyenne europ&#233;enne ; tant que l'UE fonctionnera selon le triangle maudit : &#201;tats/technocratie/lobbys, il n'y aura pas d'Europe sociale &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard Barthalay&lt;/strong&gt;, &#233;conomiste, ancien titulaire de la chaire Jean Monnet d'&#233;conomie europ&#233;enne &#224; Lyon 2, pr&#233;sident du r&#233;seau d'initiatives Puissance Europe/Weltmacht Europa, a souhait&#233; prendre du recul pour se situer dans le temps long afin d'examiner un paradoxe : &lt;i&gt;&#171; on s'&#233;loigne de l'Europe sociale et en m&#234;me temps on s'en rapproche &#187;&lt;/i&gt;. On s'en &#233;loigne avec la &#171; d&#233;ferlante lib&#233;rale &#187; qui a travers&#233; plusieurs &#171; moments &#187;, le premier &#233;tant l'abandon du syst&#232;me de Bretton Woods qui a conduit aux d&#233;valuations comp&#233;titives et &#224; la privatisation de la monnaie (Friedman), suivi de la libre circulation des capitaux (Thatcher/Delors), les exc&#233;dents allemands (Schr&#246;der) ayant conduit &#224; la d&#233;sint&#233;gration &#233;conomique de la zone euro, et enfin l'accentuation des politiques d'aust&#233;rit&#233; (Sch&#228;uble). On s'en rapproche car il y a une pression pour une politique sociale, il y a urgence. Ainsi, le moment pr&#233;sent pourrait &#234;tre un moment spinellien (&lt;i&gt;&#171; la r&#233;volution europ&#233;enne sera sociale &#187;&lt;/i&gt;) mais malheureusement l'euro demeure inachev&#233;. Or, &lt;i&gt;&#171; la premi&#232;re politique sociale, c'est la politique mon&#233;taire. La monnaie en soi est un contrat social &#187;&lt;/i&gt;. A la question de savoir s'il existe un peuple europ&#233;en, Bernard Barthalay rappelle qu'un peuple n'existe pas de mani&#232;re organique, il se constitue : &lt;i&gt;&#171; l'acte de naissance d'un peuple est l'acte constituant de la f&#233;d&#233;ration, et envisager un peuple europ&#233;en est indissociable de la question sociale &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me table ronde avait pour th&#232;me : &lt;i&gt;&#171; Quel(le)s harmonisation fiscale, ressources, budget europ&#233;en pour une Europe plus sociale ? &#187;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Gr&#233;gory Doucet&lt;/strong&gt;, Secr&#233;taire d'EELV Lyon, a centr&#233; son intervention sur la dimension environnementale : &lt;i&gt;&#171; une Europe sociale est une Europe d&#233;mocratique qui prend soin des citoyens europ&#233;ens, en premier lieu sur la question climatique ; l'Europe peut servir de mod&#232;le pour entra&#238;ner le reste du monde &#187;&lt;/i&gt;. Parmi les propositions de EELV pour les &#233;lections europ&#233;ennes, Gr&#233;gory Doucet a insist&#233; sur le financement de la politique sociale : exclure les investissements &#233;cologiques de la r&#232;gle des 3%, taxes carbone et Gafa, et r&#233;forme de la BCE dont les objectifs devraient &#234;tre d&#233;finis par le PE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain-Paul Godard&lt;/strong&gt;, ancien PDG de Rh&#244;ne-Poulenc Aventis, a pr&#233;sent&#233; la vision, certes personnelle, d'un chef d'entreprise. L'UE et aussi les entreprises doivent se d&#233;partir de la primaut&#233; de l'&#233;conomique pour &#233;voluer vers l'&#233;galit&#233; entre l'&#233;conomique et le social. La gouvernance de l'entreprise devrait s'inspirer du mod&#232;le allemand pour associer davantage les partenaires sociaux. S'agissant du financement de la politique sociale, selon lui les entreprises se portaient tr&#232;s bien lorsque le taux d'imposition &#233;tait de l'ordre de 40%. L'harmonisation fiscale doit inclure les cotisations sociales. Alain-Paul Godard consid&#232;re la sanction indispensable au respect des r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alberto Majocchi&lt;/strong&gt;, professeur de sciences de la finance et vice-pr&#233;sident de l'Institut d'&#233;tudes sur le f&#233;d&#233;ralisme de Turin, s'est clairement prononc&#233; en faveur des r&#232;gles budg&#233;taires. Il faut &#233;viter les d&#233;rives et &lt;i&gt;&#171; le vrai probl&#232;me n'est pas l'aust&#233;rit&#233; &#233;conomique mais le manque de comp&#233;tences des institutions europ&#233;ennes pour mener des politiques de d&#233;veloppement &#187;&lt;/i&gt;. L'Europe doit imm&#233;diatement donner l'exemple en mati&#232;re d'&#233;missions carbone, et aussi de v&#233;rit&#233; des prix en taxant si n&#233;cessaire les produits import&#233;s. Elle doit mener une politique globale : &lt;i&gt;&#171; il n'y a pas d'&#233;quilibre social sans d&#233;veloppement &#233;conomique et pas de d&#233;veloppement &#233;conomique sans protection de l'environnement &#187;&lt;/i&gt;. &#201;voquant les &#233;lections europ&#233;ennes, Alberto Majocchi a appel&#233; les forces progressistes &#224; d&#233;finir un plan commun pour un d&#233;veloppement durable, impliquant plus de d&#233;mocratie europ&#233;enne, un PE aux pouvoirs accrus et &lt;i&gt;&#171; un v&#233;ritable gouvernement europ&#233;en qui parle au peuple europ&#233;en &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel D&#233;voluy&lt;/strong&gt;, &#233;conomiste, chaire Jean Monnet de l'universit&#233; de Strasbourg, pr&#233;sident de l'UEF-PACA, s'est positionn&#233; en d&#233;fenseur du f&#233;d&#233;ralisme. Selon lui, l'Europe sociale demeure entrav&#233;e par la doctrine n&#233;o-lib&#233;rale dominante mais surtout par la nature intergouvernementale de la construction europ&#233;enne. Le f&#233;d&#233;ralisme et le partage de souverainet&#233; qui l'accompagne font peur. Car &lt;i&gt;&#171; le social est le c&#339;ur de l'identit&#233; des &#201;tats &#187;&lt;/i&gt;. Le principe de subsidiarit&#233; est ici exacerb&#233; : en se basant sur une conception large du social (politiques de l'emploi, lutte contre la pauvret&#233;, redistribution, &#233;cologie &#8230;), les politiques de l'UE ne repr&#233;sentent que 1/300e. Pourtant, Michel D&#233;voluy avertit : il faut casser la logique de la comp&#233;tition sociale entre &#201;tats. &lt;i&gt;&#171; Aussi longtemps qu'on ne basculera pas dans une Europe f&#233;d&#233;rale avec un vrai gouvernement disposant de ressources ad&#233;quates, la question sociale sera la laiss&#233;e pour compte de la construction europ&#233;enne, avec des &#201;tats qui resteront en concurrence les uns avec les autres &#187;&lt;/i&gt;. Il faut donc changer les Trait&#233;s, ce qui implique sans doute une Europe &#224; deux vitesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion de la journ&#233;e, un &#171; d&#233;bat mouvant &#187; a invit&#233; les participants &#224; se positionner sur deux sujets. Le premier concernait l'IVG, la majorit&#233; consid&#233;rant que l'UE doit garantir ce droit fondamental &#224; tous les citoyens europ&#233;ens ; une minorit&#233; s'y est oppos&#233; au titre de la diversit&#233; culturelle mais aussi par crainte que ce droit soit remis en cause dans toute l'Europe. Le second sujet concernait la mise en place d'une assurance ch&#244;mage compl&#233;mentaire. Les partisans ont pr&#233;cis&#233; que l'UE n'a pas vocation &#224; verser des aides individuelles mais qu'elle peut cr&#233;er un m&#233;canisme de solidarit&#233; pour soutenir les &#201;tats en cas de crise &#233;conomique ; les opposants jugeaient plus efficace une gestion des aides au plus proche du terrain car r&#233;pondant mieux aux besoins des demandeurs d'emploi. Ces deux questions ont permis d'envisager concr&#232;tement la notion de subsidiarit&#233; sur des th&#233;matiques sociales.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.uef.fr/IMG/png/2019.03.09_visuel_conference_-_v4.2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.uef.fr/local/cache-vignettes/L500xH260/2019.03.09_visuel_conference_-_v4.2-6c69b.png?1692309319' width='500' height='260' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Lyon - &#201;lections europ&#233;ennes : parlons enfin d'Europe sociale !
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;UEF AuRA
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;mocratiser l'Europe : un f&#233;d&#233;raliste r&#233;pond &#224; Paul Magnette</title>
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		<dc:date>2017-12-03T12:41:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Jouvenat</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le &#171; Projet pour un trait&#233; de d&#233;mocratisation de la gouvernance de la zone euro &#187; (T-Dem) inspir&#233; par l'&#233;conomiste Thomas Piketty, instituant une nouvelle assembl&#233;e parlementaire compos&#233;e principalement de d&#233;put&#233;s issus des parlements nationaux, avait soulev&#233; l'ire non seulement des f&#233;d&#233;ralistes mais aussi de nombreux autres observateurs eux-aussi pr&#233;occup&#233;s par le d&#233;ficit d&#233;mocratique de la gouvernance de la zone euro. Parmi les principaux griefs : l'impasse ainsi faite sur le Parlement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.uef.fr/tribunes-9-9-9" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.uef.fr/local/cache-vignettes/L150xH79/arton627-f74a6.jpg?1692309320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le &#171; Projet pour un trait&#233; de d&#233;mocratisation de la gouvernance de la zone euro &#187; (T-Dem) inspir&#233; par l'&#233;conomiste Thomas Piketty, instituant une nouvelle assembl&#233;e parlementaire compos&#233;e principalement de d&#233;put&#233;s issus des parlements nationaux, avait soulev&#233; l'ire non seulement des f&#233;d&#233;ralistes mais aussi de nombreux autres observateurs eux-aussi pr&#233;occup&#233;s par le d&#233;ficit d&#233;mocratique de la gouvernance de la zone euro. Parmi les principaux griefs : l'impasse ainsi faite sur le Parlement europ&#233;en, une confusion entre pouvoirs l&#233;gislatif et ex&#233;cutif ainsi qu'entre comp&#233;tences communautaires et nationales, et une complexification du syst&#232;me. D'aucuns ont aussi relev&#233; un penchant souverainiste ainsi qu'un parti pris sur les politiques &#224; mener (fin des politiques d'aust&#233;rit&#233;, mutualisation des dettes publiques), avec l'objectif &#224; peine cach&#233; de faire &#233;merger dans la nouvelle assembl&#233;e une majorit&#233; de gauche et de minoriser l'Allemagne. Un projet qui n'a gu&#232;re eu d'&#233;cho au-del&#224; de nos fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que Paul Magnette, homme politique belge et &#233;minent sp&#233;cialiste de l'int&#233;gration europ&#233;enne, se prononce en faveur du T-Dem, tout en essayant timidement de r&#233;tablir des &#233;quilibres entre la nouvelle assembl&#233;e et les institutions existantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les f&#233;d&#233;ralistes &#233;tant pris &#224; partie &#224; plusieurs reprises, quelques pr&#233;cisions s'imposent afin de dissiper tout malentendu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Paul Magnette et le d&#233;ni de f&#233;d&#233;ralisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On savait Paul Magnette r&#233;serv&#233; face au &#171; mim&#233;tisme institutionnel &#187; consistant, pour l'Union europ&#233;enne, &#224; singer le parlementarisme national ou les mod&#232;les f&#233;d&#233;ralistes historiques. En l'absence d'un peuple europ&#233;en, nous avait-il dit, le r&#233;gime parlementaire de l'Union ne peut &#234;tre qu'une &#171; &#233;corce juridique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Magnette, Au nom des peuples &#8211; Le malentendu constitutionnel europ&#233;en, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si les f&#233;d&#233;ralistes sont eux aussi conscients des sp&#233;cificit&#233;s de la construction europ&#233;enne et savent qu'un long chemin reste &#224; parcourir avant de se rapprocher du bicam&#233;ralisme parfait tel qu'il existe aux &#201;tats-Unis et en Suisse, ils ne sauraient pour autant partager le postulat selon lequel il serait &#171; indispensable d'associer les &#233;lus nationaux &#224; la d&#233;finition des priorit&#233;s de l'Union &#187;. Car de quoi parle-t-on ? S'il s'agit de d&#233;cider de l'attribution de nouvelles comp&#233;tences &#224; l'Union, les &#233;lus nationaux jouent &#233;videmment un premier r&#244;le. Mais lorsqu'il s'agit de d&#233;finir et mettre en &#339;uvre les politiques de l'Union dans le cadre de ses comp&#233;tences, les f&#233;d&#233;ralistes restent fid&#232;les au principe selon lequel les parlements nationaux contr&#244;lent les gouvernements nationaux, y compris dans leur fonction de repr&#233;sentation au niveau de l'Union, et le Parlement europ&#233;en contr&#244;le l'ex&#233;cutif europ&#233;en. L'Union des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens (UEF) a adopt&#233; r&#233;cemment une r&#233;solution dans ce sens. Paul Magnette lui-m&#234;me avait relev&#233; que les d&#233;put&#233;s europ&#233;ens, &#233;lus sur une base nationale, sont peu enclins &#224; agir dans une logique europ&#233;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Magnette, Au nom des peuples &#8211; Le malentendu constitutionnel europ&#233;en, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (un d&#233;faut de l&#233;gitimit&#233; d&#251;, selon nous, non pas &#224; leur statut, mais aux pratiques &#233;lectorales actuelles). Pourquoi en serait-il autrement des &#233;lus nationaux ? Une r&#233;vision en 2002 de l'Acte &#233;lectoral europ&#233;en a rendu incompatible le mandat de parlementaire europ&#233;en avec celui de parlementaire national. Le T-Dem repr&#233;senterait un consid&#233;rable retour en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette propension &#224; mettre les &#233;lus en premi&#232;re ligne dans la gouvernance communautaire n'est pas surprenante de la part de Paul Magnette. Dans ses &#233;crits, il affirme &#224; l'envi que l'Union europ&#233;enne demeure une organisation internationale et n'est pas un syst&#232;me f&#233;d&#233;ral en gestation. Les autres d&#233;saccords avec les f&#233;d&#233;ralistes sont donc nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en est-il de l'all&#233;gation qu'une assembl&#233;e compos&#233;e d'&#233;lus nationaux (rejoints, &#224; la suite des premi&#232;res critiques, par des &#233;lus europ&#233;ens dans la proportion d'un cinqui&#232;me) est &#171; un contrepoids d&#233;mocratiquement n&#233;cessaire au pouvoir du Conseil europ&#233;en &#187; et est &#171; susceptible de cr&#233;er un pont entre les d&#233;fenseurs d'une Union davantage ancr&#233;e dans ses territoires socio-politiques effectifs et les f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens qui d&#233;fendent eux aussi l'id&#233;e d'un gouvernement &#233;conomique et budg&#233;taire europ&#233;en &#187;. D'une part, selon la vision f&#233;d&#233;raliste, l'ancrage territorial de l'Union est assur&#233; par la superposition des institutions, dont l'&#233;chelon sup&#233;rieur doit bien s&#251;r &#234;tre d&#233;mocratique. Une f&#233;d&#233;ration n'existe pas par elle-m&#234;me, elle est l'&#233;manation des entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es ; elle n'est en aucun cas un super-&#201;tat qui les absorberait. D'autre part, les f&#233;d&#233;ralistes d&#233;fendent certes l'id&#233;e d'un v&#233;ritable gouvernement europ&#233;en, mais ceci dans le respect de la s&#233;paration des pouvoirs l&#233;gislatif et ex&#233;cutif. L'harmonie &#233;prouv&#233;e des institutions f&#233;d&#233;ralistes ne n&#233;cessite aucun &#171; pont &#187; suppl&#233;mentaire. Enfin, c'est le Parlement europ&#233;en qui doit assurer le contrepoids d&#233;mocratique au Conseil europ&#233;en, une institution d'ailleurs contest&#233;e en soi par les f&#233;d&#233;ralistes. Imagine-t-on les &#201;tats-Unis dirig&#233;s par une conf&#233;rence des cinquante gouverneurs des &#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes partagent bien s&#251;r le constat que &#171; dans une Union o&#249; les comp&#233;tences socio-&#233;conomiques sont largement partag&#233;es entre les niveaux europ&#233;ens et national (voire subnational), les responsabilit&#233;s d&#233;mocratiques doivent elles aussi &#234;tre partag&#233;es entre ces diff&#233;rents niveaux de pouvoir &#187;. Mais ils n'adh&#232;rent pas &#224; la solution propos&#233;e. La nouvelle assembl&#233;e ne pourrait qu'entra&#238;ner une grande confusion dans l'exercice des responsabilit&#233;s. Face &#224; l'in&#233;vitable conflit de comp&#233;tences entre le Parlement europ&#233;en et la nouvelle assembl&#233;e, Paul Magnette propose en quelque sorte que le premier se concentre sur les comp&#233;tences exclusivement europ&#233;ennes et que la seconde se charge des comp&#233;tences partag&#233;es. &#201;trange conception. Partage des responsabilit&#233;s, oui, mais chacun &#224; son niveau de pouvoir, europ&#233;en et national. Non pas par une intrusion des parlementaires nationaux dans les instances communautaires, o&#249; selon le T-Dem ils statueraient en dernier ressort. Une v&#233;ritable d&#233;construction europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Magnette justifie le principe d'une repr&#233;sentation additionnelle des parlements nationaux au pr&#233;texte que &#171; le Conseil des ministres &#8230; ne refl&#232;te pas suffisamment la diversit&#233; des opinions publiques europ&#233;ennes &#187; et que &#171; les &#233;lus europ&#233;ens sont trop peu pr&#233;sents dans les espaces publics nationaux pour pr&#233;tendre &#234;tre les seuls &#224; repr&#233;senter les citoyens &#187;. Selon les principes du f&#233;d&#233;ralisme, les citoyens sont repr&#233;sent&#233;s &#224; la fois dans les instances nationales et dans les instances communautaires, pour les enjeux respectifs. La diversit&#233; des opinions publiques europ&#233;ennes s'exprime non pas au Conseil mais au Parlement, dont les &#233;lus repr&#233;sentent l'ensemble des citoyens de l'Union, pas ceux de la circonscription dans laquelle ils sont &#233;lus. Leur r&#244;le est d'assurer la vision europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Union europ&#233;enne, le r&#244;le r&#233;serv&#233; aux parlements nationaux serait-il vraiment &#171; largement insuffisant &#187; ? Paul Magnette n'ignore pourtant pas que Le Trait&#233; de Lisbonne leur fait une large place. En mati&#232;re l&#233;gislative, ils jouissent de nombreuses pr&#233;rogatives consultatives, dont ils usent abondamment y compris &#224; travers leur coop&#233;ration interparlementaire (COSAC). Surtout, ils disposent d'un pouvoir effectif et incontest&#233; de contr&#244;ler le respect des principes de subsidiarit&#233; et de proportionnalit&#233; par la proc&#233;dure dite du carton orange. Parmi les nombreuses pr&#233;rogatives relatives &#224; la gouvernance, chaque parlement national peut s'opposer &#224; une modification des politiques internes introduite selon la proc&#233;dure simplifi&#233;e de r&#233;vision des Trait&#233;s et dispose d'un droit d'opposition en cas d'utilisation de la &#171; clause passerelle &#187; pour passer de l'unanimit&#233; &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e. On peut bien s&#251;r aller encore plus loin, &#224; condition de ne pas nuire au respect des comp&#233;tences respectives. Ainsi, le Parlement europ&#233;en a propos&#233; de donner aux parlements nationaux un carton vert consistant en un droit d'initiative en mati&#232;re de l&#233;gislation europ&#233;enne. Mais les parlements nationaux ne peuvent en aucun cas avoir la facult&#233; de &#171; rejeter des actes l&#233;gislatifs &#187; de l'Union, comme le sugg&#232;re Paul Magnette.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vraie m&#233;thode communautaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes ont choisi de soutenir les trois r&#233;solutions sur le futur de l'Union europ&#233;enne adopt&#233;es le 16 f&#233;vrier dernier par le Parlement europ&#233;en, celle bas&#233;e sur le rapport de Guy Verhofstadt &#233;tant la plus ambitieuse. Elles recouvrent tous les objectifs du T-Dem, mais proposent une simplification et une plus grande efficience des institutions actuelles plut&#244;t qu'une complexification du syst&#232;me. Au lieu d'une nouvelle assembl&#233;e destin&#233;e &#224; pallier les dysfonctionnements du Conseil, le Parlement propose plus simplement une r&#233;forme de ce Conseil. Les promoteurs du T-Dem ignorent superbement les travaux que le Parlement europ&#233;en a ainsi entrepris depuis plusieurs ann&#233;es, ce qui montre bien le peu de cas qu'ils font de cette institution majeure, et leur projet nous semble arriver soudainement comme un cheveu sur la soupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons bri&#232;vement qu'en mati&#232;re institutionnelle il est propos&#233; de renforcer le r&#244;le du Parlement (droit d'initiative l&#233;gislative, notamment), de r&#233;former le Conseil (en faire un &#171; Conseil des &#201;tats &#187; dont l'organisation et la composition serait simplifi&#233;e, les actuelles configurations l&#233;gislatives sp&#233;cialis&#233;es devenant les instances pr&#233;paratoires d'un Conseil l&#233;gislatif unique int&#233;grant le Conseil europ&#233;en et l'Eurogroupe) et de transformer la Commission en v&#233;ritable gouvernement europ&#233;en (taille r&#233;duite, poste de Ministre des Finances). Tout cela dans un souci d'optimisation, dans le contexte particulier de l''int&#233;gration europ&#233;enne, de l'&#233;quilibre traditionnel et longuement &#233;prouv&#233; du syst&#232;me bicam&#233;ral par lequel une chambre basse et une chambre haute co-l&#233;gif&#232;rent et contr&#244;lent le pouvoir ex&#233;cutif. Il est aussi propos&#233;, comme le font la plupart des observateurs, que le Parlement se r&#233;unisse en &#171; formation euro &#187; pour traiter des questions sp&#233;cifiques &#224; la zone euro. Pour le Conseil, l'accent est mis non seulement sur la transparence du processus d&#233;cisionnel, mais aussi sur la pr&#233;f&#233;rence qui doit &#234;tre donn&#233;e &#224; la &#171; m&#233;thode communautaire &#187; en ayant davantage recours &#224; la &#171; clause passerelle &#187; qui permet de remplacer l'unanimit&#233; par la majorit&#233; qualifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Conseil des Etats, les f&#233;d&#233;ralistes auraient souhait&#233; aller au-del&#224; afin de le d&#233;mocratiser davantage, de renforcer sa l&#233;gitimit&#233; et de s'assurer qu'il exerce ses responsabilit&#233;s dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en. Le rapport Verhofstadt, sans attendre le T-Dem, a propos&#233; qu'il soit compos&#233; de repr&#233;sentants des parlements nationaux ou des gouvernements, ou une combinaison des deux. Logique, s'agissant de la chambre haute. Mais comme ceux-ci auraient vraisemblablement un mandat imp&#233;ratif susceptible de perp&#233;tuer une forme d'inter-gouvernementalisme, nous pr&#233;f&#233;rons un v&#233;ritable s&#233;nat compos&#233; d'&#233;lus ayant un mandat repr&#233;sentatif. Sans n&#233;cessairement envisager des &#233;lections au suffrage universel direct, comme c'est le cas notamment aux &#201;tats-Unis et en Suisse, les s&#233;nateurs pourraient &#234;tre &#233;lus par les parlements nationaux, ou par des conseils r&#233;gionaux afin de concr&#233;tiser la dimension r&#233;gionale de l'int&#233;gration europ&#233;enne. Cependant, quel que soit le mode choisi, afin de respecter la s&#233;paration des pouvoirs europ&#233;ens et nationaux et de s'assurer que les repr&#233;sentants des &#201;tats agissent, tout comme les d&#233;put&#233;s au Parlement, avec une vision europ&#233;enne et le sens de l'int&#233;r&#234;t commun, il est essentiel d'&#233;viter tout cumul de mandats. Tout le contraire du T-Dem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode communautaire n'emp&#234;che pas le recours &#224; des m&#233;canismes additionnels propres aux relations inter&#233;tatiques. Il s'agit alors, dans une f&#233;d&#233;ration, d'assurer un minimum de coordination et d'harmonisation dans les domaines relevant de la comp&#233;tence exclusive des entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es. C'est la dimension horizontale du f&#233;d&#233;ralisme. Elle doit cependant &#234;tre totalement s&#233;par&#233;e des institutions f&#233;d&#233;rales. On peut citer l'exemple des conf&#233;rences intergouvernementales permanentes (CIGP) qui existent en Allemagne et en Suisse. Les plus connues sont la Conf&#233;rence des ministres de l'&#233;ducation et de la culture (KMK, Allemagne) et la Conf&#233;rence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP, Suisse), qui &#224; travers des &#171; Staatsvertr&#228;ge &#187; ou &#171; concordats &#187; d&#233;finissent soit des actes contraignants, soit des directives ou recommandations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le v&#233;ritable probl&#232;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est ici question &#224; la fois de la zone euro et de d&#233;mocratie europ&#233;enne. Un bon diagnostic permettra de proposer les bonnes solutions. Il y a un double probl&#232;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, il y a insuffisance de puissance publique en mati&#232;re budg&#233;taire et financi&#232;re, tant au niveau europ&#233;en que national. Dans La Double D&#233;mocratie &#8211; Une Europe politique pour la croissance (Seuil, janvier 2017), Michel Aglietta et Nicolas Leron d&#233;montrent que la gouvernance par les r&#232;gles de l'Union europ&#233;enne a pour cons&#233;quence de limiter le champ d'action de la puissance publique nationale, sans qu'il existe pour autant une puissance publique europ&#233;enne qui permettrait de mettre en &#339;uvre des politiques mues par l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en. Par ailleurs, l'introduction de la monnaie unique a provoqu&#233; une rupture du lien organique entre le souverain national et la monnaie, alors qu'en raison de l'incompl&#233;tude de l'euro les institutions europ&#233;ennes sont incapables de mener les politiques macro-&#233;conomiques qui s'imposent. Il s'agit donc d'instaurer une &#171; double d&#233;mocratie &#187; r&#233;sultant de la dualit&#233; entre (1) une Europe dot&#233;e de sa propre capacit&#233; budg&#233;taire, exerc&#233;e sous le contr&#244;le d&#233;mocratique du Parlement europ&#233;en, et (2) le niveau d&#233;mocratique des &#201;tats membres qui recouvrent leur capacit&#233; budg&#233;taire sous contr&#244;le des parlements nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit qu'il s'agit surtout de reconsid&#233;rer les comp&#233;tences respectives et de red&#233;finir les politiques &#224; mener. Il convient de donner &#224; l'Union les moyens d'assumer les responsabilit&#233;s qui lui incombent, en lui donnant un pouvoir certes limit&#233; mais r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, il y a un d&#233;ficit d&#233;mocratique dont r&#233;sulte une incompr&#233;hension voire un d&#233;samour du citoyen &#224; l'&#233;gard du projet europ&#233;en. Y rem&#233;dier suppose, dans un premier temps, une r&#233;forme des institutions europ&#233;ennes existantes, dans le sens pr&#233;conis&#233; par le Parlement europ&#233;en, plut&#244;t que d'en cr&#233;er une nouvelle. Mais d&#233;mocratiser les institutions ne suffit pas. Jean Monnet avait l'ambition d'unir non seulement des &#201;tats mais surtout des hommes. Ainsi, l'appropriation par les citoyens des d&#233;cisions prises par les institutions europ&#233;ennes n&#233;cessite avant tout le sentiment d'appartenance &#224; une destin&#233;e commune, l'existence d'un d&#232;mos europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le c&#339;ur du probl&#232;me, et le principal point de d&#233;saccord entre Paul Magnette et les f&#233;d&#233;ralistes. Le premier, on le voit au travers de ses &#233;crits, est fortement impr&#233;gn&#233; des identit&#233;s nationales et ne croit pas &#224; la perspective d'un mouvement d'appropriation de l'Europe par les citoyens, &#224; la confiance mutuelle et la solidarit&#233; des Europ&#233;ens, &#224; une possible &#171; loyaut&#233; &#187; &#224; l'&#233;gard de l'Union. Cela explique son adh&#233;sion au T-Dem. Les seconds, avec J&#252;rgen Habermas, croient possible l'&#233;mergence d'une soci&#233;t&#233; civile europ&#233;enne par le prolongement des processus qui ont construit les consciences nationales, pour une conception post-nationale de la citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc en raison de l'absence de bases sociales europ&#233;ennes que Paul Magnette r&#233;fute le mim&#233;tisme institutionnel. Il propose ainsi une &#171; socialisation transnationale &#187; des enjeux europ&#233;ens par le T-Dem. Selon nous, plut&#244;t que de perp&#233;tuer la confusion entre comp&#233;tences europ&#233;ennes et nationales, il vaut mieux cr&#233;er les bases sociales qui manquent encore &#224; la cr&#233;ation d'une communaut&#233; politique europ&#233;enne. Traitant de la d&#233;mocratie, Dominique Rousseau fait la distinction entre le peuple &#171; corps social &#187; et le peuple &#171; corps politique &#187;. Cela caract&#233;rise bien l'Union europ&#233;enne d'aujourd'hui. Le peuple corps social existe du fait de la multiplication des &#233;changes. Par contre, le peuple corps politique reste &#224; cr&#233;er, celui qui permet de cr&#233;er un lien entre le citoyen et les institutions de l'Union. De fait, un peuple se construit au fil du temps lorsque ses diverses composantes sont confront&#233;es ensemble et de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e aux probl&#233;matiques communes, par une bonne information, par le d&#233;bat politique, par toutes les formes possibles d'expression de la volont&#233; populaire, d&#233;veloppant ainsi des liens de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes actuellement dans un contexte tr&#232;s favorable pour cela. Le discours r&#233;cent, tant dans les milieux politiques qu'au sein de la soci&#233;t&#233; civile, montre qu'un consensus se dessine pour impliquer les citoyens dans toute nouvelle initiative de refondation de l'Union. Il s'agit de l&#233;gitimer ex ante le processus, plut&#244;t que de chercher &#224; obtenir ex post un blanc-seing populaire au produit d'une r&#233;flexion aristocratique, comme ce fut le cas en 2005. C'est pourquoi les propositions de &#171; conventions citoyennes &#187; se multiplient. Les peuples d'Europe devraient ainsi pouvoir exprimer leurs aspirations communes et jeter les bases d'une Constituante. Entretemps, tout projet de cr&#233;ation d'institution nouvelle ou de trait&#233; additionnel est inopportun.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Faire le bon choix&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#233;crits d&#233;j&#224; cit&#233;s, Paul Magnette se dit &#234;tre un Europ&#233;en convaincu. On n'en doute pas &#224; la lumi&#232;re de sa remarquable contribution &#224; la r&#233;flexion sur la construction europ&#233;enne. Mais il n'est pas un Europ&#233;en courageux. Constatant l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; politique de l'Europe, et sous couvert de r&#233;alisme, il semble consid&#233;rer comme seule possible, voire souhaitable, la voie fonctionnaliste jusqu'ici poursuivie, faite de compromis et d'&#233;quilibres diplomatiques, l'ambigu&#239;t&#233; qui en r&#233;sulte ayant un certain charme. Il plaide donc pour un inter-gouvernementalisme am&#233;lior&#233;. La proposition T-Dem est dans cette ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes consid&#232;rent au contraire que l'inter-gouvernementalisme ne peut &#234;tre que la somme des &#233;go&#239;smes nationaux. Un d&#233;passement est aujourd'hui n&#233;cessaire. Tout autant r&#233;alistes mais pas d&#233;faitistes, ils refusent d'admettre, contrairement &#224; Paul Magnette, que &#171; le sc&#233;nario d'une refondation f&#233;d&#233;raliste a montr&#233; toutes ses limites lors de l'exp&#233;rience de la Convention 2003-2004 &#187;. Il faut seulement s'y prendre autrement, en pr&#233;parant mieux l'opinion &#224; ce &#171; moment constitutionnel &#187; n&#233;cessaire &#224; un acte politique d&#233;finissant enfin l'Europe que nous voulons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes sont d'avis que de toutes les formes de coop&#233;ration inter&#233;tatique, la f&#233;d&#233;ration s'av&#232;re la plus &#233;quilibr&#233;e et aussi la plus durable, car elle r&#233;sulte de la conjonction de la volont&#233; des &#201;tats et de la volont&#233; du peuple, &#224; travers son syst&#232;me bicam&#233;ral, de poursuivre un id&#233;al commun. Il y a partage de souverainet&#233;, mais ceci pour une vraie souverainet&#233; de la f&#233;d&#233;ration dans son ensemble, et tout transfert de souverainet&#233; est librement consenti. C'est l'union dans la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme consacre la supr&#233;matie du droit, alors que les autres formes de coop&#233;ration lui pr&#233;f&#232;rent le politique. Michel Mouskhely, dans ses r&#233;flexions sur une f&#233;d&#233;ration europ&#233;enne, nous disait en 1964 d&#233;j&#224; que &#171; quand tout va bien, les &#201;tats acceptent sans rechigner les initiatives statutaires des organes communautaires. Mais que les difficult&#233;s surgissent, qu'elles mettent en cause les int&#233;r&#234;ts sup&#233;rieurs des &#201;tats, la force reprend son empire et le droit s'incline devant le politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lecteur de juger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo CC &lt;a href=&#034;https://www.flickr.com/photos/53390373@N06/7112262883/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;UNCTAD&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Jouvenat est un militant de l'Union des f&#233;d&#233;ralistes europ&#233;ens (UEF) - France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tribune est une r&#233;action &#224; l'article &#171; &lt;a href=&#034;https://www.alternatives-economiques.fr/democratiser-leurope-paul-magnette-repond-a-thomas-piketty/00079341&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;D&#233;mocratiser l'Europe : Paul Magnette r&#233;pond &#224; Thomas Piketty&lt;/a&gt; &#187; paru le 14 juin 2017 sur alternatives-economiques.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.alternatives-economiques.fr/democratiser-leurope-paul-magnette-repond-a-thomas-piketty/00079341&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.alternatives-economiques.fr/democratiser-leurope-paul-magnette-repond-a-thomas-piketty/00079341&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Magnette, &lt;i&gt;Au nom des peuples &#8211; Le malentendu constitutionnel europ&#233;en&lt;/i&gt;, Les &#201;ditions du Cerf, 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Magnette, &lt;i&gt;Au nom des peuples &#8211; Le malentendu constitutionnel europ&#233;en&lt;/i&gt;, Les &#201;ditions du Cerf, 2006&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Listes transnationales vs. Partis politiques transnationaux</title>
		<link>https://www.uef.fr/listes-transnationales-vs-partis-politiques-transnationaux</link>
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		<dc:date>2017-10-29T16:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Jouvenat</dc:creator>


		<dc:subject>Parlement europ&#233;en</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes militent pour une Union europ&#233;enne dot&#233;e d'institutions fond&#233;es sur les principes du f&#233;d&#233;ralisme. En toute logique, ils doivent souhaiter &#233;galement l'&#233;mergence de partis politiques transnationaux interagissant avec les institutions aux diff&#233;rents niveaux de la f&#233;d&#233;ration. En d&#233;pit de la crise de l&#233;gitimit&#233; dont souffrent aujourd'hui les partis politiques traditionnels, ceux-ci conservent un r&#244;le essentiel li&#233; &#224; notre d&#233;mocratie repr&#233;sentative. Ils sont appel&#233;s &#224; participer &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.uef.fr/tribunes-9-9-9" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.uef.fr/parlement-europeen-56" rel="tag"&gt;Parlement europ&#233;en&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.uef.fr/local/cache-vignettes/L150xH79/arton615-9d9ea.jpg?1691765747' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;ralistes militent pour une Union europ&#233;enne dot&#233;e d'institutions fond&#233;es sur les principes du f&#233;d&#233;ralisme. En toute logique, ils doivent souhaiter &#233;galement l'&#233;mergence de partis politiques transnationaux interagissant avec les institutions aux diff&#233;rents niveaux de la f&#233;d&#233;ration. En d&#233;pit de la crise de l&#233;gitimit&#233; dont souffrent aujourd'hui les partis politiques traditionnels, ceux-ci conservent un r&#244;le essentiel li&#233; &#224; notre d&#233;mocratie repr&#233;sentative. Ils sont appel&#233;s &#224; participer &#224; l'animation du d&#233;bat public europ&#233;en et ainsi contribuer &#224; la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; civile europ&#233;enne. Ils demeurent incontournables dans tout processus &#233;lectoral. Leur action en tant que force de proposition devrait &#233;voluer avec le d&#233;placement progressif du pouvoir politique du national au f&#233;d&#233;ral, ainsi qu'avec la politisation accrue des institutions f&#233;d&#233;rales, que ce soit selon le clivage traditionnel gauche-droite ou autour de mouvements politiques novateurs. Dans la perspective ultime d'une Europe f&#233;d&#233;rale, o&#249; existera un r&#233;el pouvoir &#224; conqu&#233;rir au sein des institutions f&#233;d&#233;rales, les partis politiques devront red&#233;finir leur mode op&#233;ratoire et leur structure organisationnelle, devenir transnationaux et op&#233;rer eux aussi selon les principes du f&#233;d&#233;ralisme. Niveau d&#233;cisionnel des politiques &#224; mener et niveau d'action des partis vont de pair. Il est donc essentiel que les f&#233;d&#233;ralistes int&#232;grent cette dimension dans leur r&#233;flexion strat&#233;gique et prennent de la hauteur dans la d&#233;finition des priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les listes transnationales pour les &#233;lections au Parlement europ&#233;en ne pr&#233;sentent aucun int&#233;r&#234;t. Bien au contraire. Au-del&#224; de plusieurs d&#233;fauts intrins&#232;ques (d&#233;put&#233;s hors-sol, parlement &#224; deux niveaux, s&#233;lection probl&#233;matique des candidats, m&#233;canisme favorisant les pays &#224; fort r&#233;servoir de voix, listes n&#233;cessairement limit&#233;es &#224; un faible nombre de si&#232;ges&#8230; ) elles sont surtout contre-productives au regard de la cr&#233;ation de partis transnationaux. Elles diviseraient au lieu de rassembler, en perp&#233;tuant la distinction entre partis europ&#233;ens et partis nationaux au sein d'une m&#234;me famille politique. A chacun sa liste ! Elles sont aussi dangereuses par leur tr&#232;s probable impact &#233;lectoral. La cohabitation de listes europ&#233;ennes et de listes nationales ne pourrait qu'amener l'&#233;lecteur, non sans raison d'ailleurs, &#224; &#233;tablir une distinction entre des candidats ayant une vision europ&#233;enne et des candidats suppos&#233;s d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts nationaux au sein des institutions europ&#233;ennes. De quoi renforcer le caract&#232;re national de ces &#233;lections, soit tout le contraire de l'objectif poursuivi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La comparaison avec le mode d'&#233;lection au Bundestag est fallacieuse. En (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Et s'agissant de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts nationaux, ce sont bien s&#251;r les partis populistes et europhobes qui sont les mieux plac&#233;s. On ne peut que s'&#233;tonner d'un tel aveuglement de la part des promoteurs de ces listes qu'ils d&#233;fendent avec tant de passion et d'obstination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si l'intention est de cr&#233;er un d&#233;bat europ&#233;en autour de projets europ&#233;ens centr&#233;s sur les enjeux de port&#233;e europ&#233;enne, pourquoi ne pas chercher &#224; &#233;tendre ce d&#233;bat &#224; l'ensemble des candidats ? Il suffit pour cela de mettre les partis europ&#233;ens en premi&#232;re ligne, non seulement pour un petit nombre de si&#232;ges (25, 73, 30, 43&#8230;, les propositions foisonnent !), mais pour la totalit&#233; des si&#232;ges &#224; pouvoir. Si on juge les partis europ&#233;ens capables de faire campagne pour une poign&#233;e de si&#232;ges (a-t-on seulement pens&#233; comment ?), ils peuvent aussi bien le faire pour la totalit&#233;. L'investissement humain et mat&#233;riel est le m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Etats f&#233;d&#233;raux o&#249; les partis politiques sont bien int&#233;gr&#233;s &#224; l'&#233;chelle de la f&#233;d&#233;ration (la Suisse en est le meilleur exemple), les &#233;lections aux instances f&#233;d&#233;rales se d&#233;roulent le plus souvent, et sans probl&#232;me, comme pour les &#233;lections europ&#233;ennes aujourd'hui : circonscriptions locales, candidats s&#233;lectionn&#233;s et campagnes men&#233;es par les instances locales des partis, r&#233;partition des si&#232;ges entre partis au sein des entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es dans la limite des quotas pr&#233;d&#233;finis (&#224; l'exception notoire de l'Allemagne qui a un syst&#232;me plus compliqu&#233;). L'UE ne disposant pas encore de partis transnationaux, la seule mani&#232;re de v&#233;ritablement europ&#233;aniser les &#233;lections est d'&lt;strong&gt;attribuer les voix aux partis europ&#233;ens&lt;/strong&gt; (comme le feraient les listes transnationales, mais alors pour tous les si&#232;ges), sans qu'il soit pour autant n&#233;cessaire de renoncer aux circonscriptions locales et aux quotas nationaux, ce qui devrait rendre une telle proposition plus acceptable politiquement. Les math&#233;maticiens ont d&#233;j&#224; une formule toute pr&#234;te, celle de la &#171; double proportionnalit&#233; &#187;, selon laquelle les si&#232;ges sont attribu&#233;s en tenant compte, d'une part, des quotas nationaux et, d'autre part, des r&#233;sultats des partis politiques, ceci &#224; l'&#233;chelle de l'Union lors d'une premi&#232;re r&#233;partition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kai-Friedericke Oelbermann and Friedrich Pukelsheim, Future European (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les avantages sont multiples :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; campagnes con&#231;ues et coordonn&#233;es au niveau europ&#233;en, donc pan-europ&#233;ennes, et ex&#233;cut&#233;es de mani&#232;re d&#233;centralis&#233;e par les partis nationaux, renfor&#231;ant ainsi les synergies au sein d'une m&#234;me famille politique ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; propagande &#233;lectorale alors n&#233;cessairement bas&#233;e sur le manifeste du parti europ&#233;en ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; bulletins de vote comportant les logos du parti europ&#233;en et des partis nationaux affili&#233;s, l'&#233;lecteur &#233;tant cependant inform&#233; que son vote est attribu&#233; directement au parti europ&#233;en, l'effet psychologique qui en r&#233;sulte permettant de clarifier les enjeux de l'&#233;lection ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; un nombre limit&#233; de candidats au sein de la circonscription locale permettant d'introduire le vote pr&#233;f&#233;rentiel, voire m&#234;me le syst&#232;me allemand ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; des &#233;lus identifi&#233;s &#224; un des partis europ&#233;ens dot&#233;s de la personnalit&#233; juridique europ&#233;enne et non plus &#224; une multitude de partis nationaux, renfor&#231;ant ainsi la l&#233;gitimit&#233; du Parlement ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; un parlement dont l'homog&#233;n&#233;it&#233; est pr&#233;serv&#233;e, tous les d&#233;put&#233;s &#233;tant &#233;lus selon la m&#234;me proc&#233;dure.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les listes transnationales ne sont pas la bonne strat&#233;gie pour europ&#233;aniser les &#233;lections. Ce n'est en aucun cas une approche f&#233;d&#233;raliste, celle-ci devant plut&#244;t favoriser la cr&#233;ation de partis transnationaux.&lt;/strong&gt; Tout au plus pourra-t-on les envisager ult&#233;rieurement comme une cerise sur le g&#226;teau, &#233;largissant le choix de l'&#233;lecteur &#224; des candidats r&#233;sidant hors de la circonscription locale, mais seulement lorsque celui-ci aura appris &#224; distinguer les enjeux respectifs des &#233;lections locales, nationales et europ&#233;ennes. Et cela restera une question bien mineure au regard des d&#233;fis que pose la d&#233;mocratie europ&#233;enne. Donner &#224; un citoyen marseillais lambda la possibilit&#233; de voter pour une forte personnalit&#233; europ&#233;enne d'origine lithuanienne, ce qu'il ferait sans conviction, ne cr&#233;e pas un d&#232;mos europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les Spitzenkandidaten, nous dira-t-on ? Le mode d'&#233;lection du pr&#233;sident de la Commission est devenu au fil du temps le principal argument en faveur des listes transnationales. Or, c'est un faux probl&#232;me qui r&#233;sulte du flou du Trait&#233; de Lisbonne, un flou qui entretient la gu&#233;guerre et les luttes d'influence entre institutions de l'UE, sans parler des calculs politiciens (Emmanuel Macron), voire les ambitions personnelles (Guy Verhofstadt). Tout cela a peu &#224; voir avec la d&#233;mocratie. Cette question doit donc &#234;tre trait&#233;e s&#233;par&#233;ment et explicitement. Au choix : une &#233;lection au suffrage universel ou conform&#233;ment &#224; un r&#233;gime parlementaire. Dans la seconde hypoth&#232;se, au sein d'une f&#233;d&#233;ration le pr&#233;sident de l'ex&#233;cutif devrait id&#233;alement &#234;tre d&#233;sign&#233; par les deux chambres (parlement et s&#233;nat) r&#233;unies en Congr&#232;s. Cela devrait &#234;tre le vrai combat des f&#233;d&#233;ralistes. Dans l'imm&#233;diat, lors des &#233;lections europ&#233;ennes les candidats peuvent se profiler comme chef de file ou de campagne de leur parti, sans n&#233;cessairement &#234;tre t&#234;te de liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militer pour des partis transnationaux est bien s&#251;r plus ambitieux que de soutenir la proposition de listes transnationales. La cr&#233;ation de tels partis suppose une clarification et une convergence de l'offre id&#233;ologique au sein d'une m&#234;me famille politique, s'agissant pour le moins des enjeux europ&#233;ens. La l&#233;gislation europ&#233;enne devra &#233;voluer pour favoriser ces rapprochements. Une r&#233;vision de l'Acte &#233;lectoral en faveur des partis europ&#233;ens serait une premi&#232;re &#233;tape, entra&#238;nant in&#233;vitablement des ajustements parmi les alliances actuelles, au b&#233;n&#233;fice d'une plus grande homog&#233;n&#233;it&#233;. De m&#234;me, proposer un vrai mode d'&#233;lection pour le pr&#233;sident de la Commission est plus ambitieux que de se contenter de tirer le meilleur parti du flou actuel. Mais dans les deux cas les b&#233;n&#233;fices pour la d&#233;mocratie europ&#233;enne, la cr&#233;ation d'un d&#232;mos europ&#233;en, sont sans commune mesure avec ce que l'on pourrait attendre des listes transnationales. On est dans une toute autre dimension, il y a l&#224; une v&#233;ritable vision de long terme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les listes transnationales rel&#232;vent du gadget. Un gadget dangereux, de surcro&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Jouvenat&lt;br class='autobr' /&gt;
29 octobre 2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nota Bene : L'UEF-France comme l'UEF-Europe sont en faveur de listes transnationales pour les &#233;lections europ&#233;ennes, comme propos&#233; &#233;galement par le pr&#233;sident de la R&#233;publique fran&#231;aise. Lire la r&#233;solution adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du 7 octobre 2017 : &lt;a href='https://www.uef.fr/resolution-renforcer-la-democratie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;R&#233;solution Renforcer la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo &#169; Union europ&#233;enne 2017 - Parlement europ&#233;en&#034;. (Attribution-NonCommercial-NoDerivatives CreativeCommons licenses creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La comparaison avec le mode d'&#233;lection au Bundestag est fallacieuse. En Allemagne, l'&#233;lecteur dispose de deux voix pour combiner scrutin uninominal majoritaire (les Direktkandidaten, avec autant de circonscriptions que de si&#232;ges &#224; pourvoir) et scrutin de listes &#224; la proportionnelle (Landesliste, soit au niveau des L&#228;nder). Il n'y a pas de listes trans-L&#228;nder en Allemagne ! Ni m&#234;me d'exemple significatif de circonscription unique dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kai-Friedericke Oelbermann and Friedrich Pukelsheim, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.math.uni-augsburg.de/emeriti/pukelsheim/2011a.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Future European Parliament Elections : Ten Steps Towards Uniform Procedures&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (PDF), and &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2015/510002/IPOL_IDA(2015)510002_EN.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Reinforcing uniformity in the European election act : gentle interim arrangements in 2019 ; Towards systematic double-proportionality in 2024&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (PDF), page 18-25 du document auquel renvoie ce lien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Listes transnationales : une fausse bonne id&#233;e</title>
		<link>https://www.uef.fr/listes-transnationales-une-fausse-bonne-idee</link>
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		<dc:date>2017-08-31T05:29:59Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre Jouvenat</dc:creator>



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&lt;p&gt;Selon Pierre Jouvenat &#034;la priorit&#233; imm&#233;diate doit &#234;tre l'europ&#233;anisation des partis nationaux, qui demeurent les mieux plac&#233;s pour donner une assise de repr&#233;sentativit&#233; locale et citoyenne &#224; l'Europe. Une approche de bas en haut plut&#244;t que de haut en bas.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; On consid&#232;re g&#233;n&#233;ralement que seules les listes transnationales peuvent donner aux &#233;lections au Parlement europ&#233;en une v&#233;ritable dimension europ&#233;enne. Il existe pourtant une alternative plus susceptible d'obtenir l'aval du Conseil et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.uef.fr/tribunes-9-9-9" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.uef.fr/local/cache-vignettes/L150xH79/arton580-bac1a.jpg?1692309320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Selon Pierre Jouvenat &#034;la priorit&#233; imm&#233;diate doit &#234;tre l'europ&#233;anisation des partis nationaux, qui demeurent les mieux plac&#233;s pour donner une assise de repr&#233;sentativit&#233; locale et citoyenne &#224; l'Europe. Une approche de bas en haut plut&#244;t que de haut en bas.&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; On consid&#232;re g&#233;n&#233;ralement que seules les listes transnationales peuvent donner aux &#233;lections au Parlement europ&#233;en une v&#233;ritable dimension europ&#233;enne. Il existe pourtant une alternative plus susceptible d'obtenir l'aval du Conseil et qui correspond &#224; une vision f&#233;d&#233;raliste de long terme : attribuer la totalit&#233; des votes aux partis politiques europ&#233;ens tout en maintenant les quotas par pays et les circonscriptions nationales ou r&#233;gionales. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire l'article sur Le Taurillon : &lt;a href=&#034;http://www.taurillon.org/9270&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Listes transnationales : une fausse bonne id&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi la s&#233;rie d'articles de Juuso J&#228;rviniemi sur les listes transnationales :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.taurillon.org/9236&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Listes transnationales : le moment est venu !&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.taurillon.org/9237&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les listes transnationales en th&#233;orie et en pratique : la nomination des candidats&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.taurillon.org/9240&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les listes transnationales en th&#233;orie et en pratique : faire campagne&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; propos de La Double D&#233;mocratie</title>
		<link>https://www.uef.fr/a-propos-de-la-double-democratie</link>
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		<dc:date>2017-01-22T09:08:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Jouvenat</dc:creator>



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&lt;p&gt;La Double D&#233;mocratie &#8211; Une Europe politique pour la croissance, essai de Michel Aglietta et Nicolas Leron (Seuil, janvier 2017) &lt;br class='autobr' /&gt; Il faut relever d'embl&#233;e que l'ouvrage est centr&#233; sur les politiques &#233;conomiques et mon&#233;taires, avec un accent particulier sur les questions budg&#233;taires. Les auteurs soulignent tout d'abord que la m&#233;thode des petits pas, dite n&#233;o-fonctionnaliste, a atteint ses limites car elle a conduit l'UE &#224; une crise de l&#233;gitimit&#233; politique. Ils d&#233;montrent avec pertinence que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.uef.fr/tribunes-9-9-9" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.uef.fr/local/cache-vignettes/L150xH79/arton487-1fe4d.jpg?1692309320' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Double D&#233;mocratie &#8211; Une Europe politique pour la croissance&lt;/i&gt;, essai de Michel Aglietta et Nicolas Leron (Seuil, janvier 2017)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faut relever d'embl&#233;e que l'ouvrage est centr&#233; sur les politiques &#233;conomiques et mon&#233;taires, avec un accent particulier sur les questions budg&#233;taires. Les auteurs soulignent tout d'abord que la m&#233;thode des petits pas, dite n&#233;o-fonctionnaliste, a atteint ses limites car elle a conduit l'UE &#224; une crise de l&#233;gitimit&#233; politique. Ils d&#233;montrent avec pertinence que dans le cadre du syst&#232;me politique europ&#233;en caract&#233;ris&#233; par un jeu complexe &#224; deux niveaux (UE et &#201;tats membres), L'UE est une &lt;i&gt;polity&lt;/i&gt; qui impose aux &#201;tats membres un ordre juridique (r&#232;gles budg&#233;taires et d'endettement public, r&#232;gles de concurrence&#8230;), sans pour autant &#234;tre en mesure de mettre en &#339;uvre des politiques publiques mues par l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en (&lt;i&gt;policies&lt;/i&gt;) et sans disposer de v&#233;ritable vie politique (&lt;i&gt;politics&lt;/i&gt;), ceci en raison notamment des carences li&#233;es aux &#233;lections europ&#233;ennes. Au niveau des &#201;tats membres, les r&#232;gles de l'UE ont pour cons&#233;quence de limiter le champ d'action possible de la puissance publique nationale (&lt;i&gt;polity&lt;/i&gt;) ; elles amoindrissent les capacit&#233;s macro&#233;conomiques des &#201;tats ainsi entrav&#233;s dans la d&#233;finition des politiques publiques (&lt;i&gt;policies&lt;/i&gt;) ; et la mise sous tutelle du pouvoir budg&#233;taire des parlements nationaux provoque un &#233;touffement des d&#233;mocraties nationales (&lt;i&gt;politics&lt;/i&gt;). &lt;i&gt;&#171; Ordre juridico-politique de l'UE et ordres juridico-politiques nationaux sont mis en opposition frontale &#187;&lt;/i&gt;, et il en r&#233;sulte un rejet de l'UE. Le constat n'est pas nouveau, mais la d&#233;monstration qui en est faite est particuli&#232;rement &#233;clairante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'incompl&#233;tude de l'euro au niveau politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'introduction de la monnaie unique a provoqu&#233; une rupture du lien organique entre le souverain national et la monnaie, sans qu'il existe pour autant de puissance publique europ&#233;enne en mati&#232;re mon&#233;taire. Les auteurs s'&#233;tendent longuement sur les cons&#233;quences de la perte de souverainet&#233; nationale et de l'incompl&#233;tude de l'euro au niveau politique : la &#171; d&#233;valuation interne &#187; par une baisse des salaires et de la protection sociale pour demeurer comp&#233;titif ; l'auto-organisation du march&#233; financier et l'expansion financi&#232;re v&#233;hiculant l'ultralib&#233;ralisme, qui s'impose aux dirigeants politiques ; l'absence de lien entre monnaie et dette publique ainsi que l'absence de pr&#234;teur en dernier ressort rendant possible la faillite d'un &#201;tat&#8230; Enfin, &lt;i&gt;&#171; en raison de sa nature m&#234;me, le Conseil europ&#233;en est dans l'incapacit&#233; de jouer le r&#244;le d'un souverain collectif &#224; m&#234;me de d&#233;finir et d'incarner l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont alors les choix possibles ? Le grand saut en avant f&#233;d&#233;ral ou le grand saut en arri&#232;re de la sortie de l'UE ? Les auteurs &#233;cartent d'embl&#233;e le f&#233;d&#233;ralisme, le jugeant &#171; hors sujet &#187; car &lt;i&gt;&#171; il n'y aura pas, d'ici un horizon politique raisonnable, de saut f&#233;d&#233;ral possible d'un point de vue politique, c'est-&#224;-dire d&#233;mocratique, voulu et assum&#233; par les citoyens europ&#233;ens &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Une d&#233;possession de la souverainet&#233; des &#201;tats membres au profit de l'UE appellerait un acte constitutif au niveau europ&#233;en, ce qui est hors de propos, du moins pour un futur envisageable &#187;&lt;/i&gt;. Les auteurs renoncent donc au d&#233;bat sur des consid&#233;rations de &#171; souverainet&#233; juridique &#187; ou &#171; comp&#233;tences juridiques &#187;, qui rel&#232;vent du f&#233;d&#233;ralisme, pr&#233;f&#233;rant avancer la notion de &#171; puissance publique &#187; que l'UE acquerrait si elle &#233;tait dot&#233;e d'un budget europ&#233;en aliment&#233; par des ressources propres, si elle pouvait s'endetter sur les march&#233;s financiers (euro-obligations), et si elle pouvait ainsi, notamment, mener une politique de croissance par l'investissement et r&#233;aliser des transferts positifs entre les nations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La troisi&#232;me voie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est donc une troisi&#232;me voie, o&#249; le budget europ&#233;en constitue le levier &#224; actionner. Dans cette perspective, la &#171; double d&#233;mocratie &#187; r&#233;sulte de la dualit&#233; entre, d'une part, l'Europe puissance publique dot&#233;e de sa propre capacit&#233; budg&#233;taire, exerc&#233;e sous le contr&#244;le d&#233;mocratique du Parlement europ&#233;en, et d'autre part le niveau d&#233;mocratique des &#201;tats membres qui recouvrent leur capacit&#233; budg&#233;taire (aujourd'hui entrav&#233;es par les nombreuses r&#232;gles de l'UE), sous contr&#244;le des parlements nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;mocratie au niveau europ&#233;en&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation du besoin d'un budget europ&#233;en disposant de ressources propres ; d'un Tr&#233;sor europ&#233;en ; d'une capacit&#233; r&#233;elle de l'UE de coordonner les politiques fiscales et &#233;conomiques des &#201;tats membres ; et de faire de la BCE le pr&#234;teur en dernier ressort, n'est pas nouvelle. Ces revendications sont incluses dans les trois rapports (B&#246;ge/Ber&#232;s, Brok/Bresso et Verhofstadt) qui seront soumis le 14 f&#233;vrier prochain au vote du Parlement europ&#233;en. L'originalit&#233; de l'ouvrage est donc dans l'analyse du concept de la double d&#233;mocratie. Or, on peut exprimer un doute sur la mani&#232;re dont les auteurs con&#231;oivent le fonctionnement de la d&#233;mocratie au niveau europ&#233;en. Le budget serait certes &lt;i&gt;&#171; dirig&#233; par le Parlement europ&#233;en &#187;&lt;/i&gt; (quid du r&#244;le du Conseil ?), mais il s'agit aussi de cr&#233;er une &lt;i&gt;&#171; agence europ&#233;enne de pilotage &#187;&lt;/i&gt;, ind&#233;pendante, op&#233;rant &lt;i&gt;&#171; sous le contr&#244;le d'une commission des parlements nationaux &#187;&lt;/i&gt;, cette derni&#232;re devant &lt;i&gt;&#171; d&#233;finir les orientations d'une politique concert&#233;e que le Conseil europ&#233;en validerait &#187;&lt;/i&gt;. Les parlements nationaux seraient ainsi en charge de d&#233;finir les politiques europ&#233;ennes ! Et il n'est pas pr&#233;cis&#233; quelles seraient les modalit&#233;s de d&#233;cision au sein de cette commission. Dans l'ensemble, on reste donc dans la logique intergouvernementale, pourtant d&#233;nonc&#233;e par les auteurs. &#192; cet &#233;gard, sont pr&#233;f&#233;rables les propositions du rapport Verhofstadt consistant &#224; faire de toutes les configurations actuelles du Conseil (y compris le Conseil europ&#233;en et l'Eurogroupe) une seconde chambre nomm&#233;e Conseil des &#201;tats, appel&#233;e, conjointement avec le Parlement europ&#233;en, &#224; co-l&#233;gif&#233;rer (au vote majoritaire) et contr&#244;ler l'ex&#233;cutif europ&#233;en, la Commission, celle-ci &#233;tant charg&#233;e de la conception et de l'ex&#233;cution des politiques publiques, notamment sous l'autorit&#233; de son ministre des finances.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;mocratie et f&#233;d&#233;ralisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On est s&#233;duit par le titre du livre appelant &#224; une &#171; double d&#233;mocratie &#187;. Cependant, c'est bien dans la vision f&#233;d&#233;raliste que ce concept se r&#233;alise le mieux. La double d&#233;mocratie est alors, dans le contexte de la construction europ&#233;enne, celle qui est exerc&#233;e bien s&#251;r &#224; la fois au niveau des &#201;tats membres et au niveau europ&#233;en, mais la d&#233;mocratie europ&#233;enne s'exerce dans le cadre d'un syst&#232;me bicam&#233;ral compos&#233; du Parlement europ&#233;en et d'un v&#233;ritable S&#233;nat, ce dernier &#233;tant de pr&#233;f&#233;rence &#233;lu au suffrage universel. Quant &#224; la Commission, elle pourrait, &#224; d&#233;faut d'un pr&#233;sident &#233;lu au suffrage universel, &#234;tre nomm&#233;e par les deux chambres r&#233;unies en congr&#232;s (c'est le cas en particulier en Suisse, o&#249; cela fonctionne tr&#232;s bien). Dans tous les cas de figure, il appartient aux parlements nationaux de g&#233;rer les affaires nationales et aux instances europ&#233;ennes de g&#233;rer les affaires europ&#233;ennes. Car l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en et une vision commune du projet europ&#233;en ne peuvent &#233;maner de parlementaires pr&#233;occup&#233;s en premier lieu par les enjeux nationaux et qui n'auraient &#224; traiter des enjeux europ&#233;ens qu'&#224; la marge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les auteurs v&#233;hiculent, au travers de l'ouvrage, une opinion tronqu&#233;e et n&#233;gative du f&#233;d&#233;ralisme. Ainsi, par exemple : &lt;i&gt;&#171; un &#201;tat f&#233;d&#233;ral qui absorbe les &#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s &#187;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#171; une union f&#233;d&#233;rale o&#249; les &#201;tats sont subordonn&#233;s &#224; l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral &#187;&lt;/i&gt;. Dans une saine vision du f&#233;d&#233;ralisme, les p&#233;rim&#232;tres sont aussi bien juxtapos&#233;s que superpos&#233;s. C'est donc plus subtile que cela. Et s'il est n&#233;anmoins vrai qu'en droit l'ordre juridique f&#233;d&#233;ral l'emporte sur les ordres juridiques des &#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s, tout d&#233;pend de la mani&#232;re dont s'exprime la d&#233;mocratie s'agissant du pouvoir f&#233;d&#233;ral, justement (modes &#233;lectoraux, d&#233;mocratie directe par voie de r&#233;f&#233;rendum...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, au-del&#224; des politiques budg&#233;taires, il existe bien d'autres d&#233;fis &#224; relever, dont l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique, la protection de l'environnement, la r&#233;volution num&#233;rique, la d&#233;fense, le terrorisme, les migrations&#8230; Les auteurs semblent consid&#233;rer que le budget est un point de d&#233;part, un passage oblig&#233;, car il est la cl&#233; de l'instauration (en Europe) et de la r&#233;-instauration (&#201;tats membres) de la puissance publique, et par l&#224; m&#234;me de la d&#233;mocratie. &lt;i&gt;&#171; L'impulsion doit venir d'une accession du Parlement europ&#233;en au statut de puissance publique en lui donnant la main sur un v&#233;ritable budget europ&#233;en &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Une d&#233;mocratie, c'est une puissance publique, c'est un parlement dot&#233; du pouvoir budg&#233;taire &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas de soci&#233;t&#233;, de communaut&#233; politique, sans mise en commun, sans production de biens publics communs... &#187;&lt;/i&gt;, que seule la ma&#238;trise du budget rend possible. C'est le point central du propos des auteurs. Cependant, l'Europe doit relever tous les d&#233;fis qui appellent une r&#233;ponse communautaire, et ceci imm&#233;diatement. Cet ouvrage ne r&#233;pond donc que partiellement au mal europ&#233;en. Et s'agissant des seules politiques budg&#233;taires, suite &#224; de brillantes d&#233;monstrations relevant tant du diagnostic que du rem&#232;de, les ultimes propositions concr&#232;tes sont d&#233;cevantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Europe sera f&#233;d&#233;rale ou ne sera pas. Alors, engageons-nous pour cette n&#233;cessaire constituante !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Spitzenkandidaten : Quels risques de retour en arri&#232;re ?</title>
		<link>https://www.uef.fr/spitzenkandidaten-quels-risques-de-retour-en-arriere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.uef.fr/spitzenkandidaten-quels-risques-de-retour-en-arriere</guid>
		<dc:date>2016-05-11T18:50:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Jouvenat</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lections europ&#233;ennes 2014</dc:subject>
		<dc:subject>Commission &#171; Questions institutionnelles et sociales &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Parlement europ&#233;en</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors qu'il examine la R&#233;solution du Parlement europ&#233;en concernant la r&#233;forme de la loi &#233;lectorale, le Conseil de l'UE conteste, notamment, les propositions relatives aux Spitzenkandidaten pour la pr&#233;sidence de la Commission, voire le &#171; pr&#233;c&#233;dent &#187; des &#233;lections europ&#233;ennes de 2014. Sur la base d'un &#233;tat des lieux encore incomplet en raison de l'opacit&#233; des travaux du Conseil, on envisage ici plusieurs sc&#233;narios possibles pour les &#233;lections de 2019. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Trait&#233; de Lisbonne est toujours en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.uef.fr/tribunes-9-9-9" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.uef.fr/elections-europeennes-2014" rel="tag"&gt;&#201;lections europ&#233;ennes 2014&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.uef.fr/commission-questions-institutionnelles-et-sociales" rel="tag"&gt;Commission &#171; Questions institutionnelles et sociales &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.uef.fr/parlement-europeen-56" rel="tag"&gt;Parlement europ&#233;en&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.uef.fr/local/cache-vignettes/L150xH79/arton407-53636.jpg?1688635090' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors qu'il examine la R&#233;solution du Parlement europ&#233;en concernant la r&#233;forme de la loi &#233;lectorale, le Conseil de l'UE conteste, notamment, les propositions relatives aux Spitzenkandidaten pour la pr&#233;sidence de la Commission, voire le &#171; pr&#233;c&#233;dent &#187; des &#233;lections europ&#233;ennes de 2014. Sur la base d'un &#233;tat des lieux encore incomplet en raison de l'opacit&#233; des travaux du Conseil, on envisage ici plusieurs sc&#233;narios possibles pour les &#233;lections de 2019.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Trait&#233; de Lisbonne est toujours en vigueur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la lev&#233;e de boucliers r&#233;sultant des craintes de retour en arri&#232;re, il est bon de rappeler, d'embl&#233;e, que le processus des &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; rendu possible, lors des &#233;lections europ&#233;ennes de 2014, sur la base des seules dispositions du Trait&#233; de Lisbonne. Celui-ci limite pour la premi&#232;re fois le libre-arbitre des Chefs d'&#201;tat et de gouvernement, qui &lt;strong&gt;proposent&lt;/strong&gt; au Parlement europ&#233;en, en tenant compte des r&#233;sultats des &#233;lections, un candidat que celui-ci &lt;strong&gt;&#233;lit&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article 17 TUE, al. 7, stipule : &#171; En tenant compte des &#233;lections au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, on est en droit de penser que l'&#233;lection du pr&#233;sident de la Commission devrait pouvoir se d&#233;rouler en 2019 selon le m&#234;me processus, m&#234;me en cas de rejet de la proposition de r&#233;forme &#233;lectorale. Cependant, comme nous le verrons plus loin, les dispositions du Trait&#233; de Lisbonne sont sujettes &#224; interpr&#233;tation, et c'est bien l&#224; le c&#339;ur du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que propose le Parlement europ&#233;en ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Charg&#233;e de pr&#233;parer une proposition de r&#233;forme &#233;lectorale, l'AFCO a opt&#233; pour une approche &#171; ambitieuse mais r&#233;aliste &#187;, avec le souci constant de parvenir &#224; un texte susceptible d'&#234;tre approuv&#233; par le Conseil. D'o&#249; la mise en sommeil de la proposition de circonscription unique. Mais par ailleurs, l'opportunit&#233; de graver dans le marbre le processus des &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt; par le biais de la loi &#233;lectorale a fait d&#233;bat au sein de la Commission. Au final, l'AFCO s'est content&#233;e d'une timide r&#233;f&#233;rence &#224; ce processus en proposant que &lt;i&gt;&#171; les partis politiques europ&#233;ens d&#233;signent leurs candidats au poste de pr&#233;sident de la Commission au moins 12 semaines avant la date de d&#233;but de la p&#233;riode &#233;lectorale&#8230; &#187;&lt;/i&gt; &#201;tait-ce d&#233;j&#224; trop ? Sans doute. &#201;tait-ce n&#233;cessaire ? Probablement pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, tout a bascul&#233; en s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re. Les Verts ont pris la t&#234;te d'un front en faveur de l'ajout de la circonscription unique (largement appuy&#233;s en cela par le groupe ALDE), mais ils s'opposaient (avec d'autres) &#224; l'article rendant obligatoires les seuils &#233;lectoraux, auxquels le groupe PPE, en particulier, tenait beaucoup. Sous l'impulsion de Guy Verhofstadt, un amendement a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; stipulant : &lt;i&gt;&#171; Le Conseil d&#233;cide &#224; l'unanimit&#233; de la cr&#233;ation d'une circonscription &#233;lectorale commune dans laquelle les listes sont emmen&#233;es par le candidat ou la candidate de chaque famille politique &#224; la pr&#233;sidence de la Commission. &#187;&lt;/i&gt; Cet amendement a &#233;t&#233; adopt&#233; gr&#226;ce au vote du PPE, pourtant oppos&#233; &#224; la circonscription unique, mais qui tenait &#224; ce qu'une proposition de r&#233;forme incluant les seuils soit adopt&#233;e par le Parlement. En bref, il y a eu marchandage : seuils contre circonscription unique. Le groupe PPE a vot&#233; la circonscription unique sachant tr&#232;s bien qu'elle serait rejet&#233;e au Conseil. Il n'y a donc pas de majorit&#233; de fait au Parlement europ&#233;en pour la circonscription unique. Et le Conseil le sait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la proposition initiale de l'AFCO, la r&#233;solution du Parlement, adopt&#233;e le 11 novembre dernier, lie directement le processus des &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt; &#224; la circonscription unique, alors que l'un et l'autre ne vont pas n&#233;cessairement de pair, tout au moins selon l'interpr&#233;tation large donn&#233;e &#224; ce processus lors des &#233;lections de 2014. On se doute bien que la majorit&#233; du Parlement est favorable aux &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;forme &#233;lectorale peut-&#234;tre aboutir ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'AFCO avait travaill&#233; en &#233;troite consultation avec la pr&#233;sidence luxembourgeoise du Conseil, esp&#233;rant que tout pourrait &#234;tre boucl&#233; avant la fin de 2015. Les d&#233;bats en pl&#233;ni&#232;re ont retard&#233; la proc&#233;dure, et nous sommes maintenant sous la pr&#233;sidence n&#233;erlandaise, a priori moins favorable &#224; une r&#233;forme. Mais surtout, l'introduction en pl&#233;ni&#232;re de la proposition de circonscription unique place l'ensemble du projet dans un contexte de n&#233;gociation totalement nouveau. Il y a maintenant un ph&#233;nom&#232;ne de rejet quasi-global de la part du Conseil, qui ressent cette proposition de r&#233;forme comme une provocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ajoute &#224; cela l'hostilit&#233; des parlements nationaux qui ont contest&#233; la proc&#233;dure adopt&#233;e par le Parlement europ&#233;en pour leur transmettre le texte. Ceux-ci veulent examiner le texte sous l'angle du Protocole 2 du Trait&#233; de Lisbonne, relatif au principe de subsidiarit&#233;, ce qu'ils sont en train de faire en r&#233;alit&#233;. Ainsi, nombre de parlements sont vent debout contre la r&#233;forme, en particulier &#224; l'&#233;gard des dispositions obligeant les partis nationaux &#224; donner de la visibilit&#233; aux partis europ&#233;ens. Le climat g&#233;n&#233;ral est donc tr&#232;s d&#233;favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'instant o&#249; le Conseil s'est saisi du dossier, les co-rapporteurs de l'AFCO &#8211; Jo Leinen (S&amp;D) et Danuta H&#252;bner (PPE) &#8211; ont maintenu des contacts &#233;troits avec la pr&#233;sidence et surtout avec le groupe de travail du Conseil des affaires g&#233;n&#233;rales et le Coreper. La pr&#233;occupation centrale est de parvenir, courant 2016, &#224; un texte susceptible d'&#234;tre adopt&#233; lors de son renvoi au Parlement, afin de laisser suffisamment de temps pour la ratification par les parlements nationaux et la transposition dans les lois nationales, ceci avant les &#233;lections de 2019.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Circonscription unique vs. &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Circonscription unique et &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt; sont-ils li&#233;s ? Selon les partisans de la circonscription unique, celle-ci a l'avantage, entre autres bien s&#251;r, d'&#233;lire quasi-directement le pr&#233;sident de la Commission. Le candidat t&#234;te de liste est formellement &#233;lu d&#233;put&#233; europ&#233;en (il s'agit d'&#233;lections au Parlement), mais selon l'intention de d&#233;part, la liste ayant obtenu le plus de voix remporte la pr&#233;sidence de la commission. Le choix des &#233;lecteurs appara&#238;t tr&#232;s clairement, sur des listes pan-europ&#233;ennes, et ceux-ci peuvent donner leur voix &#224; un candidat m&#234;me si le parti politique europ&#233;en qui le propose n'a pas de partenaire au plan national (exemple des Britanniques n'ayant pas eu la possibilit&#233; de favoriser l'&#233;lection de J-C. Juncker en 2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence de circonscription unique, il n'y a pas de &#171; t&#234;te de liste &#187; &#224; proprement parler, mais seulement un candidat &#224; la pr&#233;sidence de la Commission qui se profile m&#233;diatiquement &#224; l'occasion des &#233;lections au Parlement. Celui-ci, s'il est d'abord candidat au Parlement, ne peut se pr&#233;senter que dans une seule circonscription (&#224; noter que J.C. Juncker n'&#233;tait m&#234;me pas candidat au Luxembourg). Il n'y a donc pas eu de &lt;i&gt;Spitzenkandidat&lt;/i&gt; &#224; proprement parler en 2014, mais une interpr&#233;tation libre du terme dans le sens de &lt;i&gt;&#171; candidat propos&#233; par un parti arriv&#233; en t&#234;te &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'avis du Service juridique du Conseil de l'UE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit l'issue de la r&#233;forme &#233;lectorale, l'avis du Service juridique du Conseil de l'UE pourrait &#234;tre invoqu&#233; par le Conseil europ&#233;en lors des prochaines &#233;lections. Des extraits de cet avis sont reproduits ci-apr&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#8230; the institutionalization of a &#171; Spitzenkandidaten &#187; practice based on (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En r&#233;sum&#233;, le Service juridique consid&#232;re qu'il ne peut y avoir de lien direct entre les &#233;lections au Parlement et le choix du pr&#233;sident de la Commission (ce que souhaite le Parlement et tous les adeptes d'un processus d&#233;mocratique), car en vertu des Trait&#233;s seul le Conseil europ&#233;en a la pr&#233;rogative de &#171; proposer &#187; un candidat. Celui-ci doit tenir compte des &#233;lections au Parlement, mais n'y est pas li&#233; pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'avis juridique fasse allusion au lien &#233;tabli par le Parlement entre la circonscription unique et les &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt;, ce sont n&#233;anmoins ces derniers en tant que tels qui font l'objet de l'analyse, ind&#233;pendamment d'autres consid&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que peut-il se passer maintenant ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est absolument certain que la proposition de circonscription commune sera rejet&#233;e par le Conseil, et donc avec elle la r&#233;f&#233;rence aux t&#234;tes de liste proprement dites. Que restera-t-il ? La proposition initiale de l'AFCO ? Celle-ci, qui fixe un d&#233;lai pour la d&#233;signation par les partis politiques de leur candidat &#224; la pr&#233;sidence de la Commission, a pour effet (discr&#232;tement mais s&#251;rement !) d'institutionnaliser le &#171; pr&#233;c&#233;dent &#187; de 2014, ce dont le Conseil ne veut pas. Y aura-t-il une proposition alternative de la part du Conseil ? Ou aucune r&#233;f&#233;rence &#224; la pr&#233;sidence de la Commission ? La derni&#232;re hypoth&#232;se est la plus probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, seules demeureront les dispositions du Trait&#233; de Lisbonne. Celles-ci ne font pas explicitement r&#233;f&#233;rence aux &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt;, mais elles ont inspir&#233; le processus en 2014. En sera-t-il de m&#234;me en 2019 ? Pas s&#251;r en raison de la &#171; provocation &#187; du Parlement ainsi ressentie par le Conseil, et de l'avis juridique qui s'est ensuivi. &#192; moins que soit saisie la Cour de justice de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout d&#233;pendra du climat politique au moment des &#233;lections&lt;/strong&gt;, et aussi, accessoirement, du sort qui sera r&#233;serv&#233; &#224; la proposition de donner davantage de visibilit&#233; aux partis politiques europ&#233;ens lors des campagnes &#233;lectorales. Il y a trois sc&#233;narios possibles : le statu quo, des avanc&#233;es, ou un retour en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'hypoth&#232;se o&#249; aucune modification substantielle n'est apport&#233;e &#224; la loi &#233;lectorale, on pourra sauver le &lt;strong&gt;statu quo&lt;/strong&gt; &#224; condition que le Conseil europ&#233;en soit bienveillant dans l'interpr&#233;tation de ses pr&#233;rogatives. Ainsi, lors de ses consultations pr&#233;alables avec le Parlement, pr&#233;vues par le Trait&#233;, il pourrait accepter une &#171; suggestion &#187; &#233;manant du Parlement, bas&#233;e sur la d&#233;signation de candidats par les partis politiques et le r&#233;sultat des &#233;lections. Mais il faut reconna&#238;tre qu'en 2014 le processus a eu un impact limit&#233;. Seuls les citoyens tr&#232;s int&#233;ress&#233;s par la construction europ&#233;enne, soit une infime minorit&#233; de l'&#233;lectorat europ&#233;en, avaient conscience de l'existence des &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourra esp&#233;rer des &lt;strong&gt;avanc&#233;es&lt;/strong&gt; si l'art. 3 sexies de la proposition de loi &#233;lectorale est adopt&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'art. 3 sexies stipule : &#171; Les bulletins de vote utilis&#233;s lors des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La visibilit&#233; des partis politiques europ&#233;ens, et avec elle celle des &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt;, serait alors accrue. Il y aurait ainsi une v&#233;ritable personnalisation de la campagne. Coupl&#233;e avec une meilleure compr&#233;hension des enjeux des &#233;lections, et sans doute une plus grande participation au scrutin, il y aurait l&#224; de quoi assurer une plus grande l&#233;gitimit&#233; &#224; la fois du Parlement et de la Commission. Le Conseil europ&#233;en pourrait alors difficilement ignorer l'expression de la volont&#233; populaire. Il est donc essentiel de faire pression pour l'adoption de cet article, qui suffit par lui-m&#234;me &#224; &#233;tablir de facto le processus des &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt;, et m&#234;me le renforcer, sans n&#233;cessairement l'institutionnaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aura &lt;strong&gt;retour en arri&#232;re&lt;/strong&gt; si l'art. 3 sexies est rejet&#233; et si l'avis juridique du Conseil entre d&#233;finitivement dans les esprits. Le rejet des dispositions relatives &#224; une plus grande visibilit&#233; des partis europ&#233;ens pourrait inciter les &#201;tats, contrari&#233;s (au titre de la subsidiarit&#233;) par la proposition du Parlement, &#224; m&#234;me restreindre cette visibilit&#233;. Ce pourrait &#234;tre, par exemple, le cas en France avec une stricte application de la loi relative aux &#233;lections europ&#233;ennes, qui stipule que &lt;i&gt;&#171; la propagande &#233;lectorale est r&#233;serv&#233;e aux listes en pr&#233;sence, ainsi qu'aux partis politiques fran&#231;ais pr&#233;sentant ces listes &#187;&lt;/i&gt;. Concernant les &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt; en particulier, aucune disposition l&#233;gale ne pourra emp&#234;cher les partis politiques de d&#233;signer des candidats &#224; la pr&#233;sidence de la Commission. Cependant, non seulement leur visibilit&#233; sera nulle, mais le Conseil europ&#233;en, au vu de l'avis de son Service juridique, pourrait le ressentir comme une nouvelle provocation et faire fi de cette forme de &#171; proposition &#187;. Ce serait ainsi contre-productif.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et dans le long terme ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Seules des listes transnationales permettraient d'avoir des &lt;i&gt;Spitzenkandidaten&lt;/i&gt; au sens strict du terme. Celles-ci ne verront jamais le jour. Le concept tel qu'on le conna&#238;t aujourd'hui, et qu'on d&#233;fend bec et ongles en ces temps difficiles, est un pis aller, car on reste dans l'ambigu&#239;t&#233;. Il vaut mieux traiter de cette question s&#233;par&#233;ment et explicitement, plut&#244;t que par la bande au risque de faire capoter toute tentative de r&#233;forme &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection du pr&#233;sident de la Commission, et subs&#233;quemment la d&#233;signation des commissaires, peut bien s&#251;r r&#233;sulter directement des &#233;lections au Parlement, et ceci m&#234;me en conservant les circonscriptions nationales ou r&#233;gionales actuelles. Le candidat dont le parti a obtenu le plus de voix &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne l'emporte. Cependant, dans ce contexte, il serait pr&#233;f&#233;rable qu'il s'agisse alors d'un parti majoritaire, ou &#224; d&#233;faut d'une coalition. C'est une option, mais qui doit &#234;tre formul&#233;e explicitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut, on peut esp&#233;rer une &#233;volution favorable des esprits pour une interpr&#233;tation positive du Trait&#233; de Lisbonne. Si l'on parvient &#224; d&#233;passer le stade des affrontements entre le Conseil europ&#233;en et le Parlement, il faut bien reconna&#238;tre que le Trait&#233; a le m&#233;rite de la souplesse en laissant la porte ouverte &#224; des arbitrages ou compromis, dans le sens positif des termes, donnant ainsi la chance &#224; une personnalit&#233; d'envergure, mais n'appartenant pas au parti leader, de l'emporter. Il faudrait n&#233;anmoins revoir les modalit&#233;s de d&#233;signation des commissaires, aujourd'hui du ressort des &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il se pourrait bien que la meilleure mani&#232;re de d&#233;mocratiser la Commission europ&#233;enne serait d'avoir une &#233;lection s&#233;par&#233;e pour l'organe ex&#233;cutif, son chef &#233;tant ainsi &#233;lu directement au suffrage universel. Ceci moyennant des dispositions permettant au Parlement d'exercer un contr&#244;le sur l'action de l'ex&#233;cutif de fa&#231;on permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces questions pourront &#234;tre examin&#233;es, dans un cadre plus large et, esp&#233;rons-le, totalement nouveau, &#224; l'occasion des futurs travaux de l'AFCO sur les &lt;i&gt;&#171; &#233;volutions et adaptations possibles de la structure institutionnelle actuelle de l'UE &#187;&lt;/i&gt; (rapport Verhofstadt &#224; venir), en vue d'une future Convention.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;tat actuel des choses, il n'y a sans doute rien &#224; attendre d'une r&#233;forme &#233;lectorale. Mais il ne faut pas baisser les bras, et parier sur une &#233;volution favorable des esprits d'ici 2018-2019 pour au moins maintenir le statu quo, dans le court ou moyen terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que la meilleure fa&#231;on d'influencer le Conseil europ&#233;en soit l'expression claire d'une volont&#233; populaire &#224; l'occasion des &#233;lections au Parlement. En l'absence d'impulsion l&#233;gislative au plan europ&#233;en, il convient d'agir au plan national pour europ&#233;aniser ces &#233;lections : inciter les partis politiques nationaux, et surtout les m&#233;dias, &#224; &#233;lever le d&#233;bat pour le centrer sur les enjeux europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'imm&#233;diat, il faut soutenir les partis politiques dans leur intention de r&#233;it&#233;rer le processus de 2014, qui leur a &#233;t&#233; alors en quelque sorte impos&#233;, mais auquel ils adh&#232;rent totalement aujourd'hui. Des r&#233;unions inter-partis au niveau europ&#233;en ont d&#233;j&#224; eu lieu cette ann&#233;e pour pr&#233;parer les &#233;lections de 2019. Elles ont port&#233; sur l'examen des possibilit&#233;s de financement et des modalit&#233;s de d&#233;signation des candidats au moyen de primaires afin de d&#233;mocratiser le processus, un progr&#232;s par rapport &#224; 2014. Les partis nationaux affili&#233;s pourraient &#233;galement organiser des primaires &#224; l'&#233;chelon national, ce qu'envisage de faire par exemple le PS en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus est d&#233;j&#224; en marche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Jouvenat&lt;br class='autobr' /&gt;
10 mai 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo Creative Commons par &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.flickr.com/photos/110900366@N07/14069653141/in/photostream/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Euranet Plus&lt;/a&gt; : d&#233;bat entre les candidats &#224; la pr&#233;sidence de la Commission europ&#233;enne le 29 avril 2014.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'article 17 TUE, al. 7, stipule : &#171; En tenant compte des &#233;lections au Parlement europ&#233;en, et apr&#232;s avoir proc&#233;d&#233; aux consultations appropri&#233;es, le Conseil europ&#233;en, statuant &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e, propose au Parlement europ&#233;en un candidat &#224; la fonction de pr&#233;sident de la Commission. Ce candidat est &#233;lu par le Parlement europ&#233;en &#224; la majorit&#233; des membres qui le composent. Si ce candidat ne recueille pas la majorit&#233;, le Conseil europ&#233;en, statuant &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e, propose, dans un d&#233;lai d'un mois, un nouveau candidat, qui est &#233;lu par le Parlement europ&#233;en selon la m&#234;me proc&#233;dure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#8230; the institutionalization of a &#171; Spitzenkandidaten &#187; practice based on the so-called precedent of 2014 might end up encroaching on the institutional prerogatives of the European Council as defined in the Treaties. This results from the fact that the provision states that each &#8220;political family&#8221; puts forward its candidate ... who will head the electoral list in the proposed joint constituency. However, according to Article 17(7) TEU, the prerogative to propose a candidate &#8230; rests with the European Council only.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220; &#8230; by allowing via the elections &#8230; a popular vote on the prospective candidates &#8230;, the proposal fundamentally alters the institutional balance established by the Treaties.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Article 17(7) TEU clearly defines the scope of the European Council's discretion, which has to be exercised taking into account the result of the elections, but is not otherwise limited.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
La marge de manoeuvre du Conseil europ&#233;en &#8220;is accentuated by the proportional character of the representation in the European Parliament (art. 14(2) TEU) and therefore of the difficulty of having clear cut electoral results. In such circumstances, the possibility for the European Council to indicate a candidate that is not the direct expression of a political force appears not only in line with the wording of the provision but also with the objective to secure an effective election of the President of the Commission.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;... The European Parliament lacks the features that are generally associated with an election (in primis the plurality of candidates).&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'art. 3 sexies stipule : &#171; Les bulletins de vote utilis&#233;s lors des &#233;lections au Parlement europ&#233;en accordent la m&#234;me visibilit&#233; aux noms et aux logos des partis nationaux qu'&#224; ceux des partis politiques europ&#233;ens. Les Etats membres encouragent et facilitent l'utilisation de ces affiliations lors des &#233;missions &#233;lectorales &#224; la t&#233;l&#233;vision et &#224; la radio ainsi que sur les supports de campagne &#233;lectorale. Les supports de campagne &#233;lectorale contiennent une r&#233;f&#233;rence au programme du parti politique europ&#233;en &#233;ventuel auquel le parti national est affili&#233;. &#187; Il n'est pas fait ici r&#233;f&#233;rence, explicitement, aux Spitzenkandidaten, mais c'est bien s&#251;r sous-entendu dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>F&#233;d&#233;raliser les partis politiques d'Europe</title>
		<link>https://www.uef.fr/federaliser-les-partis-politiques-d-europe-390</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.uef.fr/federaliser-les-partis-politiques-d-europe-390</guid>
		<dc:date>2016-04-07T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Jouvenat</dc:creator>


		<dc:subject>Citoyennet&#233; europ&#233;enne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les partis politiques sont absents de l'espace citoyen de d&#233;lib&#233;ration et de participation politiques au niveau europ&#233;en. Ils ne participent pas &#224; la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; civile europ&#233;enne. Pourtant, dans la perspective d'une Europe f&#233;d&#233;rale, un syst&#232;me partisan transnational, compos&#233;s de partis eux-m&#234;mes organis&#233;s selon une structure f&#233;d&#233;rale, est le pendant indispensable &#224; la r&#233;forme des institutions. &lt;br class='autobr' /&gt; -* Lire l'article sur Le Taurillon Lire aussi : Note de r&#233;flexion : F&#233;d&#233;raliser les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.uef.fr/tribunes-9-9-9" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.uef.fr/citoyennete-europeenne" rel="tag"&gt;Citoyennet&#233; europ&#233;enne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.uef.fr/local/cache-vignettes/L150xH78/arton390-ea6f7.jpg?1691927902' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les partis politiques sont absents de l'espace citoyen de d&#233;lib&#233;ration et de participation politiques au niveau europ&#233;en. Ils ne participent pas &#224; la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; civile europ&#233;enne. Pourtant, dans la perspective d'une Europe f&#233;d&#233;rale, un syst&#232;me partisan transnational, compos&#233;s de partis eux-m&#234;mes organis&#233;s selon une structure f&#233;d&#233;rale, est le pendant indispensable &#224; la r&#233;forme des institutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://www.taurillon.org/8105&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire l'article sur Le Taurillon&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire aussi :&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href='https://www.uef.fr/federaliser-les-partis-politiques-d-europe-369' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Note de r&#233;flexion : F&#233;d&#233;raliser les partis politique d'Europe&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; En vid&#233;o : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=QBVMhc5ni3Q&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europ&#233;aniser les &#233;lections europ&#233;ennes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : CC - PPE - &lt;a href=&#034;https://www.flickr.com/photos/eppofficial/22202129438/in/album-72157659770610708/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Flickr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>F&#233;d&#233;raliser les partis politiques d'Europe</title>
		<link>https://www.uef.fr/federaliser-les-partis-politiques-d-europe-369</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.uef.fr/federaliser-les-partis-politiques-d-europe-369</guid>
		<dc:date>2016-03-06T15:09:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Jouvenat</dc:creator>


		<dc:subject>une</dc:subject>
		<dc:subject>Citoyennet&#233; europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Commission &#171; Questions institutionnelles et sociales &#187;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les partis politiques ont un r&#244;le central &#224; jouer dans l'animation d'un espace citoyen de d&#233;lib&#233;ration et de participation politiques. La construction europ&#233;enne n&#233;cessite donc des partis politiques transnationaux capables de mobiliser l'opinion publique sur les enjeux europ&#233;ens, favorisant ainsi la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; civile europ&#233;enne. Dans la perspective d'une Europe f&#233;d&#233;rale, un syst&#232;me partisan transnational, compos&#233;s de partis eux-m&#234;mes organis&#233;s selon une structure f&#233;d&#233;rale, et au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.uef.fr/publications" rel="directory"&gt;Publications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.uef.fr/une" rel="tag"&gt;une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.uef.fr/citoyennete-europeenne" rel="tag"&gt;Citoyennet&#233; europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.uef.fr/commission-questions-institutionnelles-et-sociales" rel="tag"&gt;Commission &#171; Questions institutionnelles et sociales &#187;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.uef.fr/local/cache-vignettes/L150xH79/arton369-bb750.jpg?1688635090' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les partis politiques ont un r&#244;le central &#224; jouer dans l'animation d'un espace citoyen de d&#233;lib&#233;ration et de participation politiques. La construction europ&#233;enne n&#233;cessite donc des partis politiques transnationaux capables de mobiliser l'opinion publique sur les enjeux europ&#233;ens, favorisant ainsi la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; civile europ&#233;enne. Dans la perspective d'une Europe f&#233;d&#233;rale, un syst&#232;me partisan transnational, compos&#233;s de partis eux-m&#234;mes organis&#233;s selon une structure f&#233;d&#233;rale, et au sein duquel existe une comp&#233;tition pour participer &#224; des &#233;lections et influer sur les orientations politiques de l'Union, est le pendant indispensable &#224; la r&#233;forme des institutions.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;T&#233;l&#233;charger : &lt;a href='https://www.uef.fr/IMG/pdf/copo4-federaliser-partis-politiques_v1.2.pdf' class=&#034;spip_in&#034; type='application/pdf'&gt;Note de r&#233;flexion : F&#233;d&#233;raliser les partis politique d'Europe&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#201;crire &#224; l'auteur : &lt;a href='https://www.uef.fr/pierre-jouvenat' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Pierre Jouvenat&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cette note est une publication issue de travaux men&#233;s dans le cadre de la Commission politique &#171; Questions institutionnelles et sociales &#187;. &lt;a href='https://www.uef.fr/reflexion-politique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;En savoir plus sur les commissions politiques&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Le Parlement europ&#233;en. Photo Michal S&#228;nger 2008 Creative Commons&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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