Sandro Gozi, président de l’UEF, invité de France Inter Gilets jaunes, nationalismes et Europe fédérale

Sandro Gozi, président de l'UEF, invité de France Inter

Sandro Gozi, président de l’UEF et ancien ministre des Affaires européennes de l’Italie était vendredi 8 février 2019 l’invité de Nicolas Demorand sur France Inter. Face à la crise diplomatique entre gouvernements italien et français après la rencontre entre Luigi Di Maio et des gilets jaunes, il défend la refondation de l’Europe et la reprise de la coopération entre l’Italie et la France.

Ancien ministre des affaires européennes de l’Italie, le président de l’UEF dénonce l’inconstance du gouvernement italien

Dans ce contexte tendu entre Paris et Rome, le président de l’UEF et ancien ministre des Affaires européennes a résumé la situation actuelle : ”Alors que nous étions prêts de signer un traité de coopération sans précédent, l’Italie s’isole sous l’influence de puissances étrangères comme la Russie et d’un réseau nationaliste européen. Cela doit faire réfléchir ceux qui veulent voter pour les nationalistes aux prochaines élections européennes.”

Sandro Gozi a ensuite détaillé la mécanique des nationalistes, dont il considère qu’ils « ont toujours besoin d’un ennemi extérieur ». Cibler la France et l’Europe est un axe fort de la nouvelle politique étrangère de l’Italie, alors qu’ils en sont des partenaires majeurs. Ainsi, comme l’affirme le président de l’UEF, “l’engagement européen de Macron devient le pire ennemi des nationalistes italiens”.

L’ancien ministre italien a souligné par la suite le paradoxe des nationalistes italiens : “En 2013, l’Europe a été absente dans la méditerranée ce qui a été une honte. L’Italie a sauvé les valeurs, l’identité et l’honneur de l’Europe. Mais aujourd’hui, les pays européens veulent coopérer, gérer de façon commune et être solidaire. Seulement, le gouvernement italien s’y oppose.”

Sandro Gozi défend une Europe fédérale pour répondre aux attentes des citoyens

Interrogé par Nicolas Demorand sur l’actualité du fédéralisme dans le débat actuel, Sandro Gozi a répondu avec conviction que le “besoin d’une Europe souveraine et démocratique est fort pour une raison très simple : les questions sont transnationales. Les migrations, le terrorisme, le changement climatique, le besoin de gouverner pour le bien commun la finance et les grands géants du numérique sont des questions pour lesquelles les politiques nationales sont inefficaces.“ Pour Sandro Gozi, le destin commun des Français et des Italiens est de refonder ensemble une Europe démocratique qui maintienne sa place géopolitique et défende ses valeurs face à un désordre mondial généralisé.

Répondant à un auditeur qui demandait comment unir les peuples et non les populistes, Sandro Gozi défend “une refondation de l’Europe qui multiplie les protections, les sécurités et les opportunités”. L’Europe “ne doit pas être tournée vers la rigueur et les égoïsmes nationaux et doit arrêter de dire que les questions sociales ne sont pas son affaire”. Pour le président de l’UEF, l’Europe doit “assurer la sécurité des européens avec une armée européenne, être un acteur central, avoir une dimension sociale pour lutter contre inégalités et proposer des opportunités à la jeunesse.”

Le président des fédéralistes européens a terminé en rappelant que le “populisme a progressé à cause de l’impuissance européenne”. Pour lui, “l’Europe a été myope et les Européens n’ont pas trouvé l’Europe là où ils pensaient la trouver.” Sandro Gozi soutient que, pour réussir : “ Il nous faut construire une Europe qui résout les grandes questions de société et montrer que les politiques nationales sont impuissantes face aux problématiques qui sont au cœur de notre avenir”.

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