Conférence COP 21 à Lyon le 3 février « Suivi de la COP 21 - Quel rôle pour l’Union européenne et pour les Nations unies »

, par Jean-Luc Prevel

Le 3 février, à la Mairie du 7° de Lyon, l’UEF Rhône-Alpes et la Commission politique « fédéralisme mondial » de l’UEF France, les Jeunes Européens – Lyon, la Maison de l’Europe et des Européens et Presse Fédéraliste ont organisé une conférence animée principalement par Bruno Charles, Vice-président Europe écologie les Verts de la Métropole de Lyon, en charge du développement durable, de la biodiversité, de la trame verte et de la politique agricole. Une quarantaine de personnes ont participé à cette réunion.

La soirée a été introduite par Léa Gévaudan, Vice-présidente des JE Lyon qui a présenté son association, ses activités et les autres intervenants.

Jean-Francis Billion, Président de l’UEF Rhône-Alpes a présenté un bref historique de l’UEF (Union des fédéralistes européens) qui fêtera cette année ses 70 ans et notamment rappelé les sources lyonnaises du fédéralisme européen en France avec la création en 1944 du Comité français pour la Fédération européenne par des Résistants. Il a aussi souligné l’engagement des fédéralistes pour l’environnement depuis le Sommet de la Terre de Rio de 1992. Sans négliger l’accord unanime obtenu à Paris il redoute que celui-ci ne reste lettre morte s’il n’est pas ratifié par suffisamment d’Etats et considère qu’il faut continuer à lutter pour la démocratie internationale et exiger une Agence mondiale de l’environnement et une taxe mondiale sur le carbone. Enfin il annonce une prochaine conférence à Lyon, en partenariat avec les JE, sur la réforme et la démocratisation de l’ONU par le biais d’une Assemblée parlementaire des Nations unies.

Bruno Charles, dans son intervention, a évoqué la notion de réchauffement climatique et notamment le seuil de 2° d’augmentation de la température d’ici la fin du siècle. En effet, au-delà, on ne sait pas prévoir ce qu’il se passerait, si ce n’est que des phénomènes irréversibles se produiraient. Pour illustrer son propos il a évoqué le climat de Lyon qui est aujourd’hui celui d’Avignon il y a 30 ans, qui sera en 2050 celui de Madrid et en 2100 celui d’Alger. Il est difficile d’imaginer ce que deviendrait la planète avec une augmentation de la température imaginable de 5°. En revanche, on sait qu’une diminution de 5° nous ramènerait à la dernière période glaciaire avec une mer de glace aux portes de Lyon.

Il a rappelé les étapes qui ont précédé la COP 21 avec le Protocole de Kyoto négocié en 1997 et ratifié en 2005, la Conférence de Copenhague qui s’est soldée par un échec et la loi française de Grenelle en 2010. Le bilan de la COP 21 (21° conférence des parties) a été adopté pour une fois à l’unanimité par les 196 parties (l’Union européenne représentait les 28 Etats membres). Pour entrer en vigueur (en 2020), il doit maintenant être ratifié par 55 pays représentant 55% des émissions mondiales. L’objectif est de contenir l’augmentation de la température à 2° d’ici 2100, avec un effort pour la limiter à 1,5°. En fait, les engagements pris par les Etats mis bout à bout iraient vers une augmentation de 3°. Une révision doit intervenir tous les 5 ans pour augmenter les engagements. Le principe d’un fonds vert de 100 milliards pour les pays du Sud a été adopté. En réalité on ne compte véritablement actuellement que 15 milliards d’engagements.

L’Union européenne de son côté a adopté un paquet énergie climat en 2007. Il s’agit de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à 1990, de porter à 20% la part des énergies renouvelable et d’améliorer l’efficacité énergétique de 20%. Il comporte également un système complexe d’échanges de quotas d’émission. Les objectifs visés par l’UE sont même en cours d’amélioration. Par ailleurs le financement européen par les fonds structurels oblige les villes à travailler ensemble. Une Convention des Maires rassemble 7000 villes européennes qui se sont engagées. Bruno Charles nourrit peu d’espoirs sur l’imposition de normes au niveau supranational mais il salue les nombreuses initiatives prises dès aujourd’hui sur tous les continents par des réseaux de villes qui travaillent à la réduction de la pollution et du réchauffement climatique.

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