Après le référendum en Nouvelle-Calédonie, et si la solution était fédérale ? Communiqué de l’UEF-France

Après le référendum en Nouvelle-Calédonie, et si la solution était fédérale ?

Le premier référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie a abouti à une courte victoire du « non » (56,4% des suffrages). Ce résultat est le signe que l’avenir de l’île ne peut pas être décidé par une question aussi tranchée que « voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante  ? ». Pour régler le problème et élever le débat, il faudrait que la solution fédérale soit sérieusement étudiée, afin de pouvoir répondre utilement aux enjeux économiques et sociaux posés.

L’esprit de dialogue qui a prévalu lors du scrutin et la légitimité indiscutée du résultat de ce dernier sont évidemment à saluer comme événement important pour la résolution des conflits entre l’île et la métropole et les diverses communautés de la Nouvelle Calédonie elle-même (Kanaks, Caldoches, métropolitains et autres communautés immigrées, en particulier d’origine asiatique). Cependant, il faut prendre la mesure des défis qu’un tel résultat implique, n’en déplaise aux partisans d’un État français centralisateur. La répartition des résultats entre le « oui » et le « non » montre clairement qu’il faudra trouver une voie médiane entre indépendance et assimilation, qui permette le partage de la souveraineté entre les populations locales et la métropole. Cela ne pourra se faire qu’en garantissant une large autonomie aux institutions politiques locales, doublée d’une reconnaissance des identités multiples.

L’autonomie administrative à considérer au niveau municipal et régional ne pourra être efficace sans une représentation juste et équitable de l’ensemble de la population. La reconnaissance de l’identité kanak, entre autres, réaffirmée notamment par un soutien transgénérationnel au « oui », est la condition du succès du dialogue qui doit se poursuivre. Après les échecs cuisants de la décolonisation, parmi lesquels on pense bien sur à la guerre d’Algérie, l’État français bénéficie d’une nouvelle chance pour ne pas répéter les erreurs commises par le passé : la solution devra alors être politique, elle devra être fédérale. Seule une répartition des pouvoirs basée sur le principe de subsidiarité, selon lequel une autorité centrale ne doit prendre en charge que les enjeux qui ne peuvent être traités avec succès par l’échelon inférieur, pourra permettre de gérer au mieux ce genre de défi politique et sociétal. Et la Nouvelle-Calédonie pourrait en devenir le précurseur.

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